Numéros publiés en 2012

Numéros publiés en 2012

Éditorial - Nous ne sommes pas des «francophones»

2012janvier250

Tous les assauts portés contre la loi 101, toute la guerre de propagande conduite contre la vocation intégratrice de la culture québécoise donnent aujourd’hui leurs fruits. Le combat linguistique est à reprendre. Il est à refaire non pas pour les raisons intrinsèques à notre situation démographique – nous sommes une poussière sur le continent et cela nous obligera toujours à la plus grande vitalité. Non, il est à refaire parce que notre régression politique est en passe de nous faire perdre des repères que nous pensions avoir pourtant bien plantés dans notre paysage idéologique et notre bagage culturel.

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Pour une charte du civisme

Ph. D., chercheur indépendant. Dernière publication dans la revue L’Action nationale: «Résistance et collaboration en pays conquis» (septembre 2010).

La religion a été au centre de plusieurs controverses ces dernières années au Québec : qu’on se souvienne des querelles autour du crucifix à l’Assemblée nationale, du cours « Éthique et culture religieuse » à l’école et de la prière au conseil municipal de Saguenay. Cette agitation survient dans un moment de grand désarroi politique chez les partisans de l’indépendance du Québec. L’échec du référendum de 1995 et la défaite du Parti québécois aux élections de 2003 ont entraîné le mouvement indépendantiste, toutes factions confondues, dans un débat âpre et interminable. La quasi-élimination du Bloc québécois aux dernières élections fédérales n’a fait qu’exacerber les tensions. Que faire dans ce contexte ?

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Français: Les gouvernements prêchent-ils par l'exemple?

Patrick Sabourin est président de l’Institut de recherche sur le français en Amérique (IRFA), candidat au doctorat INRS-UCS. Henri Thibaudin est chercheur à l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) et consultant en économie. Texte reproduit avec l'autorisation de l'IRFA (voir irfa.ca). 

Depuis quelque temps, le gouvernement du Québec met sur pieds des campagnes de promotion afin d’augmenter l’utilisation du français au travail. Ces mesures incitatives, dont le coût total s’élève à plus d’un million de dollars, ont pour objectif de convaincre les entrepreneurs qu’une offre de service[1][2][3] et une raison sociale[4] en français pourraient avoir des répercussions positives sur leurs affaires. Dans le reste du Canada, les mesures pour stimuler l’utilisation du français au travail se limitent généralement aux dispositions prévues par la loi sur les langues officielles.

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Les Italiens préfèrent l'anglais

Réplique au texte de Marco Micone paru dans Le Devoir du 16 novembre 2011

Dans Le Devoir des écrivains (16 novembre 2011, p. A11), Marco Micone trace un parcours trompeur des Québécois d’origine italienne. Il insiste sur le fait qu’une école française l’a refusé, lui, lors de son arrivée au Québec dans les années 1950. Puis, en faisant un usage incorrect des données de recensement, il soutient que les « italophones » se francisent plus souvent qu’ils ne s’anglicisent, notamment en ce qui a trait à leur comportement linguistique au travail ou à la maison.

J’avais plutôt retenu que ce sont les Italiens qui, de leur propre chef, avaient tourné le dos à l’école française et que leur préférence pour le français, du moins comme langue d’usage au foyer, était chose du passé. Pour tirer les choses au clair, j’ai consulté certains rapports ainsi que les résultats du recensement de 2006 qui sont accessibles à tout venant sur le site de Statistique Canada.

Dans une étude réalisée pour la commission Gendron, le démographe Robert Maheu relève qu’au début des années 1950, la moitié des enfants d’origine italienne inscrits à la Commission des écoles catholiques de Montréal étudiaient en français. Cela laisse entendre qu’en général, les écoles françaises de la CECM ne refusaient pas les jeunes Italiens. Maheu ajoute qu’au début des années 1960, cette proportion avait fondu à 28 %. Il semble bien qu’ayant constaté que la langue d’avancement socioéconomique à Montréal était plutôt l’anglais que le français, un nombre croissant de parents italiens choisissaient d’inscrire leurs enfants à l’école anglaise.

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Paul-Émile Roy et Pierre Vadeboncoeur. L'écrivain et son lecteur

Paul-Émile Roy et Pierre Vadeboncœur
L’écrivain et son lecteur. Correspondance (1984-1997), Leméac, 2011, 446 pages

L’échange épistolaire s’amorce avec Paul-Émile Roy à titre de lecteur de l’écrivain Pierre Vadeboncœur, mais elle évolue lentement vers un respect et une admiration mutuels entre les deux penseurs. Plus, chacun deviendra le révélateur de l’autre. Le premier, un enseignant exemplaire, sait lire et faire connaître avec délectation (cf. son Pierre Vadeboncœur, un homme attentif) un artiste de l’écriture exploratoire.

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Pascal Cyr. Waterloo: origines et enjeux

Pascal Cyr
Waterloo : origines et enjeux, L'Harmattan, 2011, 439 pages

Il n'est pas dans les habitudes de la maison de publier des recensions de livres portant sur l'histoire de France d'après 1760. Waterloo : origines et enjeux de l'historien québécois Pascal Cyr mérite une exception à la règle. Dans ce livre tiré de sa thèse de doctorat, l'auteur nous offre nos seulement une excellente analyse d'une des batailles les plus importantes de l'histoire, mais, en puissant abondamment dans les archives, il nous dresse en plus un portrait des facteurs politiques, administratifs, juridiques, financiers, logistiques et militaires entourant la bataille de Waterloo. Et cela est d'une pertinence incontestable puisque sa thèse est justement que ce sont tous ces facteurs, et non pas seulement la situation militaire, qui ont mené au désastre de Waterloo.

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Jacques Henripin. Un portrait sans totem ni tabou

Jacques Henripin
Ma tribu. Un portrait sans totem ni tabou, Liber, 2011, 162 pages

Jacques Henripin, pionnier de la démographie québécoise et sage de ses longues expériences à étudier quantitativement la population, est à l’heure des bilans. Dans son dernier livre, Ma tribu. Un portrait sans totem ni tabou, le professeur émérite et fondateur du département de démographie de l’Université de Montréal entreprend de livrer aux lecteurs une description analytique et critique de divers aspects caractérisant sa tribu, c’est-à-dire son peuple. Structuré d’une vingtaine de courts chapitres abordant chacun un thème précis, allant de la démographie à la culture en passant par le syndicalisme et l’écologisme, Henripin ne souhaite pas, dans cette œuvre, livrer un pamphlet de complaisance : c’est pour cette raison qu’il s’étale plus longuement sur les reproches que sur les mérites.

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Environnement - AQLPA. Trente ans de luttes victorieuses

Président et cofondateur de l’Association québécoise de lutte contre pollution atmosphérique (AQLPA), l'auteur nous livre ici une vision personnelle des trente années de cette organisation dont les luttes victorieuses forcent l'admiration.

Aujourd’hui, en ce début d’année 2012, je commence la rédaction des mémoires de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA). J’entreprends, en fait, de revisiter sommairement trente ans d’histoire extraordinaire et particulièrement intense.

C’est à titre de cofondateur de l’AQLPA et président depuis vingt-neuf ans que j’entreprends ce voyage éclair dans le temps et ce retour dans des dossiers parmi les plus importants et les plus déterminants, à mon avis, de l’histoire environnementale du Québec. J’affirme ceci résolument, mais aussi, et surtout, avec grande modestie. Cette incroyable histoire me dépasse tellement que j’éprouve un vertige certain devant la responsabilité de rendre fidèlement et honnêtement compte de ce qui m’apparaît encore comme un conte de fées ou un appel de Mère Nature.

Rien, mais absolument rien, ne m’avait préparé à ce surprenant virage dans ma vie et encore moins à être régulièrement à l’origine et au centre de ce bouillonnement d’énergie de changement et de progrès vert.

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Éditorial - Emparons-nous du Nord!

2012fevrier250Il y a près de cent cinquante ans, le curé Labelle avait lancé ce mot d’ordre : « Emparons-nous du Nord ! » Le bon curé avait mobilisé les siens pour se lancer à l’assaut des Laurentides avec une vision claire de ce qu’il fallait faire : occuper ce territoire et le développer en prenant les moyens pour que ses immenses ressources servent la prospérité de notre peuple. Dans ce dernier quart du dix-neuvième siècle, Labelle proposait un modèle de développement centré sur la propriété et le contrôle. Son ambition était utopique, il ne disposait que de moyens dérisoires et ne pouvait mobiliser que des cohortes de colons encore plus pauvres que courageux. Pis encore, au moment où ces pionniers défrichent avec acharnement, les dés sont déjà jetés : le grand capital étranger a déjà fait main basse sur les ressources naturelles. Il aura eu beau multiplier discours, gestes d’éclats et projets, les moyens qu’il aura pu mettre en œuvre auront été nettement insuffisants. La bourgeoisie d’affaires canadienne-française peine à réunir des capitaux pour soutenir une mise en valeur sérieuse du territoire, l’État du Québec est dérisoire, sans moyen.

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E. Brouillet et L. Massicotte (dir.) Comment changer une Constitution?

Eugénie Brouillet et Louis Massicotte (dir.)
Comment changer une Constitution ? Les nouveaux processus constituants, PUL, 2011, 152 pages

Fille de la Liberté et de la Raison, fondement de tout État de droit, la Constitution est un sujet d'intérêt permanent, particulièrement pour les juristes et les politologues. Comment changer une Constitution ? Les nouveaux processus constituants, un ouvrage dirigé par une juriste et un politologue, Eugénie Brouillet et Louis Massicotte, mérite a priori une certaine attention.

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Sean Mills. Contester l'empire

Sean Mills (trad. Hélène Paré)
Contester l’empire. Pensée postcoloniale et militantisme politique à Montréal, 1963-1972, Hurtubise, 2011, 360 pages

Qu’on en commun la Ligue des noirs du Québec et le mouvement de libération du taxi ? Selon Sean Mills, professeur adjoint au département d’histoire de l’Université de Toronto et auteur de l’ouvrage Contester l’empire, ces deux organisations militantes auraient, durant les années 60, participés à un commun mouvement démocratique qui eut pour principale caractéristique d’intégrer la solidarité sociale aux revendications de souverainetés individuelles et collectives. Ils eut donc, à leur manière, livré à « l’empire », fourre-tout conceptuel dont l’inhérence même exclut tout usage pondéré de la nuance, un combat aux visées émancipatrices ponctué d’une commune grammaire de contestation. La contre-culture, voilà un terme qui définit avec exactitude sur quoi s’appui un tel mouvement pour arriver à ses fins, soit la critique des institutions dominantes, mais dont l’auteur se garde bien de faire usage dans son livre, pour mieux masquer son évidente complaisance envers ces vertus autoproclamées.

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Qu'est-ce que le trudeauisme?

Le trudeauisme est une idéologie qui se définit bien par ce à quoi elle s’oppose avec virulence : le nationalisme québécois. Le trudeauisme est d’abord une idéologie antagoniste au nationalisme québécois et, pourrait-on arguer, à l’identité québécoise. En lieu et place de la défense de cette identité comme de l’affirmation de l’autodétermination des Québécois, le trudeauisme a proposé un nouvel idéal canadien assorti d’une nouvelle identité. Cette identité se veut bilingue et cosmopolite et s’appuie sur un nouvel État central fort, presque impérieux. L’État central canadien, dans la vision trudeauiste, doit prendre plus de place au détriment des États provinciaux dans la vie des Canadiens. Il doit s’affirmer avec intransigeance et développer une intense fierté dans le nouveau Canada, basée sur l’idée que le Canada est un phare pour l’humanité cosmopolite de demain, en fait de la mondialisation d’aujourd’hui. L’idéal politique trudeauiste triomphe avec le rapatriement de la constitution sans l’accord du Québec, négocié en 1981 et réalisé en 1982. Au total, Trudeau parvient à bloquer l’émancipation du Québec de la façon suivante :

a) Échec au biculturalisme

b) Échec au Québec français

c) Échec à la souveraineté-association

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Penser la politique spectrale II

Résumé – Nous étudierons, dans cette deuxième partie (Penser la politique spectrale I, Novembre-Décembre 2011), le retour des fantômes au service de l’identité canadienne, c’est-à-dire de cette nouvelle identité forgée par les conservateurs majoritaires au pouvoir dans la maison hantée. Nous demanderons par la suite s’il convient de prendre les « revenants » au sérieux. Par le rappel de quelques anecdotes politiques récentes, nous réaliserons que les fantômes sont sérieux. Dans le contexte du repliement identitaire, le Québec, qui ne doit plus rire de sa situation (celle de la décomposition de son mythe moderne), peut recourir à la spectropolitique pour repenser sa situation historico-politique, laquelle exige désormais la formation d’une jeune élite capable de rencontrer les fantômes, d’interpréter leur message afin de les exorciser dans le but ultime de persuader le peuple de l’importance de sa liberté.

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Éditorial - Le chiard et le Chinese pâté

« Ces étudiants-là n'échappent pas complètement au français. Ils vont à la cafétéria manger du pâté chinois et non du Chinese pâté. Ils sont confrontés au français, puisqu'ils baignent dans un environnement en français », a souligné Mme Grant [directrice des communications HEC Montréal]

Le Devoir, 22 février 2012

Rien ne va plus dans les universités.

On avait subi le spectacle lamentable de l’UQAM où les parvenus ont fait dérailler les projets immobiliers avant de filer à l’anglaise, peinards. Enquête, commentaires embarrassés, morgue ministérielle et glose de recteurs. Pas de responsables. La tempête parfaite, comme le dira plus tard le portier Rousseau devant la Chambre de commerce à propos d’une autre gabegie. Le marché vous savez…

Le marché, on sait. C’est celui dans lequel se jette une élite de gestionnaires universitaires qui se donnent des airs de grands businessmen à brasser du PPP de Rimouski à Saint‑Jérôme, à semer les pavillons un peu partout sur le territoire pour se livrer une guerre de clientèle digne des concessionnaires de McDo. Et ça valse à coup de centaines et de centaines de millions jusqu’au CHUM et au MUHC où le corps médical s’est couché devant l’iniquité anglaise, bordé par une classe politique timorée, morte de trouille à l’idée de s’attaquer aux privilèges rhodésiens.

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Hegel. Introduction à une lecture critique

Yvon Gauthier
Hegel. Introduction à une lecture critique, Coll. Logique de la science, PUL, Québec, 2010, 118 pages

G.W.F. Hegel demeure un monument de l’histoire de la philosophie. On le situe aux côtés de Kant, Fichte et Schelling pour le faire entrer dans la case de l’idéalisme allemand. On oublie alors que son œuvre est tributaire du romantisme et que, de son vivant, Hegel n’a publié que deux ouvrages, La phénoménologie de l’esprit et La science de la logique. Ces œuvres originales rompent avec la pensée de Kant et montrent que Hegel n’est pas un épigone ordinaire du professeur de Königsberg. Ce que l’on croit mieux savoir et que l’on se plaît à répéter jusqu’à l’idéologie, c’est qu’il convient selon plusieurs, aujourd’hui encore, de lui reprocher son obsession pour l’idée de Système de la science. On critique, trop souvent encore sans la comprendre, sans la replacer dans son contexte, sa tentative de présenter, dans un panorama, la totalité du savoir absolu de l’esprit. On lui reproche encore son style, à la fois universitaire et populaire, ainsi que la sécheresse de ses catégories. Yvon Gauthier n’appartient assurément pas à ce groupe de commentateurs rapides qui veulent absolument réduire Hegel en le faisant entrer dans une petite case ; il entend plutôt faire comprendre et résonner son œuvre aujourd’hui, donc revenir à ce qui est encore vivant chez Hegel.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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