Où sont les restes des enfants inhumés au pensionnat autochtone de Kamloops ?

Professeur émérite, Département d’histoire, Université de Montréal. Ce texte est la traduction française d’un article intitulé « In Kamloops, Not One Body Has Been Found », paru en ligne dans Dorchester Review le 11 janvier 2022. Je l’ai revu et j’y ai ajouté de nouvelles informations. Je remercie Louis Fournier pour ses commentaires.

 Après huit mois de récriminations et de dénonciations, où sont les restes des enfants enterrés près du pensionnat indien de Kamloops ?

La Presse canadienne vient d’honorer les enfants des pensionnats autochtones à titre de personnalité de l’année 2021. L’énorme battage médiatique de l’été dernier a fait suite à la « découverte » de « restes d’enfants » près du pensionnat de Kamloops en Colombie-Britannique, qui a été en activité de 1890 à 1978. Tout a commencé le 27 mai dernier par un simple communiqué qui divulguait le résultat d’une recherche menée par une jeune anthropologue, Sarah Beaulieu, enseignante en anthropologie et sociologie à l’université de Fraser Valley depuis 2018.

Elle a utilisé un géoradar qui affleure le sol pour chercher les restes d’enfants autochtones qui auraient été enterrés dans un verger à l’arrière du pensionnat. Dans son rapport préliminaire, elle indique avoir trouvé des dépressions et des anomalies dans le sol qui laissent croire que des corps d’enfants auraient été enterrés. Selon la cheffe de la Première Nation Tk’emlúps te secwépemc, Rosanne Casimir, la présence de ces dépouilles est « un savoir » dans la communauté depuis longtemps. Elle ajoute qu’on ne connaît ni leur nom ni la cause de leur mort1.

Kamloops

Le pensionnat autochtone de Kamloops vers 1930. Courtoisie des Archives Deschâtelets-NDC, Richelieu

Une nouvelle recherche de l’anthropologue, rendue publique le 15 juillet en conférence de presse, ramène la découverte potentielle à 200 tombes anonymes, toujours grâce au géoradar. Cette recherche l’amène à penser qu’elle a trouvé plusieurs « perturbations dans le sol telles que des racines d’arbres, du métal et des pierres ». Ce serait « des signatures multiples qui en font un lieu d’enterrement probable », mais elle ne peut le confirmer sans qu’une excavation soit faite. Malheureusement, le rapport complet ne peut être remis aux médias, indique la porte-parole de la communauté. Pour la cheffe Casimir, « il n’est pas encore clair si la poursuite des travaux sur le site de Kamloops impliquera des fouilles2 ».

La « découverte » de Kamloops cause rapidement une commotion au Canada et à l’étranger. Plusieurs autres communautés autochtones et des médias font référence à d’autres tombes anonymes. Avant même de connaître le rapport de fouille ou que des corps soient exhumés, le premier ministre Justin Trudeau endosse l’hypothèse d’un enterrement et évoque aussitôt « un chapitre sombre et honteux » de l’histoire du Canada3. Dès le 30 mai, le gouvernement fédéral met aussitôt en berne les drapeaux de tous ses édifices. Ils ont failli être en berne pour longtemps puisque le premier ministre avait promis de les hisser uniquement lorsqu’il aurait reçu l’aval des communautés autochtones4. Cette décision est symboliquement très chargée, car elle reflète la grande repentance et la dépendance du gouvernement canadien dans ses négociations avec les Autochtones. Plus tard, en juin, Ottawa institue une journée fériée pour rendre hommage aux enfants « disparus » et aux « survivants » des pensionnats et déplore le refus du pape et de l’Église catholique « de reconnaître leur « responsabilité » et [leur] part de culpabilité dans la gestion des pensionnats autochtones au Canada5.

Des chaussures d’enfants sont déposées sur des perrons d’église dans plusieurs villes, ou sur les marches de parlements, à la mémoire des petites victimes. Dans tout le pays, des églises sont brûlées ou la cible de graffitis. Des statues sont maculées de peinture. À Montréal, le monument de John A. Macdonald, 1er premier ministre du Canada, est déboulonné et sa tête roule symboliquement sur le sol. Pour certains, c’est le début d’un nouveau chapitre de l’histoire canadienne.

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De la « découverte » de Kamloops à la fin août 2020, 68 églises catholiques ont été vandalisées, brûlées ou profanées au Canada (Cosmin Dzsurdzsa, True North, 23 août 2021).

Dans la foulée des affirmations de leaders autochtones, plusieurs médias amplifient l’histoire en alléguant qu’on a réellement trouvé les corps de 215 enfants à Kamloops, que des milliers d’enfants sont disparus dans les pensionnats et que les parents n’en ont pas été informés. Les lieux de sépulture sont même qualifiés de fosses communes où les corps sont enterrés pêle-mêle, sans sépulture. La nouvelle fait le tour du monde dans de nombreux médias, même jusqu’à nos jours, ce qui ternit sérieusement la réputation du Canada à l’étranger. Par exemple, le New York Times, sous le titre « Horrible History : Mass Grave of Indigenous Children Reported in Canada », présente ainsi la nouvelle dans son édition du 28 mai qu’il reprend le 5 octobre : « Pendant des décennies, la plupart des enfants autochtones du Canada ont été arrachés à leur famille et placés de force dans des pensionnats. Un grand nombre d’entre eux ne sont jamais rentrés chez eux, leurs familles n’ayant reçu que de vagues explications, voire aucune ». La communauté autochtone « a trouvé des preuves de ce qui est arrivé à certains de ses enfants disparus : une fosse commune contenant les restes de 215 enfants sur le terrain d’un ancien pensionnat6 ». En sous-titre, le journal Le Monde de Paris fait état, le 1er juin, de “la découverte de restes dans une fosse commune, située dans un ancien pensionnat à Kamloops [qui] a provoqué la “consternation” de la classe politique et des demandes de réparations7”.

Fausse nouvelle

Cette déformation de la vérité conduit le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à découvrir des violations des droits de la personne « commises à grande échelle » et à trouver « inconcevable que le Canada et le Saint-Siège laissent des crimes aussi odieux sans réponse et sans réparation8 ». Amnistie internationale exige qu’on traduise en justice les responsables et les établissements coupables des « ossements » des 215 enfants qu’elle estime avoir été retrouvés à Kamloops – encore une fois sans qu’aucun corps n’ait été inhumé9. Il est certainement ironique que la Chine, avec l’appui de six autres pays, ait demandé au Conseil des droits de l’homme des Nations unies une enquête sur les violations des droits commises à l’encontre des populations autochtones du Canada. Cette demande est formulée tout juste avant que la délégation canadienne ne propose, en juin, de permettre au Haut-Commissaire des droits de l’homme de l’ONU d’enquêter sur la détention illégale de plus d’un million de Ouïghours. Le premier ministre Trudeau réplique que le Canada a mis sur pied la Commission de vérité et de réconciliation qui a remis son rapport en 2015, alors que « la Chine ne reconnaît même pas qu’il y ait un problème10 ».

Les auteurs de ce « crime » se confondent en excuses : les gouvernements, les communautés religieuses, la Conférence des évêques catholiques et même, geste exceptionnel, le pape en personne qui viendra au Canada à une date indéterminée. Le 6 décembre 2021, à la place Saint-Pierre, le pape François souscrit à la thèse de « la découverte choquante des restes de 215 enfants » au pensionnat de Kamloops11. Les chefs autochtones exigent qu’il s’excuse et, pour plusieurs d’entre eux, dont Rosanne Casimir, qu’il verse des compensations aux « survivants » des pensionnats12. Pour en avoir le cœur net, le gouvernement canadien, en juin, accepte de consacrer une enveloppe de 27 $ millions pour identifier et délimiter par géoradar les sites d’enterrement et, aussi, de « retourner les restes humains à leurs familles si elles le désirent13 ». Le communiqué ne fait donc pas de l’excavation des lieux d’inhumation une obligation. D’autres fonds sont versés par la suite pour trouver et analyser les sites d’enterrement.

En ne mettant jamais en évidence qu’on en est encore au stade des hypothèses et qu’aucune dépouille n’a encore été trouvée, le gouvernement et les médias laissent s’accréditer une thèse, soit celle de la disparition de milliers d’enfants dans les pensionnats. D’une allégation de « génocide culturel » avalisée par la Commission de vérité et réconciliation (CVR), on est passé à un « génocide physique », une conclusion que la Commission rejette explicitement dans son rapport14. Tout n’est basé que sur la simple découverte d’anomalies dans le sol, des perturbations qui peuvent avoir été causées par des mouvements de racines, comme l’anthropologue l’a mentionné lors de la conférence de presse du 15 juillet.

Selon l’anthropologue Scott Hamilton qui a examiné la question des cimetières pour le compte de la CVR, il faut être très prudent dans l’usage du géoradar, car le sol peut avoir subi des perturbations au cours des années, notamment par de la sédimentation, des obstructions ou des cavités15. Le projet d’analyse du sol avec la même méthode au pensionnat de Brandon au Manitoba, amorcé en 2012 et relancé en 2019, n’a pas encore donné de résultat probant. En juin dernier, l’équipe de recherche travaillait à l’identification de 104 tombes potentielles et devait encore consulter les archives du pensionnat et interroger les survivants16. La recherche de dépouilles est encore plus aléatoire lorsqu’il n’y a pas de tombes en décomposition.

Les enfants disparus selon la Commission

Dans son rapport, la CVR a recensé 3 200 décès d’enfants dans les pensionnats. Fait étonnant, elle n’a pas pu enregistrer le nom d’un tiers des élèves (32 %), ni la cause du décès pour la moitié d’entre eux (49 %)17. Pourquoi y a-t-il tant d’élèves « sans nom » ? Selon le vol. 4 du rapport, il y a « des limites importantes dans la qualité et la quantité des données que la Commission a pu compiler sur les décès survenus dans les pensionnats ». Chaque trimestre, les directeurs d’école rapportent les noms des élèves qui fréquentent les écoles pour obtenir du financement du gouvernement et ils précisent les noms des élèves décédés. Mais il arrive aussi, « dans de nombreux cas », que les directeurs d’école rapportent simplement le nombre d’enfants décédés l’année précédente sans les identifier. Ou encore, ils peuvent donner le nombre d’élèves décédés depuis l’ouverture d’une école, mais il n’y a pas d’indication du nom, de l’année ou de la cause du décès18.

La Commission a compilé tous ces élèves sans nom dans le total des décès. Cela signifie que les enfants décédés pourraient être comptés deux fois : dans le rapport trimestriel des directeurs d » école et, aussi, dans la compilation générale sans leur nom. La Commission admet qu’il est possible que certains des décès enregistrés dans le registre nominatif soient également inclus dans le registre non nominatif19. Cette méthode biaisée gonfle considérablement le nombre d’élèves disparus et la méconnaissance de leur décès. Elle est à l’origine de l’hypothèse selon laquelle ces élèves sans nom ont disparu sans que leurs parents en soient informés et ont été enterrés dans des « fosses communes » comme à Kamloops. On évoque une vaste conspiration pour faire disparaître les jeunes autochtones. Plusieurs communautés sont maintenant à la recherche, à proximité de pensionnat ou d’hôpitaux, de dépouilles de ces enfants disparus.

Il est probable que cette lacune méthodologique concerne les années antérieures à 1950, car le taux de mortalité enregistré par la Commission dans les pensionnats de 1921 à 1950 (décès avec les noms et sans les noms) est deux fois plus élevé que celui des jeunes Canadiens âgés de 5 à 14 ans pour les mêmes années. Le taux de mortalité était en moyenne d’environ 4 décès par an pour 1000 jeunes fréquentant les pensionnats. Leurs décès étaient principalement dus à la tuberculose et à la grippe lorsque la Commission pouvait les identifier. D’autre part, le taux de mortalité dans les pensionnats est comparable à la moyenne canadienne de 1950 à 1965, pour les jeunes de 5 à 14 ans20. Cette baisse est très probablement le résultat de l’inoculation de vaccins qui a eu lieu dans les pensionnats comme dans les autres écoles canadiennes.

Avec des sources de renseignements partielles, la commission se permet des déductions surprenantes. Elle conclut que ce n’est pas « pratique courante pendant la plus grande partie de l’histoire des pensionnats de remettre la dépouille aux communautés d’origine » et que « personne n’aurait pris la peine de compter le nombre de morts ou de consigner leur lieu de sépulture21 ». Elle opine aussi que « de nombreux élèves qui ont fréquenté le pensionnat n’en sont jamais revenus », qu’ils ont été perdus à jamais pour leur famille et que « leurs parents n’étaient souvent pas mis au courant qu’ils étaient malades ou décédés22 ». Ces affirmations à partir de dossiers dits « lacunaires23 » sont graves, surtout si elles viennent d’une commission royale d’enquête. On comprend qu’elle plaide pour la nécessité de compléments d’enquête.

Les tombes anonymes du pensionnat de Kamloops

Puisque la Commission sollicite plus d’informations sur les décès d’enfants, nous avons vérifié celles qu’elle donne sur les élèves décédés au pensionnat de Kamloops. C’est le lieu où aurait été perpétré un « crime horrible » contre 200 enfants, une nouvelle qui a rapidement essaimé partout dans le monde. Pour sa part, la cheffe Rosanne Casimir estime qu’il est « d’une importance critique d’identifier ces enfants perdus » à Kamloops24.

Fondé en 1890, le pensionnat est dirigé et animé par deux communautés catholiques, les Oblats de Marie-Immaculée et les Sœurs de Sainte-Anne, venus du Québec. Dans les années 1950, il compte jusqu’à 500 enfants, logés dans le plus important pensionnat au Canada. Il est alors dirigé et animé par quatre Oblats de langue anglaise et 11 religieuses de Sainte-Anne selon les estimations de Mathieu Perreault. À son avis, un pensionnat catholique typique comprenait deux ou trois Oblats, une douzaine de religieuses et souvent des centaines d’enfants. Plusieurs Oblats sont originaires de Bretagne et de Belgique25. Ils appartiennent à une congrégation missionnaire fondée en 1816, présente dans de nombreux pays. On les retrouve dans l’Ouest canadien à partir de 1845 à la demande de l’évêque de Saint-Boniface au Manitoba, Mgr Joseph-Norbert Provencher. C’est le début des missions de l’Ouest et du Nord canadiens où ils gèrent 39 des 45 pensionnats catholiques desservant les populations blanches, amérindiennes, métisses et les Inuits. Selon Wikipédia, ils auraient le souci d’apprendre les langues amérindiennes26.

Le désir de connaître les langues autochtones chez les Oblats est aussi constaté par l’historien Henri Goulet dans son ouvrage sur l’histoire des pensionnats au Québec. Ceux-ci ont été fondés dans les années 1940, donc plus tard que dans les provinces anglophones. Goulet rapporte que les Oblats trouvent essentiel d’apprendre les langues autochtones, « une condition première de la réussite de leur travail ». Leurs nombreuses publications dans les langues autochtones « attestent de leur volonté de maintenir les langues maternelles ». Leur action s’inspire d’une philosophie où ils s’efforcent de mettre en évidence les aspects positifs de la culture autochtone et de privilégier une « transition plus harmonieuse vers la société moderne27 ». Ils ont donc une approche bien différente du gouvernement fédéral et des églises protestantes qui visent à les assimiler rapidement. Est-ce que cet esprit se manifeste dans les nombreux pensionnats dirigés par les Oblats dans les autres provinces ?

C’est certainement le cas en Colombie-Britannique où le père Jean-Marie Raphaël Le Jeune arrivé de France est affecté à Kamloops en 1882. Il y est très actif jusqu’à sa mort en 192928. De ses confrères oblats, il a appris le jargon chinook, mélange de chinook, de nootka, de français et d’anglais dont les oblats se servaient pour communiquer avec les Amérindiens. La maîtrise de cette langue leur apparaissait essentielle pour gagner leur estime et effectuer leur conversion au catholicisme. En utilisant une méthode sténographique inventée en France, le père Le Jeune adapte la prononciation des mots du jargon chinook pour la transposer à l’écrit le plus fidèlement possible. Il l’enseigne à d’autres oblats et au chef Louis Clexlixqen. En 1891, il publie même un périodique illustré portant le nom de Kamloops Wawa (Les Échos de Kamloops) écrit en jargon chinook et en anglais, paru régulièrement jusqu’en 1904, et par intermittence jusqu’en 1917. Il est l’auteur également de plusieurs opuscules et ouvrages éducatifs en anglais pour comprendre le Chinook. En compagnie du Chef Clexlixqen et d’un autre chef, ils se rendent en Europe pour démontrer leur savoir-faire et remportent des prix. Ils sont même reçus par le pape Pie X et le roi Édouard VII au palais de Buckingham.

Ces efforts des Oblats pour atténuer le choc culturel ne se sont pas reconnus dans le rapport de la CVR. Celle-ci brosse un point de vue ultra-critique des pensionnats où les communautés religieuses ont peu d’égards pour la culture amérindienne qu’ils voudraient voir disparaitre le plus rapidement possible. C’est que leurs chercheurs ne semblent pas avoir consulté les archives de la communauté oblate, se limitant presque uniquement aux archives gouvernementales.

Pour s’excuser, la Commission prétend que ces archives sont détenues par des institutions privées. Cette raison nous apparaît cousue de fil blanc étant donné que la commission a mis six ans à rédiger un rapport qui a coûté 71 millions de dollars. Elle se prive ainsi de connaître le point de vue des accusés dans cette saga et de nuancer son interprétation. Il est vrai que son mandat ne consistait pas à tracer un historique « scientifique » des pensionnats comme on l’entend habituellement, mais « de révéler aux Canadiens la vérité complexe sur l’histoire et les séquelles durables des pensionnats dirigés par des églises d’une manière qui décrit en détail les torts individuels et collectifs faits aux Autochtones29 ». La CVR prend le parti au départ de vérifier les préjudices subis par les autochtones et d’en révéler les causes et les conséquences. Tout le rapport s’oriente dans cette direction.

Le Centre national pour la Vérité et réconciliation (CNVR), qui a recueilli la documentation de la CVR, souhaite maintenant obtenir les documents ayant appartenu aux communautés religieuses. Celles-ci offrent leur collaboration sans hésiter. Pour les pensionnats dirigés par les Oblats, on trouvera notamment les codex ou chroniques journalières où les religieuses consignent fidèlement les événements marquants de la journée. Pour avoir consulté les chroniques de huit pensionnats albertains conservés aux archives de la province, nous y avons trouvé une mine de renseignements rédigés en français ou en anglais dont les décès d’élèves avec leur nom30. Pas de cachettes.

Louis Clexlixqen, Grand Chef de la nation Tk’emlúps te secwépemc de 1852 jusqu’à sa mort en 1915. Soucieux de l’éducation des jeunes de sa communauté, il a aidé les Oblats à établir une école de jour à Kamloops en 1880 et un pensionnat en 1890 (Clexlixqen, Louis, Duane Thomson, Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14 (1911-1920).

En ligne :
http://www.biographi.ca/fr/bio/clexlixqen_louis_14F.html

La CNVR a repéré officiellement les noms de 51 enfants morts au pensionnat de Kamloops de 1915 à 196431. Nous avons été en mesure de trouver des informations sur ces enfants à partir des dossiers de Bibliothèque et Archives Canada et des certificats de décès conservés aux registres d’état civil des Archives de la Colombie-Britannique32. C’est une source disponible en ligne qui ne semble pas avoir été consultée par les chercheurs du CNVR.

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Les quatre enfants morts au pensionnat de Kamloops sont inhumés au cimetière catholique de la réserve de Kamloops. Le monument funéraire est celui de Louis Clexlixqen, Grand Chef de la nation de 1852 jusqu’à sa mort en 1915.

(Crédit de la photo : Ken Vavrhodt, Kamloops This Week, 17 nov. 2020).

Le regroupement de ces deux sources donne une bonne idée du décès d’au moins 35 des 49 élèves (deux sont des doublons)33. Dix-sept sont morts à l’hôpital et huit à la suite d’un accident à leur réserve ou près du pensionnat. Quant au lieu d’inhumation, 24 sont enterrés au cimetière de leur réserve et 4 au cimetière même de la réserve de Kamloops. Pour le reste des 49 enfants décédés ou inhumés, les informations sont manquantes ou exigent la consultation des certificats complets de décès aux Archives de Colombie-Britannique. On est donc loin des affirmations non vérifiées voulant que les autorités n’aient pas enregistré les décès, que les parents n’aient pas été informés ou que les dépouilles ne soient jamais revenues dans leur famille. Quand les informations sont disponibles, on apprend que les parents ont été informés et que les enfants sont inhumés au cimetière de leur réserve.

À partir de 1935, le ministère des Affaires indiennes impose une procédure précise lors du décès d’un élève. Le directeur du pensionnat doit informer l’agent du ministère, qui forme un comité d’enquête composé de lui-même, du directeur et du médecin qui a diagnostiqué le décès. Les parents doivent être avisés de l’enquête et sont autorisés à y assister et à faire une déclaration34.

Par exemple, Kathleen Michel, 14 ans, tombe malade le 25 avril 1937 et est soignée au pensionnat par une infirmière qui appelle un médecin35. Le 1er mai, elle est conduite à l’hôpital Royal Inland de Kamloops. Traitée par un médecin, elle décède deux jours plus tard d’une néphrite aiguë avec des causes secondaires de rougeole et de dysfonctionnement cardiaque. Dans son rapport, le médecin ne révèle aucune déficience dans les soins prodigués au pensionnat. Le père est informé de l’enquête, mais il ne veut ou ne peut y assister. Malheureusement, le mémoire de l’enquête ne précise pas où la jeune fille est enterrée.

Fait significatif : le pensionnat de Kamloops est situé au cœur de la réserve de Kamloops, ce qui n’est jamais rapporté par les leaders autochtones ou les médias. Le rapport de la CVR indique que pour « presque tous les pensionnats les obsèques chrétiennes sont la norme » et que le cimetière de l’église attenante « peut servir comme lieu d’inhumation des élèves qui décèdent au pensionnat tout comme pour les membres de la collectivité locale et les missionnaires eux-mêmes36 ». C’est ce qui s’est produit à Kamloops. Notre recherche montre que quatre élèves sont inhumés au cimetière autochtone de la réserve, situé près de l’église Saint-Joseph non loin du pensionnat.

Avec le cimetière si proche, est-il vraiment crédible que 200 enfants soient enterrés clandestinement dans une fosse commune, sur la réserve elle-même, sans aucune réaction du conseil de bande ? Ou encore que les conseils de bande d’autres réserves qui envoient leurs enfants au pensionnat de Kamloops n’aient pas protesté ? La cheffe Casimir affirme que la présence de restes d’enfants était « connue » de la communauté depuis longtemps. Les familles autochtones sont certainement aussi préoccupées du sort de leurs enfants que toute autre communauté. Pourquoi n’ont-elles pas réagi ? Ce n’est pas aux enfants à contacter la police.

Selon le rapport de la CVR, il y avait des lois en vertu desquelles les auteurs de sévices dans les pensionnats pouvaient être poursuivis, mais « les tribunaux semblent avoir offert une protection minimale aux élèves qui subissaient de mauvais traitements physiques37 ». Dans le cas de Kamloops, il ne s’agit pas de sévices physiques, mais d’une affaire beaucoup plus grave et criminelle : 200 enfants jetés en secret dans une fosse commune. Et ce serait l’œuvre, pendant des années, des Oblats et des Sœurs de Sainte-Anne qui se seraient livrés à d’aussi sordides crimes sans qu’il y ait de dissidence et pas même un seul dénonciateur. Est-ce un bon moyen d’assurer la conversion des jeunes Amérindiens, qui est leur objectif principal ? Ces communautés ont œuvré au Québec pendant des années dans diverses œuvres sociales, dont des orphelinats où, à ma connaissance, on n’a pas porté de telles accusations.

L’école se trouve à proximité de la ville de Kamloops. Les agents du ministère des Affaires indiennes, qui surveillent de près les activités du pensionnat, auraient réagi rapidement à la nouvelle de la disparition ou du décès d’enfants. Enfin, comme nous l’avons vu, la province exige la rédaction d’un certificat de décès pour toutes les personnes décédées. Au début du XXe siècle, la Colombie-Britannique n’est pas le Far West. L’objectif des autorités est d’assimiler et d’intégrer les Autochtones à la société canadienne, pas de les exclure et de les priver de droits civiques aussi fondamentaux que l’enregistrement de leur naissance, baptême, mariage et décès. Pour ceux qui s’inquiètent d’enfants disparus, il est aujourd’hui possible d’obtenir le certificat de décès d’un enfant ayant fréquenté le pensionnat de Kamloops en entrant le nom et la date du décès sur le site web du British Columbia Genealogical Records. Ce type de recherche est également possible dans d’autres provinces.

L’émission Fifth Estate de CBC diffusait le 13 janvier 2022 un long documentaire sur la « découverte traumatisante de ce que l’on suppose être des tombes d’enfants » près de l’ancien pensionnat de Kamloops38. On y interroge des « survivants » du pensionnat comme si on avait eu affaire à un camp de concentration. Ils racontent avec émotion qu’ils ont entendu parler de cavités dans le sol derrière le pensionnat où des jeunes seraient enterrés. Le fait pour un élève de quitter le pensionnat laisse penser qu’il aurait été enfoui. On a entendu dire qu’il ne faut pas marcher dans le verger parce qu’on y trouve des cadavres. Une fournaise dans le sous-sol laisse penser qu’on y a brûlé des corps d’enfants. En fait, ce sont des rumeurs et des spéculations sans que les « survivants » aient été témoins eux-mêmes de quoi que ce soit. L’animatrice de l’émission, qui normalement se fait un point d’honneur de creuser un sujet en profondeur, ne pose aucune question embarrassante. Le ton et le déroulement du documentaire laissent entendre que toutes les histoires racontées doivent être crues.

Ces ouï-dire se sont perpétués de décennie en décennie chez les autochtones de Kamloops comme le note la cheffe Casimir. Il se peut que le traumatisme généré par le déracinement de leur famille chez des enfants très jeunes placés dans un environnement stressant nourrisse leur insécurité et soit à la source de leurs peurs.

Trêve d’hypothèse. Le documentaire nous apprend qu’un comité de la Nation de Kamloops a décidé d’autoriser les excavations pour que les dépouilles « retournent à la maison ». C’est une bonne nouvelle afin que « le monde ait une réponse sur ce crime », fait savoir Rosanne Casimir. Évidemment, il aurait de loin été préférable que ces excavations soient survenues l’automne dernier pour qu’on sache la vérité et pour éviter que le pape François ne vienne s’excuser à Kamloops sur la base des seules fabulations d’enfants de dix ans. Plusieurs doutent que ces fouilles ne puissent jamais survenir. Compte tenu de l’importance des enjeux, elles devraient, si elles ont lieu, être conduites sous la supervision d’une commission indépendante.

Le pensionnat de Marieval en Saskatchewan

Terminons par quelques considérations sur un autre site de « sépulture sans nom » qui a provoqué, lui aussi, une onde de choc en juin dernier après l’annonce faite à Kamloops. Ce site se trouve près d’un pensionnat de la Première Nation Cowenesess à Marieval en Saskatchewan. Ouvert en 1899 dans une région reculée, le pensionnat est géré par les Oblats et les Sœurs de Saint-Joseph, venues de Saint-Hyacinthe. La recherche en surface par géoradar y est plus avancée, car 751 tombes ont été découvertes dans un cimetière bien aménagé. Comme l’a montré un journaliste de CBC News, il s’agit en fait du cimetière catholique de la Mission du Saint-Cœur de Marie Marieval39.

Marieval

Le pensionnat de Marieval en Saskatchewan. Photo Société historique de Saint-Boniface Reference No. SHSB 1458

Selon le registre en français des actes de baptême, de mariage et d’enterrement de 1885 à 1933, plus de la moitié des 450 dépouilles identifiées sont des enfants d’âge préscolaire ou des enfants morts à la naissance. Les autres sont âgées de 6 à 100 ans, avec au moins deux enfants en âge d’être scolarisés après l’ouverture du pensionnat en 1898. On y trouve aussi les tombes de nombreux adultes et enfants de moins de cinq ans qui habitaient les environs. « Il y avait un mélange de tout le monde dans ce cimetière », a déclaré en juillet dernier Pearl Lerat, une résidente. Avec sa sœur Linda Whiteman, elle a fréquenté le pensionnat de Marieval de la fin des années 1940 jusqu’au milieu des années 1950 en ayant de bons et de mauvais souvenirs du pensionnat. Pearl ajoute que « ses parents, grands-parents et arrière-grands-parents sont enterrés là avec d’autres personnes de l’extérieur de la Première Nation », blancs et autochtones confondus.

Néanmoins, le chef de la Première Nation de Cowessess, Cadmus Delorme, en se basant sur l’histoire orale locale estime que jusqu’à 75 % des personnes enterrées seraient des enfants ayant fréquenté le pensionnat. Mais « il ne peut le confirmer ». Enfin, selon d’autres résidents vivant à proximité, les tombes avaient des croix et des pierres tombales jusque dans les années 1960, lorsqu’un prêtre les a enlevés, semble-t-il, parce que le cimetière était en « mauvais état40 ».Selon l’historien Jim Miller de l’Université de Saskatchewan, « les restes d’enfants découverts à Marieval et Kamloops ont été enterrés dans des cimetières selon les rites catholiques, sous des croix de bois qui se sont rapidement effritées ». « La croix de bois était un marqueur d’enterrement catholique pour les pauvres », confirme Brian Gettler de l’Université de Toronto41. Les cimetières des pensionnats, avec leurs croix de bois, ressemblent probablement à l’actuel cimetière autochtone de Saint-Joseph, dans la réserve de Kamloops.

Selon le rapport de la CVR, le cimetière servait souvent de lieu de culte et d’enterrement pour les élèves décédés à l’école, ainsi que pour les membres de la communauté locale et les missionnaires eux-mêmes. Au fur et à mesure que les cimetières des pensionnats ont été abandonnés, sans entretien, après la fermeture des écoles, ils ont été finalement oubliés. Dans de nombreux cas, ils sont devenus difficiles à localiser ou ont été utilisés à d’autres fins42. La Commission a proposé à juste titre qu’ils soient documentés, entretenus et protégés.

*

Il est incroyable qu’une recherche préliminaire sur un prétendu charnier dans un verger ait pu conduire à une telle spirale d’affirmations endossées par le gouvernement canadien et reprises par les médias du monde entier. Ce n’est pas un conflit entre l’Histoire et l’histoire orale autochtone, mais entre cette dernière et le gros bon sens. Il faut des preuves concrètes avant d’inscrire dans l’Histoire les accusations portées contre les Oblats et les Sœurs de Sainte-Anne. Les exhumations n’ont pas encore commencé et aucune dépouille n’a été trouvée. Un crime commis exige des preuves vérifiables, surtout si les accusés sont décédés depuis longtemps. Il importe donc que les excavations aient lieu le plus rapidement possible pour que la vérité l’emporte sur l’imaginaire et l’émotion. Sur la voie de la réconciliation, le meilleur moyen n’est-il pas de rechercher et de dire toute la vérité plutôt que de créer des mythes sensationnels ?

 

 

 


1 Courtney Dickson, Bridgette Watson, “Remains of 215 children found buried at former B.C. residential school, First Nation says,” CBC News, May 27, 2021, Updated: May 29, 2021; Tk’emlúps te secwépemc, Press Release, “ Remains of Children of Kamloops Residential School Discovered,” May 27, 2021.

2 Jana G. Pruden and Mike Hager, “Anthropologist explains how she concluded 200 children were buried at the Kamloops Residential School,” Globe and Mail, 15 et 16 juillet 2021; Courtney Dickson, Bridgette Watson, « Remains of 215 children found buried at former B.C. residential school, First Nation says », CBC News, 27 et 29 mai 2021.

3 Justin Trudeau, Twitter, 28 mai, 2021.

4 Ils ont finalement été hissés peu avant le jour du Souvenir, le 7 novembre, cinq mois plus tard. On s’est rendu compte du caractère incongru de cette promesse (Valérie Boisclair, « Les drapeaux seront levés lorsque les Autochtones le voudront, dit Trudeau », Radio-Canada, 10 septembre 2021).

5 Anne-Marie Lecompte, « Pensionnats autochtones : Trudeau presse l’Église de prendre ses responsabilités », Radio-Canada, 4 juin 1921.

6 New York Times, 28 mai 2021, 5 octobre 2021.

7 Hélène Jouan (Montréal, correspondance), « Après la découverte des ossements de 215 enfants autochtones, le Canada confronté à son histoire coloniale », Le Monde, 1er et 2 juin 2021.

8 Geneviève Lasalle, « Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme exhorte le Canada et le Vatican à enquêter sur les circonstances entourant les décès d’enfants autochtones, dont les restes ont été retrouvés près d’un ancien pensionnat à Kamloops, en Colombie-Britannique », Radio Canada, 4 juin 2021.

9 Amnistie internationale, « Justice pour les enfants autochtones au Canada », Lettre à envoyer au Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, 2 juin 2021. En ligne : https://amnistie.ca/participer/2021/canada/justice-pour-les-enfants-autochtones-au-canada

10 Adam Taylor, “China calls for Canada human rights inquiry, pre-empting demand for investigation into abuse of Uyghurs,” The Washington Post, June 22, 2021; David Ljungren, Stephanie Nebehay, “Canada’s Trudeau angrily questions China seeking probe of indigenous children’s remains,” Reuters, Jun. 22, 2021.

11 « Pensionnat de Kamloops : le pape exprime sa “douleur”, mais ne s’excuse pas », Agence France-Presse, 6 juin 2021.

12 Brooklyn Neustaeter, “Indigenous leaders call for apology, compensation from Pope amid possible Canadian visit”, CTV News, October 27, 2021.

13 Rachel Aiello, $27M will soon be available to communities to help locate children who died at residential schools: feds ”, CTVNews, June 2, 2021.

14 Commission de la vérité et de réconciliation, Honorer la vérité, réconcilier pour l’avenir : sommaire du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, 2015, p. 1.

15 Dr. Scott Hamilton, Where are the Children buried? ”, Dept. of Anthropology, Lakehead University, 2015 (?), National Centre for Thruth and Reconciliation Reports, p. 36.

16 Marek Tkach, Manitoba first nation works to identify 104 potential graves at former Brandon residential school ”, Global News, 14 juin 2021, 28 juin 2021.

17 Rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, Pensionnats du Canada : Enfants disparus et lieux de sépulture non marqués, vol. 4, 2015, p. 3.

18 Ibid., p. 10-12.

19 Ibid., p. 10.

20 Ibid., p. 23, 26.

21 Ibid., p. 3.

22 Ibid., p. 6.

23 Ibid., p. 12.

24 Tk’emlúps te secwépemc, Press Release, “Tk’emlúps te secwépemc, “KIRS missing children findings but a fraction of investigation and work need to bring peace to families and communities,” Press Release, 15 juillet 2021.

25 Mathieu Perreault, “Religious orders in residential schools is a ‘quebecois’ story,” La Presse Torstar, 2 juillet 2021.

26 Oblats de Marie-Immaculée, Wikipédia, En ligne : https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblats_de_Marie-Immacul%C3%A9e

27 Henri Goulet, Histoire des pensionnats indiens catholiques au Québec. Le rôle déterminant des pères oblats, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2016, p. 182-183. Voir aussi l’annexe p. 205-207.

28 Lynn Blake, Jean-Marie-Raphaël Le Jeune, Dictionnaire biographique du Canada, vol. XV (1921-1930).

William Harold Gurney, The Work of Reverend Father J. M. R. Le Jeune, O. M. I., master of Arts, Department of History, University of British Columbia, 1948,

29 Commission de Vérité et Réconciliation, Rapport intérimaire, 2012, p. 1.

30 Par exemple pour le pensionnat de Cardston : Archives provinciales de l’Alberta, PR1971.0220/2464.

31 National Centre for Thruth and Reconciliation

https://nctr.ca/residential-schools/british-columbia/kamloops-st-louis/

32 B.C. Archives, Genealogy, General Search

http://search-collections.royalbcmuseum.bc.ca/Genealogy

33 Library and Achives Canada, School Files Series - 1879-1953 (RG10), About the Records: Indian and Inuit Affairs Program sous-fonds: School Files Series, 1879-1953 (RG10-B-3-d), LAC c-8770, number 829; LAC c-8773, number 1323.

34 Rapport final… vol. 4, p. 12.

35 Pensionnat Kamloops, Kathleen Michel, Library and Achives Canada, School Files Series - 1879-1953 (RG10), LAC C-8773-01350.

36 Rapport final…, vol. 4, 2015, p. 131-132.

37 Ibid., p. 113-118.

38 The Fifth Estate, «The reckoning: Secrets unearthed by Tk’emlúps te Secwépemc », CBC News, 11 janvier 2022, En ligne : https://www.cbc.ca/news/canada/the-reckoning-kamloops-residential-school-1.6310723

39 Jorge Barrera, “Catholic register, survivors offer clues to who may be buried in cemetery next to Marieval residential school,” CBC News, 20 juillet 2021.

En ligne : https://www.cbc.ca/news/indigenous/marieval-cemetery-graves-1.6106563 ;

Jorge Barrera, « Tombes anonymes de Marieval : une réalité plus nuancée sur les personnes enterrées », Radio-Canada, 20 juillet 2021, En ligne : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1810424/pensionnat-autochtones-decouverte-tombes-histoire

40 Ibidem

41 Mathieu Perreault, “Religious orders in residential schools...,

42 Rapport final…, vol. 4, 2015, p. 144-152.

 

 

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