IPSO - 25 ans

IPSO - 25 ans

L’identité nationale face à la force des mots

Le 21 juin 1995, alors que le référendum sur la souveraineté était discuté, 100 intellectuels québécois signaient un Manifeste pour la souveraineté. L’organisation des IPSO était née. Et elle perdure, en dépit d’un climat difficile pour le mouvement indépendantiste québécois. Les IPSO affirmaient ainsi leur volonté d’engagement :

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L’élaboration et l’adoption d’une Constitution du Québec

En ma qualité de fondateur et premier Secrétaire général des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO), je suis particulièrement fier de pouvoir souligner le 25e anniversaire de création des IPSO dans les pages de L’Action nationale. Je me souviens d’ailleurs de la tenue de l’assemblée de fondation de l’organisme à quelques jours de la Fête nationale au restaurant L’Express à Montréal que pérennisa la photographie parue dans Le Devoir du 22 juin de son premier président et celui que j’aime présenter comme le philosophe de la nation, le professeur Michel Seymour, accompagnée de notre collègue Geneviève Sicotte.

L’indépendance, une opportunité géante et féconde de transformation sociale

Des artistes de la plume en ont fait des livres. D’autres de l’image, des séries télévisées. Et des officiels dont c’était le boulot, des rapports… tablettés. Un ennemi, tapi sous l’étal d’un marché, allait un jour surgir, mettre à l’arrêt la terre entière et faucher un nombre impressionnant de ses habitants. « La paranoïa est créative ». Elle divertit. Mais quand la bombe sanitaire imaginaire éclate pour vrai, elle tue plusieurs fois plus que Pearl Harbor, Nagasaki, Hiroshima, les tours jumelles, etc. C’est un cataclysme planétaire confinant à l’isolement des individus par milliards et dissolvant des lieux de communion par millions. Une crise existentielle humaine majeure s’est installée. La terre a décroché.

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Qui a tué l’intellectuel québécois ?

Ce titre est volontairement général. On peut dire que l’intellectuel québécois s’est fait attendre sur le plan politique depuis bien longtemps. Les Léon Dion et Gérard Bergeron de ce monde ont quitté la scène en même temps que les relations fédérales-provinciales sont devenues un sujet banalisé, ordinaire. Et dans le monde actuel, la case est vide. À part Guy Rocher, Gérard Bouchard et Charles Taylor, quel penseur québécois se mérite-t-il avec empressement l’attention des médias ou des lecteurs assoiffés d’idées dans le but de trouver une réponse à des questions politiques émergentes ? Voici un premier diagnostic.

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Les derniers

Nous sommes les derniers. Presque les après-derniers. Aussitôt après nous commence un autre âge, un tout autre monde, le monde de ceux qui ne croient plus à rien, qui s’en font gloire et orgueil.
– Charles Péguy, Notre jeunesse.

Ils éprouvaient ainsi la souffrance profonde de tous les prisonniers et de tous les exilés, qui est de vivre avec une mémoire qui ne sert à rien.
– Albert Camus, La Peste

Faisons comme si la parole des intellectuels avait encore du poids dans le Québec contemporain, et par parole, je n’entends pas babillage médiatique, intervention de quatre-vingt-dix secondes sur une chaîne d’information continue, entretien festif dans une émission littéraire, blogue plébiscité par quelques milliers de clics. Faisons comme si, et posons la question. Que doit-on attendre des intellectuels dans le combat politique pour l’indépendance ?

 

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Les intellectuels et l’indépendance

La crise du coronavirus entraîne des chamboulements économiques, politiques et sociaux majeurs. Elle agit comme un puissant révélateur de la structure fondamentale du « home rule » concocté par les autorités impériales britanniques. Au Québec, les pouvoirs de proximité (santé, éducation, aide sociale) sous-financés ; au gouvernement fédéral, les pouvoirs régaliens et la planche à billets de banque.

La situation nouvelle oblige les intellectuels indépendantistes à revoir leurs plans. Leur première obligation est une rupture radicale avec tous les nostalgiques du Canada français, en démasquant leur projet politique qui, sous des apparences de dépolitisation, n’est autre que le retour du « french power » à Ottawa.

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Le défi de se faire entendre ?

Chroniqueuse et auteure.

Il est bien particulier de souligner un anniversaire dans les temps actuels, où l’occasion tangible de fêter ne tient plus, pour cause de pandémie, mais où celle de réfléchir se fait plus prégnante que jamais.

Et réfléchissant, je me disais qu’il faut bien commencer par parler d’un grand décrochage. Pas de la souveraineté – la nécessité d’avoir en main tous les pouvoirs de décision est aussi manifeste présentement qu’en tant d’autres moments de notre histoire –, mais de la place réservée à l’intellectuel dans notre société.

Se dégage en fait le sentiment qu’on en revient constamment à ce constat de base : quel mal ce Québec a-t-il avec le monde des idées, l’univers de la connaissance ! On me pardonnera de m’y accrocher, mais avant de parler d’intellectuels et de souveraineté, il me semble incontournable de voir à quel point un virus vicieux, incontrôlé, aura suffi pour nous ramener en arrière, à un vieux fond qui nous est bien particulier, celui de la méfiance envers le monde de l’enseignement, à la base même de ce qui construit un intellectuel.

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Refonder le combat indépendantiste

Cinquante ans après la création du Parti québécois et la tenue des états généraux du Canada français, le Québec n’est toujours pas un pays. Voilà où nous en sommes avec les élections dites de « bon gouvernement », cette provincialisation de l’action indépendantiste détournant les priorités d’action, rétrécissant la vision, diminuant les projets et l’ambition. Nous avons peu à peu perdu le Sens du pays, pas dans la théorie, mais dans la pratique politique.

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Les intellectuels doivent se rendre visibles

Paru sous le titre «Indépendance du Québec. Les intellectuels doivent se rendre visibles»

La personnalité créatrice doit penser et juger par elle-même, car le progrès moral de la société dépend exclusivement de son indépendance.
–Albert Einstein (1879 -1955)

J’ai vécu l’indépendance de mon pays d’origine. Je rêve de vivre celle de mon pays d’adoption, mais le Québec étant une province du Canada, les grandes décisions le concernant se prennent ailleurs qu’à Québec. Le jour où le pays sera indépendant, j’en serai heureux et c’est son peuple qui décidera de son devenir. Mais pour y parvenir que faut-il encore faire ?

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Le rôle des intellectuels et l’avenir du Québec

En juin 1995, j’ai accepté de répondre à l’appel de mes collègues et amis Michel Seymour et Daniel Turp, et de rejoindre le Groupe des intellectuels pour la souveraineté du Québec. Lors de la conférence de presse organisée au restaurant Le Petit Extra, sur la rue Ontario, je fus étonné de voir un réel enthousiasme de mes collègues pour venir nous rejoindre dans ce combat qui, nous le savions, serait ardu au cours des prochains mois. J’étais d’autant plus surpris, car je voyais plusieurs d’entre eux, qui lors du référendum de 1980 avec René Lévesque s’étaient en grande partie ralliés à la cause, mais qui en 1995 semblaient nettement moins enthousiastes. Plusieurs se sont d’ailleurs ralliés à la cause fédéraliste par simple calcul politique – le OUI n’allait pas gagner – ou par peur de perdre certaines subventions de recherche. Nous avons tous endossé le Manifeste des IPSO – Huit arguments pour la souveraineté1. Notre rôle pour reprendre le modèle de l’historien Arnold J. Toynbee en était un de défi-réponse face aux arguments du camp du NON, mais aussi un rôle d’analyse et de réflexion2.

 

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Dès maintenant, dessiner le but politique : la République québécoise

Même les indépendantistes québécois, dont on pourrait croire qu’ils ne rêvent qu’à la fondation d’une République du Québec, ont préféré, pour des raisons qu’il reste à élucider parler de souveraineté ou d’État du Québec, sans trop s’interroger sur la nature du régime du pays nouveau.
– Marc Chevrier1

L’indépendance du Québec n’est pas un but. C’est un moyen pour mettre fin à un régime qui menace la nation de disparition douce. Notre régime constitutionnel britannique ne pourra pas survivre à l’indépendance, car il véhicule des valeurs juridiques désavouées par le projet souverainiste dans son principe même. Or, il y a un coût et un risque dans le démembrement d’un régime, surtout aux yeux d’une population vieillissante. « Indépendance », « Disparition », « Désaveu », « Démembrement » : voilà des termes négatifs. Pourquoi faudrait-il qu’une nation s’impose une telle rupture ? La réponse la plus courante, c’est que l’enjeu est la liberté. Voilà un saut dans une métaphysique sans visage qui donne le vertige aux citoyens : c’est une des raisons pour lesquelles une large tranche2 s’est abstenue deux fois d’y consentir.

 

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Notre défi indépendantiste : apprendre à partager la mémoire québécoise

Dans mon dernier essai1, je remettais en question le rapport qu’entretiennent les indépendantistes québécois avec la communauté juive et je m’interrogeais sur le rôle insuffisamment mis en valeur du patrimoine québécois. Je me suis intéressé aux Juifs du Québec pour tenter de comprendre les raisons qui les ont éloignés de la mémoire québécoise et du projet souverainiste.

Le savant politique et la cause indépendantiste

La politique consiste à creuser avec force et lenteur des planches dures, elle exige à la fois la passion et le coup d’œil.
Max Weber, Le savant et le politique

Le texte qui suit relève de l’exercice rhétorique : tout ce qui y apparaît en italique n’est pas de moi, mais du grand sociologue Max Weber, plus précisément de l’édition La Découverte/Poche (Paris, 2003) de ses deux conférences historiques sur Le savant et le politique, traduites et préfacées avec brio par Catherine Colliot-Thélène. [Nous mettons en gras ce qui vient de l'auteur de cet article.] L’objectif de cet exercice est double : d’abord, offrir un point de vue nuancé et complexe sur les rôles politiques de l’intellectuel et en particulier de l’universitaire, c’est-à-dire du savant, souverainiste, puis ensuite et pour ce faire, illustrer l’intemporalité et la grandeur de la pensée wébérienne au sujet des vocations du savant et du politique. De cet exercice découlent certains détournements de sens ponctuels par rapport au texte original, mais la logique et la portée générales du propos demeurent néanmoins assez étroitement fidèles, me semble-t-il, à l’esprit des enseignements wébériens contenus dans ce classique de la sociologie politique.

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25 ans de contribution essentielle à l’imaginaire collectif québécois

Le 21 juin 1995, à l’aube de la deuxième campagne référendaire sur la souveraineté du Québec, cent intellectuels québécois enfourchent la « ligne du risque » si chère à notre grand essayiste Pierre Vadeboncoeur et s’engagent dans le débat référendaire. Ils le font en lançant le manifeste Oui au changement où ils définissent leur posture en tant qu’intellectuels engagés, se réclamant de la tradition d’engagement de plusieurs intellectuels québécois dans le développement du Québec moderne et de la liberté d’esprit, d’opinion et d’expression. Les IPSO sont nés.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

Vous pouvez utilisez cet outil de recherche qui vous permettra — si vous cliquez sur « préciser la rechercher » — de ne chercher que dans L'Action nationale ou dans L'Action française.

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