Le Québec, le Canada et l’immigration : qui contrôle quoi?

Étude de cas de l’étranglement inéluctable du Québec par le système canadien

Il y a une perception assez généralisée au sein de la population québécoise que son gouvernement, le gouvernement du Québec, contrôle les décisions de politique publique en matière d’immigration sur son territoire. Que c’est le gouvernement du Québec qui décide combien de personnes immigrantes seront accueillies chaque année, peu importe leur statut ! Le commun des mortels ne fait aucune distinction entre les personnes arrivées pour travailler de façon permanente au Québec, celles arrivées en tant que réfugiées, celles qui se présentent à la frontière et demandent l’asile, celles qui sont installées temporairement au Québec pour diverses raisons, celles qui viennent joindre leur famille d’origine immigrante pour vivre au Québec. On a l’impression que le gouvernement du Québec les sélectionne toutes et possède tous les moyens et outils nécessaires pour mettre en place les services qu’il faut pour les intégrer à la société.

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Dénatalité, pénuries de main-d’œuvre et immigration massive

À l’époque de notre légendaire « revanche des berceaux », les enfants que le Québec comptait en surnombre lui cachaient l’importance de l’immigration, un pouvoir partagé qu’il a abandonné au Gouvernement fédéral pendant un siècle (1867-1968). De nos jours, c’est l’inverse qui se produit. Croyant désormais que tout dépend de l’immigration internationale, le Québec se montre, depuis bientôt 50 ans, indifférent au cumul des naissances manquantes qui auraient été nécessaires pour assurer à long terme le remplacement des générations.

Un pays pour une immigration réussie

Mémoire déposé à la Commission sur les relations avec les citoyens, 22 juillet 2019 sur la Politique d’immigration du gouvernement du Québec

Le document de consultation du gouvernement du Québec reprend le mythe de la compétence partagée en oubliant de dire qu’il s’agit d’un partage très très inégal. En fait, c’est le Canada qui possède les pouvoirs régaliens sur l’immigration comme ceux sur la politique étrangère, le contrôle des frontières et l’accès au territoire qui sont les attributs essentiels de la souveraineté d’un pays. C’est le Canada qui émet les visas, qui accorde les statuts de résidence et de citoyenneté. C’est encore lui qui décide du nombre de ressources humaines pour traiter les demandes et qui est donc responsable des dépassements de délai complètement irrespectueux et négligents que nous connaissons dans la crise des migrants, un dossier toujours en attente de règlement. Comment peut-on parler sérieusement de « planification de l’immigration » par le Québec alors que celui-ci, comme province, est dépendant de la politique canadienne et qu’il a son mot à dire sur à peine 50 % des nouveaux arrivants ?

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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