Numéros publiés en 2018

Numéros publiés en 2018

Nicolas Zorn. Le 1% le plus riche : l’exception québécoise

Nicolas Zorn
Le 1 % le plus riche : l’exception québécoise, Les Presses de l’Université de Montréal, 2017, 202 pages

En 2017, Nicolas Zorn, doctorant en science politique, publiait Le 1 % le plus riche : L’exception québécoise, ouvrage dans lequel il entreprend de présenter les statistiques de la croissance de l’inégalité de revenu entre le premier centile et le reste de la population au Québec, d’analyser l’évolution des inégalités au plan international et d’en interpréter les causes. Pour juger de la pertinence de ce livre, situons-le d’abord dans la littérature traitant des inégalités au Québec. Nous serons ensuite plus à même de saisir sa contribution au champ d’étude en question.

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Nicolas Lévesque. Le Québec vers l’âge adulte

Nicolas Lévesque
Le Québec vers l’âge adulte
Montréal, éditions Alias, 2012, 172 pages

Le franglais se répand dans les banlieues aisées comme une gastro-entérite dans une urgence bondée. Bonjour/hi est en voie de devenir une tendance mode qui colle à la métropole comme une omelette adhère à une casserole antiadhésive bas de gamme surutilisée par un cégépien en résidence depuis deux ans. Emmanuel Macron, main dans la main avec Philippe Couillard, déclare que le fait de parler anglais est un atout pour la francophonie mondiale. Quelques faits, un seul constat : le Québec agonise, et la francophonie aussi.

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Sébastien Proulx. Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire

Sébastien Proulx
Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire
Septentrion, Montréal, 2018, 136 pages

Fréquenter les plateformes web des grands partis politiques québécois est souvent d’un mortel ennui. On n’y apprend jamais plus qu’on en savait déjà. Le seul constat à en tirer consiste à prendre acte des ravages sur la pensée politique qu’exercent les « communicants », ces évêques qui règnent en maîtres sur la cité. La soumission du Parti libéral du Québec à ces dogmes de la communication correcte n’est plus à prouver. L’économie ? Notre priorité. La santé ? Notre priorité. L’égalité hommes/femmes ? Notre priorité. L’éducation ? Notre priorité. C’est le triomphe de l’égalitaire ! Lorsque tous les enjeux sont prioritaires, on atteint le moment zéro de la gouvernance. L’État devient autiste et regarde devant lui, immobile, souriant, attendant que d’autres formes décisionnelles plus fortes et volontaires prennent le pas sur lui. Le politique s’abandonne au marché et à la tyrannie des experts. On connaît la ritournelle.

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Charles-Philippe Courtois. Lionel Groulx, le penseur le plus influent de l’histoire du Québec

Charles-Philippe Courtois
Lionel Groulx, le penseur le plus influent de l’histoire du Québec
Montréal. Les éditions de l’Homme, 2017, 575 pages

La biographie de Lionel Groulx offerte par Charles-Philippe Courtois est une contribution majeure puisqu’elle résume la vie et l’œuvre de notre historien le plus influent et assurément l’intellectuel le plus prolifique de l’histoire du Québec (Bouchard, 2003). D’autres se sont intéressés à la pensée de Groulx, pensons à Michel Bock (Quand la nation dépassait les frontières, 2004), ou encore à Gérard Bouchard (Les deux chanoines, 2003) et bien sûr Yvan Lamonde (L’Histoire sociale des idées au Québec, 2004). Aucun historien n’avait toutefois consenti jusqu’ici à investir les années de travail suffisantes pour mener à bien cette mission gigantesque de résumer la vie et l’œuvre de ce très grand Québécois que fut Lionel Groulx et à qui nous devons tant collectivement.

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Michel Brunet. La France impériale et la Nouvelle-France

Michel Brunet
La France impériale et la Nouvelle-France. Un regard neuf sur 1759
Rosemère, Éditions Pierre Tisseyre, 2017, 320 pages

Regard neuf ? Oui, et il se situe dans la mouvance des travaux français de Laurent Veyssière et de Bertrand Fonck, et aussi des travaux québécois de Raymonde Litalien, Jean François Palomino, Sophie Imbeault et Denis Vaugeois. Ce regard neuf est celui non de l’historien bien connu, mais d’un ex-diplomate québécois sensible à la géopolitique et au comparatisme, qui déconstruit la politique coloniale de l’empire français du XVIIIe siècle pour montrer la démesure et la fragilité de ses prétentions continentales. Regard neuf d’un auteur qui, à partir d’une explication nouvelle et claire, devrait façonner une vision nouvelle chez le lecteur et lui faire regarder affectivement la France et la Conquête autrement. L’analyse et l’écriture sont d’une exceptionnelle efficacité : à partir de l’affirmation « La Nouvelle-France était une colonie française », l’auteur décompose chacun des mots pour en faire éclater la banalité.

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Martin Lavallée. Denis-Benjamin Viger : un patriote face au Canada-Uni

Martin Lavallée
Denis-Benjamin Viger : un patriote face au Canada-Uni
VLB éditeur, 2017, 195 pages

L’historien Martin Lavallée a eu la bonne idée d’extraire Denis-Benjamin Viger des oubliettes. Grâce à lui, nul ne pourra dorénavant plaider l’ignorance. Le portrait qu’il en fait est à ce point captivant que je ne peux résister à l’envie d’en proposer un résumé.

Viger est né le 19 août 1774. Il a pour cousins Jacques Viger, premier maire de Montréal, Louis-Michel Viger, fondateur de la Banque du peuple, Bonaventure Viger, Louis-Joseph Papineau, Côme-Séraphin Cherrier, patriotes de leur état, de même que Mgr Jean-Jacques Lartigue, premier évêque de Montréal. Mais notre homme ne s’est pas contenté d’être bien né. Après des études chez les Sulpiciens, il entreprend des études de droit. Il fera sa cléricature chez Joseph Bédard, frère de Pierre-Stanislas, député et juge, de même que chez Joseph-Antoine Panet, premier orateur de l’Assemblée. L’écriture l’intéressait. Il a rédigé de nombreux textes d’analyses politiques. Ce serait d’ailleurs bien qu’un historien en publie une édition critique. Viger pensait que la presse avait un rôle important à jouer dans la société. Il a donc soutenu financièrement nombre de journaux. Ce n’est pas tout. « En 1803, écrit Lavallée, il est nommé lieutenant des milices de Montréal et il est capitaine au troisième bataillon pendant la guerre de 1812 contre les Américains » (p. 14).

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Éditorial - L'exil intérieur

2018mai250

Quel affligeant spectacle ! Plus rien ne tient de l’intelligence ni de la décence devant ce qu’on nous donne à voir et à entendre dès lors qu’il est question de la passoire Roxham. Violence sourde de l’État canadian qui ne peut résister à la tentation du mépris à l’égard du Québec qui regimbe à peine, pourtant. Violence doctrinaire de tous les inquisiteurs qui refusent jusqu’à la moindre réticence critique et ne supportent rien d’autre que la résignation enthousiaste au nom d’une vertu qu’eux seuls peuvent brandir.

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La démission des cégeps francophones

Professeur de français, collège Bois-de-Boulogne

Nous savons tous que, comparativement aux niveaux primaire et secondaire, le réseau collégial jouit d’une grande indépendance: les programmes, les cours et les exigences varient d’un cégep à l’autre. Si cette autonomie peut parfois être bénéfique, notamment pour qu’un cégep s’adapte à des réalités régionales, elle génère malheureusement une compétition nocive entre les cégeps qui n’ont d’autre considération que d’augmenter le nombre d’étudiants inscrits, nombre qui détermine en grande partie le financement qu’ils reçoivent du ministère de l’Éducation. Dans ce contexte, on ne s’étonnera pas de constater que les programmes apparaissent et disparaissent de façon chaotique, sans véritable plan d’ensemble et sans qu’aucune balise nationale ne soit établie.

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La péréquation ? Un marché de dupes

Prix André-Laurendeau 2018

Quelle est dans toute l’histoire de la « Confédération » canadienne la seule province à avoir fait défaut sur le paiement de sa dette, c’est-à-dire à s’être retrouvée dans l’impossibilité de faire face à ses obligations financières ? Je vous le donne en mille : l’Alberta. C’était en 1935 et la Grande Dépression frappait tout particulièrement les provinces des Prairies ; affectées de surcroît par de terribles sécheresses, elles se retrouvaient toutes au bord de la faillite. Et qui leur sauva la donne ? Le Québec entre autres, parce que moins durement affecté par la crise économique en raison de la structure industrielle de son économie.

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Pour décoloniser notre coin du cyberespace

* Président de FACIL, pour l’appropriation collective de l’informatique libre

Un petit groupe de multinationales, dont les principales sont américaines, s’approprie les moyens d’exploiter les ressources numériques des peuples de la Terre, qui tardent à affirmer leur souveraineté dans le cyberespace.

Individuellement et collectivement, nous les Québécois sommes riches d’un très grand nombre d’appareils numériques (téléphones, tablettes, portables, postes de travail, serveurs, etc.) achetés bien souvent à fort prix de l’étranger. C’est grâce aux logiciels exécutés sur ces appareils que sont traitées nos données, des plus intimes aux plus publiques. Ces logiciels ont bien souvent des propriétaires qui, dans leur infinie générosité, ont bien voulu nous accorder un droit limité et révocable d’utiliser leur « propriété » pour que nous soyons en mesure de manipuler nos données. Qui est le maître dans nos appareils numériques ?

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L’économie sociale au Québec : une perspective politique (extrait primeur)

l economie sociale au quebec 1Chapitre 1. Introduction

Au milieu des années 1990, la gauche québécoise pouvait être optimiste : le Québec allait bientôt être un pays et le pays en serait un progressiste. On publiait La Charte d’un Québec populaire : le Québec qu’on veut bâtir ! (1994) et Une société de projets (1995), pendant que la Marche du pain et des roses semait, de Montréal à Rivière-du-Loup, l’espoir d’un pays sans pauvreté. On rêvait de parachever la Révolution tranquille.

Le rêve ne s’est pas réalisé. Aujourd’hui, le Québec est toujours une province du Canada, le Parti québécois semble désormais incapable de former des gouvernements, la société civile cherche surtout à défendre ses acquis et plus personne ne parle de « projets de société ».

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Loi 99. L’être et le droit

Avocat et président de la SSJB de Montréal

C’est en l’an 2000 que le parlement du Québec, sous l’impulsion des ministres Joseph Facal et Lucien Bouchard, décréta la Loi sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l’État du Québec (RLRQ, c. E-20.1). Véritable « charte » des droits politiques de la nation québécoise, cette nouvelle pièce maîtresse de notre corpus législatif s’inscrivait en réponse à la Loi fédérale dite de clarification1, basse œuvre de Stéphane Dion, et dans la foulée de l’Avis rendu par la Cour suprême dans le cadre du Renvoi relatif à la Sécession2 (1998).

À peine la loi 99 venait-elle de pousser ses premiers pépiements que déjà, ses bourreaux complotaient pour l’étrangler. Au mois de mai 2001, monsieur Keith Henderson, ancien chef de l’Equality Party, sonnait la charge en saisissant la Cour supérieure pour qu’elle invalide l’essentiel de la loi. Monsieur Henderson cherchait notamment à ce que soient déclarées nulles et inopérantes toutes les dispositions tombant sous le chapitre « du peuple québécois ». 

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La cour supérieure rejette la vision de Stéphane Dion

* Constitutionnaliste

En 1997-98, la Cour suprême a chargé un amicus curiae (« ami de la Cour ») d’exprimer le point de vue indépendantiste dans le Renvoi sur la sécession du Québec en l’absence du Procureur général du Québec. Je faisais partie de l’équipe d’avocats réunie par l’amicus curiae, Me Joli-Cœur, pour cette affaire.

En 1997, le gouvernement fédéral, sous la direction de Jean Chrétien, décidait de saisir la Cour suprême de la question de la légalité de l’accession du Québec à l’indépendance. La formulation des questions posées au plus haut tribunal annonçait une victoire facile pour lui. Elles se bornaient essentiellement à demander si cette légalité pouvait s’établir sur la base du droit à l’autodétermination. Après quelques années de flottement, il existait déjà un consensus chez les juristes à l’époque que le droit à l’autodétermination ne donnait pas lieu à un droit de sécession. Il était clair que l’objectif fédéral était de se servir de la Cour suprême pour marquer l’opinion publique par une déclaration d’illégalité de la démarche indépendantiste.

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Vouloir déboulonner les faits

On a tous eu, dans notre enfance, un ami éreintant qui prétendait en savoir plus que nous sur tous les sujets. Il avait tout vu, tout entendu malgré ses 6 ans. On ne pouvait rien lui apprendre. Pire encore : on avait, face à lui, toujours tort. On l’acceptait dans notre cercle, on le tolérait, grand de cœur que nous étions. On s’était habitué à ses remarques. On s’était même construit une carapace face à lui, être vidé de son enfance, incapable qu’il était de tout émerveillement, de tout étonnement face au monde qui pourtant s’ouvrait chaque jour davantage à lui. Il s’appelait Dany, il s’appelait Jean-Nicolas, Éric ou Olivier. Incapable d’apprendre parce que certain de déjà être au fait de tout, cet ami a grandi dans ses certitudes. Imbu de son supposé savoir – mais surtout de sa personne – il a grandi. Il a même réussi assez bien, voire très bien dans le domaine dans lequel il s’est jeté. Son assurance et son narcissisme l’ont fait bien paraître partout. Le monde semblait taillé sur mesure pour lui. Il pontifiait toujours, d’ailleurs, malgré son âge qui avançait. On le payait pour cela. Pontifier : tel était son métier, telle était sa raison de vivre. Il avait parfois tort, parfois raison, mais son opinion faisait toujours office de fait. En cela, il était toujours aussi éreintant qu’au temps de la petite école.

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Un cas de psittacisme anglophile

Ce fut un très grand jour au Québec, l’un des plus grands de notre histoire, écrira François-Albert Angers dans les colonnes de L’Action nationale !

Inversement, il en fut tout autrement au Canada anglais. Dans ce pays, qui naquit au XVIIIe siècle de l’idée d’exclure la France des rois du continent nord-américain, puis qui grandit dans celle de tenir le plus loin possible de nos rives la France républicaine, voir apparaître la Ve République, « réveillée après d’immenses épreuves » et déterminée à retrouver son rang parmi les Grands, et surtout entendre son Président, de surcroît « l’une des plus grandes figures du vingtième siècle » (Claude Ryan), manifester sa sollicitude à l’endroit de nos Lapalme, Lesage, Drapeau et autres figures politiques du Québec, suscita d’emblée la plus vive inquiétude parmi les dirigeants d’Ottawa. Au point où cette présence active de la France auprès du Québec devint vite le plus sérieux point de désaccord – « the greatest single source of contention » – entre Ottawa et le Québec, nous révèle le premier ministre Pearson dans ses Mémoires, un élément si nouveau dans le paysage politique nord-américain, qu’il provoqua, selon l’historien James Eayrs et le journaliste Peter Newman, une véritable hystérie francophobe au sein de l’État fédéral. Trudeau ne sera pas en reste sur Pearson. À peine fut-il installé dans son siège de premier ministre qu’il lança une première salve en exigeant le départ immédiat du territoire canadien de Philippe Roussillon, cet « agent secret de la France », qu’il accusa d’être venu ici pour « détruire l’unité du Canada » ; salve qu’il fera suivre l’année suivante, le 19 octobre 1969, dans son tonitruant discours du Queen Elizabeth, d’une menace à peine voilée à la France : « On ne laissera pas diviser ce pays, ni de l’intérieur, ni de l’extérieur, s’écria-t-il après avoir dénoncé "toutes ces guerres de tapis rouge et ces intrigues de consulat" ».

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action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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