Qu’est-ce que la Révolution tranquille ?

60 ans plus tard, la Révolution tranquille fait toujours l’objet de discussions et de débats. Qu’est-ce que la Révolution tranquille ? Quand commence-t-elle et, surtout, quand se termine-t-elle ? Quels en sont les principaux acteurs et ses caractéristiques fondamentales ? Les processus qui lui sont associés sont-ils singuliers à l’expérience québécoise ? Objet de mémoire pendant de nombreuses années, dont la simple évocation a servi à alimenter les conflits politiques et sociaux, force est de constater que la Révolution tranquille est toutefois devenue un objet d’histoire – sans que ses ramifications mémorielles ne disparaissent pour autant.

Les récents travaux sur l’histoire des décennies 1960 et 1970 au Québec offrent un socle nouveau sur lequel il est désormais possible de semer les germes d’une interprétation renouvelée de la Révolution tranquille. L’objectif de ce texte est ainsi de proposer un cadre interprétatif permettant de mieux comprendre la Révolution tranquille et ses caractéristiques fondamentales. Pour ce faire, nous proposons d’élargir les horizons de la Révolution tranquille en allongeant son cadre temporel, en incluant de nouveaux acteurs sociaux et en ancrant ses perspectives idéologiques et culturelles dans le contexte international des Sixties.

Une Révolution qui ne fait pas consensus

Depuis les années 1970, la Révolution tranquille est définie dans la mémoire publique et dans la communauté scientifique par une série de changements qui modifient profondément la société québécoise. Or, la portée de ces changements ne fait pas consensus. Pour certains chercheurs, dont les historiens Fernand Ouellet et Michael Behiels et, dans une moindre mesure, le politologue Léon Dion, la Révolution tranquille ne symbolise rien de moins que l’entrée du Québec dans la modernité1. Selon cette interprétation, la rupture est totale avec la période antérieure, dite de « Grande Noirceur », où les Canadiens français vivaient dans une société ayant accumulé de nombreux « retards », surtout en matière de gestion étatique, de mœurs démocratiques et de développement socioéconomique. Pour d’autres, dont les historiens Paul-André Linteau, Jacques Rouillard et Lucia Ferretti2, la Révolution tranquille se définit plutôt comme une période d’accélération des réformes politiques, économiques, sociales et culturelles dont plusieurs s’inscrivent en continuité avec des phénomènes antérieurs. La modernité scientifique (le développement de la pensée scientifique et de la technologie), socioéconomique (l’industrialisation, l’urbanisation et la scolarisation) et étatique (la mise sur pied de nouveaux programmes de régulation sociale) plonge ses racines dans cette période comprise entre le milieu du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Or, le « rythme intense et concentré » des réformes dans les années 1960, pour reprendre les termes de Linteau, caractérise une rupture par rapport à la période antérieure3. Un dernier groupe de chercheurs, à l’instar des économistes Gilles Paquet, Jean-Luc Migué et Vincent Geloso, perçoivent la Révolution tranquille comme un moment de déclin. Déclin social d’abord, avec la perte de liens de sociabilité engendrée par la montée de l’État-providence technocrate qui aurait mis à mal la « riche trame d’institutions traditionnelles4 ». Déclin économique ensuite, alors que l’étatisme québécois aurait freiné la croissance économique exceptionnelle des années 1940 et 1950 où un « rattrapage » était supposément en cours5.

La Révolution tranquille renvoie également à une période. Une fois de plus, les intervenants qui s’y réfèrent ne s’entendent pas sur le cadre temporel la balisant. Différentes institutions, organismes et acteurs de la société civile véhiculent une mémoire publique de la Révolution tranquille qui associe cette dernière à la décennie 19606. Du côté du monde de l’éducation, certaines ressources produites par les enseignants se concentrent sur les années 1960-1966 associées au gouvernement libéral de Jean Lesage7, alors que d’autres considèrent une période plus large qui débute en 1960 pour se terminer à la fin des années 19708. Le flou est aussi grand du côté des chercheurs. Certains historiens comme Lucia Ferretti et Jacques Rouillard considèrent que la Révolution tranquille se limite aux années 1959-19689, voire même à la période plus restreinte entre 1960 et 196610. Se limiter à la décennie 1960 permet à ces institutions et ces chercheurs de centrer leur analyse sur le moment des grandes réformes étatiques. Pour d’autres, à l’instar du politologue Léon Dion ou des historiens Paul-André Linteau, Peter Gossage et Jack I. Little, elle se poursuit au-delà des années 1960 grâce à un second souffle, moins puissant que le premier, qui la fait s’étirer jusqu’en 1976 avec l’élection du Parti québécois11 ou jusqu’en 1980 avec le référendum sur l’avenir constitutionnel du Québec12. Ce faisant, ils mettent en lumière le rôle clé joué par la question nationale dans la définition de la Révolution tranquille. Quant à l’historien Ramsay Cook, il considère que c’est plutôt la crise économique du début des années 1980 qui met un terme à la Révolution tranquille13, contribuant ainsi à la mise à mal de l’État-providence.

Qu’ils soient partisans d’une Révolution tranquille courte ou longue, la plupart des chercheurs ont braqué leur regard sur des acteurs bien particuliers : les membres des élites politiques et intellectuelles qui ont entamé les réformes à la barre de l’État québécois en construction. Depuis les années 1980, de nombreuses études se sont penchées sur les principales idéologies et réformes proposées par un petit groupe d’acteurs appelés « les leaders du Québec contemporain », ces « grands bâtisseurs » que sont les premiers ministres et les ministres les plus connus des cabinets Lesage, Johnson, Bourassa et Lévesque14. D’autres ont porté leur regard sur les partis politiques, leur évolution, leurs stratégies de communication et leurs principales idéologies15. Certaines études en histoire intellectuelle se sont aussi attardées aux idées mises de l’avant par un nombre plutôt restreint de penseurs québécois et les différentes revues qu’ils ont fondées ou qui les publiaient, allant de la droite à la gauche en passant par L’Action nationale, Maintenant, Cité libre, Parti pris ou encore Mainmise16.

L’ensemble de ces études produites depuis les années 1980 considèrent donc la Révolution tranquille comme le produit de la pensée et des actions d’une élite politique et intellectuelle. Cette conception de la Révolution par et pour le haut offre une analyse plutôt restreinte faisant généralement fi des nombreux protagonistes québécois qui prennent la parole dans les années 1960 et 1970. En ce sens, certaines études récentes se sont intéressées aux conflits émanant de la société civile au sujet des transformations de l’État québécois et de son ordre symbolique, que ce soit par le biais d’une institution étatique aussi centrale qu’Hydro-Québec17, de la définition d’une politique d’immigration18, ou encore des débats constitutionnels19 et linguistiques20.

Une définition

Qu’est-ce donc que la Révolution tranquille ? Pour comprendre cette période charnière d’un point de vue synthétique, nous proposons le politique – et non pas la politique21 – comme angle d’approche global. Dans un livre à paraître sous peu, Martin Pâquet et l’auteur de ce texte définissent la Révolution tranquille comme

[…] un moment dans l’histoire du Québec où il existe un consensus social autour de l’État. Pour les contemporains de cette période, l’État […] devient un vecteur de mobilisation collective à la fois comme agent et comme représentation. De la fin des années 1950 jusqu’au début des années 1980, même si leurs projets et leurs revendications sont multiples voire parfois contradictoires, la grande majorité des acteurs sociopolitiques du Québec adhèrent à la promotion d’un projet de société organisé autour de l’État comme moteur du développement de la communauté politique. Pour eux et elles, l’épanouissement individuel des citoyens passe par le renforcement de l’État, un État envisagé tel qu’un instrument d’émancipation collective. La représentation de l’État comme garant du bien commun devient alors hégémonique : elle se présente ainsi comme une caractéristique fondamentale de la Révolution tranquille22.

Cette caractéristique fondamentale agit comme un prisme canalisant toutes les autres spécificités de la Révolution tranquille : le déclassement de certaines élites définitrices et la montée en force de responsables politiques plus jeunes et mieux formés, de technocrates, d’intellectuels universitaires et de leaders d’opinion des médias de masse ; la consolidation d’un sentiment d’affirmation nationale qui se décline en deux options, soit le nationalisme fédéraliste cherchant à revoir les paramètres de la constitution canadienne ou le nationalisme indépendantiste tourné vers la création d’un nouveau pays ; les nombreuses réformes étatiques entreprises dans un esprit de rattrapage, de laïcisation et d’émancipation collective ; la création d’un État-providence moderne avec ses divers programmes sociaux.

De nouveaux protagonistes

La Révolution tranquille ainsi définie, ses acteurs ne peuvent plus être limités aux « grands bâtisseurs ». De récentes études qui analysent les diverses manifestations de la prise de parole dans les années 1960 et 1970 laissent entrevoir que plus de protagonistes conçoivent, selon diverses modalités et variantes, l’État québécois comme un vecteur de mobilisation collective. Influencés par l’historiographie canadienne ayant porté son regard sur la période d’après-guerre23 et les Sixties24, de plus en plus d’historiennes et d’historiens ont étudié les acteurs syndicaux, féministes, nationalistes, étudiants ou issus des minorités visibles. Ils se sont notamment intéressés à leur prise de parole dans l’espace public afin de revendiquer des réformes étatiques dans les domaines de l’économie, de l’éducation, de la langue, des rapports homme-femme, des droits civiques, des enjeux constitutionnels, etc25. De manière plus théorique, d’autres chercheurs ont souligné l’importance de prendre en considération les groupes de pression dans le processus de prise de décision étatique26.

Élargir les perspectives de la Révolution tranquille implique alors de revenir à la conception du « champ politique27 ». En s’appuyant sur les réflexions de Léon Dion et Jean-Philippe Warren28, il est ainsi possible de concevoir un champ politique « élargi » composé de trois cercles concentriques. Le premier, celui qui forme le cœur du champ, se définit par l’État et les responsables politiques29. Le deuxième cercle, plus large que le premier, est défini par les partis politiques et les médias30. Enfin, le troisième cercle, beaucoup plus large que les deux premiers, mais également plus perméable, aux frontières plus floues, est défini par les personnes et mouvements sociaux qui, de manière continue ou à un moment précis de l’histoire, entrent en interaction avec les autres acteurs politiques (ceux du premier ou deuxième cercles) et produisent ainsi un quelconque effet dans le champ politique.

La prise en compte des porte-paroles et militants des mouvements sociaux et groupes de pression met en lumière deux autres caractéristiques de la Révolution tranquille jusque-là passée sous le radar. La première concerne le changement profond de culture politique dû à l’émergence de nouveaux protagonistes qui s’opposent ou appuient les responsables politiques à l’exercice du pouvoir dans leur tentative de définir le bien commun. À ce sujet, les idéaux de démocratie participative bouleversent une culture politique de l’informel31 et un système consociationnel fondé sur l’accommodement. Repris par les responsables politiques qui cherchent à canaliser cette prise de parole citoyenne afin de légitimer leur pouvoir, les idéaux de démocratie participative sont rapidement balisés dans des réformes parlementaires et administratives qui diluent leur portée habilitatrice revendiquée depuis le manifeste des militants du Student for a Democratic Society (SDS) aux États-Unis en 196332. La deuxième est l’influence des Sixties sur l’expérience québécoise, avec la circulation internationale des idées de décolonisation et des valeurs associées à la Nouvelle Gauche qui concentre son militantisme sur la lutte aux inégalités socioéconomiques.

Ainsi donc, en rendant visibles les nombreux porte-paroles et militants actifs qui interviennent dans le champ politique élargi pour faire pression sur les élus, l’histoire de la Révolution tranquille s’enrichit de nouveaux enjeux de société qui ont marqué les années 1960 et 1970 : la lutte aux inégalités dans les rapports sociaux de genre ; la reconnaissance des droits ancestraux et des cultures autochtones, de même que la revendication d’un pouvoir politique autochtone ; le respect de l’environnement et des écosystèmes, particulièrement ceux du Nord québécois ; les enjeux linguistiques et d’immigration ; la revendication d’un pouvoir étudiant et d’un droit de cogestion ; la promotion des droits civiques et socioéconomiques ; etc. Ces protagonistes qui ont un effet certain dans le champ politique élargie, considèrent que l’État québécois doit se porter garant de ces nouvelles valeurs directement associées au bien commun et au projet d’émancipation collective. La composition de ces acteurs permet d’ailleurs de tenir compte des « oubliés » de l’histoire : plusieurs sont des femmes qui, grâce à leur militantisme et aux différents moyens de pression qu’elles exercent, prennent la parole et participent au processus d’habilitation33. On peut en dire autant, mais à plus petite échelle, de certains membres des Premières Nations34 et des communautés ethniques35.

Les trois temps de la Révolution tranquille

Revenons enfin sur la dimension temporelle de la Révolution tranquille. Quand commence-t-elle ? Quand se termine-t-elle ? Comment se déroule-t-elle ?

La mort de Maurice Duplessis ouvre la voie à tous ceux et celles qui, minoritaires jusqu’alors, souhaitent faire de l’État québécois un vecteur de mobilisation collective et le prometteur d’un bien commun fortement élargi. Le programme politique du PLQ, inspiré du document Pour une politique. Le programme de la Révolution tranquille rédigé par Georges-Émile Lapalme en 1959 acquiert alors une pertinence nouvelle. Entre 1959 et 197136, premier temps de la Révolution tranquille, les réformes politiques, économiques, sociales et culturelles sont lancées pour la plupart dans un mouvement du haut vers le bas, c’est-à-dire des élites définitrices vers les citoyens dont la majorité décide d’embrasser les changements proposés. Tournées vers les idéologies de rattrapage et d’émancipation collective, ces réformes contribuent au développement d’un fort sentiment d’appartenance et permettent la redéfinition des références identitaires au Canada français, puis au Québec francophone. Précisons un fait. Le relatif consensus autour de la création d’un État québécois interventionniste et providentialiste au sein des membres des élites définitrices et des différents acteurs de la société civile n’émerge pas de manière subite avec l’élection du 22 juin 1960. En effet, les réticences de l’Union nationale de Daniel Johnson à l’égard du projet de nationalisation de l’électricité en 1962 et surtout de la réforme du système d’éducation en 1963-1964 témoignent de l’existence de points de frictions au sein de certains groupes37. Si l’UN remporte les élections de 1966 en partie en raison de ces oppositions, le nouveau gouvernement Johnson fait toutefois fi de ses critiques et poursuit les grandes réformes sociales, politiques, économiques et culturelles entamées par ses devanciers.

Le phénomène des « années 1968 » bouleverse les valeurs sociales ambiantes au sein des différentes sociétés occidentales. La montée des mouvements sociaux et groupes de pression qui contestent l’ordre social établi et véhiculent de nouvelles valeurs apporte une coloration particulière à l’expérience québécoise. Entre 1967 et 197538, deuxième temps de la Révolution tranquille, le militantisme de nouveaux protagonistes québécois, dont un nombre grandissant de femmes et de membres des groupes ethnoculturels, apporte un souffle nouveau aux réformes entreprises dans les années 1960. Dans un mouvement qui part désormais du bas vers le haut, des membres de la société civile vers les responsables étatiques, la prise de parole de ces nouveaux protagonistes interpelle l’État. En exigeant que les responsables politiques et les technocrates s’intéressent à de nouveaux enjeux de société, ils s’investissent ainsi dans le champ politique pour définir et élargir le bien commun défendu par l’État en fonction de leurs propres valeurs et intérêts. Sous leur impulsion, les responsables politiques se penchent notamment sur une politique d’aménagement linguistique et de gestion de l’immigration, sur la lutte aux inégalités dans les rapports sociaux de genre, sur la conception d’un territoire partagé plus respectueuse des communautés locales, sur un partenariat avec les peuples autochtones ou encore sur la protection de l’environnement et des terres agricoles. Certes, les nouveaux protagonistes n’ont pas le pouvoir de tout changer, mais leur influence demeure importante.

La victoire du Parti québécois en novembre 1976, suivie de la formation du premier gouvernement de René Lévesque, représente la synthèse entre les aspirations des membres des élites définitrices et celles des nouveaux protagonistes issue du phénomène de la prise de parole citoyenne. Il faut dire que la députation péquiste reflète l’effectif du premier parti de masse au Québec, qui coalise plusieurs groupes hétéroclites parmi les membres des élites définitrices et les citoyens au sein de la Société civile : membres de la fonction publique, porte-paroles de groupes de pression, militants de mouvements sociaux, artistes, etc. Entre 1974 et 198339, troisième et dernier temps de la Révolution tranquille, le Parti québécois (PQ) et le gouvernement Lévesque font la synthèse des processus de la première et de la deuxième phases de la Révolution tranquille. Plusieurs militants considèrent le PQ comme un allié dans la mise en place de politiques sociales, culturelles et économiques qui poursuivent l’expansion de l’État-providence québécois. Ils apprécient également la sensibilité du gouvernement Lévesque à l’égard de la concertation, de la recherche du consensus et, jusqu’à un certain point, des idéaux – très balisés – de démocratie participative. De la Charte de la langue française au référendum sur l’avenir constitutionnel du Québec, en passant par la création du Bureau des audiences publiques en environnement (BAPE), la mise sur pied de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) ou encore l’élaboration d’une première véritable politique énergétique qui impose notamment un moratoire sur l’énergie nucléaire, ces interventions du gouvernement Lévesque sont ancrées dans l’histoire du militantisme des mouvements sociaux et groupes de pression depuis la fin des années 1960.

Le moment de la synthèse est toutefois éphémère. Alors que la récession économique de 1981-1983 éclate, l’action du gouvernement Lévesque brise paradoxalement l’expansion de l’État-providence québécois et met un terme au consensus entourant le bien-fondé des politiques sociales. En freinant l’augmentation des dépenses de l’État pour résoudre les déficits budgétaires dont les origines remontent à la crise énergétique des années 1973-1974 et à la période de stagflation qui s’en suit, le gouvernement Lévesque écarte alors les principes keynésiens qui ont pourtant servi de fondement à cette synthèse des intérêts. Comme les historiens Martin Petitclerc et Martin Robert le rappellent, « par une série de décisions autoritaires », le gouvernement péquiste « en vient à renier son “préjugé favorable aux travailleurs40” ». Les principes néolibéraux alors en vogue aux États-Unis de Ronald Reagan et en Grande-Bretagne de Margareth Thatcher, influencent donc les actions du gouvernement Lévesque et participent à la fin d’une époque. Ils encouragent également le PLQ à revoir les principes qui l’animent. Dirigé de nouveau par Robert Bourassa à partir d’octobre 1983, le PLQ adopte en partie le credo néolibéral, en plaidant pour la dérèglementation et la privatisation de certaines sociétés d’État après son élection en 1985.

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La Révolution tranquille n’est pas le produit des seules actions de quelques grands personnages. Les récentes études renforcent la vision de ceux qui plaident en faveur d’une longue Révolution tranquille. La Révolution tranquille doit être considérée comme la période entre 1959 et 1983 où il existe un consensus sociopolitique autour de l’État garant du bien commun. Cette approche permet de comprendre des processus autrement laissés dans l’ombre. Elle participe également à l’élargissement du nombre des protagonistes qui ont cherché à faire de l’État québécois le porte-étendard d’un bien commun élargi sous l’influence de nouvelles valeurs. La prise de parole et les transformations de la culture politique font partie de l’histoire de la Révolution tranquille, une histoire inspirante « pour la suite du Québec41 ».

 

 


1 Michael Behiels, « Duplessis, le duplessisme et la prétendue reconstitution du passé », dans Alain-G. Gagnon et Michel Sarra-Bournet (dir.), Duplessis. Entre la Grande Noirceur et la société libérale, Montréal, Québec/Amérique, 1997, p. 257-264 ; Léon Dion, La Révolution déroutée, 1960-1976, Montréal, Boréal, 1998 ; Fernand Ouellet, « La Révolution tranquille, tournant révolutionnaire ? », dans Thomas S. Axworthy et Pierre Elliott Trudeau (dir.), Les années Trudeau. La recherche d’une société juste, Montréal, Le Jour, 1990, p. 333-362.

2 Lucia Ferretti, « La Révolution tranquille », L’Action nationale, vol. 89, no 10, 1999, p. 59-91 ; Paul-André Linteau, « Un débat historiographique : l’entrée du Québec dans la modernité et la signification de la Révolution tranquille », dans Yves Bélanger, Robert Comeau et Céline Métivier (dir.), La Révolution tranquille. 40 ans plus tard : un bilan, Montréal, VLB éditeur, 2000, p. 21-41 ; Jacques Rouillard, « La Révolution tranquille : rupture ou tournant ? », Journal of Canadian Studies/Revue d’études canadiennes, vol. 32, no 4, 1998, p. 23-51.

3 Paul-André Linteau, loc. cit.

4 Gilles Paquet, Oublier la Révolution tranquille. Pour une nouvelle socialité, Montréal, Liber, 1999, 161 p.

5 Jean-Luc Migué : Étatisme et déclin du Québec : bilan de la Révolution tranquille, Montréal, Éditions Varia, 1999, 232 p. et Vincent Geloso, Du grand rattrapage au déclin tranquille : une histoire économique et sociale du Québec de 1900 à nos jours, Montréal, Éditions Accent Grave, 2013, 213 p. Il est à noter que l’économiste Pierre Fortin a fortement critiqué ces thèses. Voir notamment Pierre Fortin, « La Révolution tranquille et l’économie : où étions-nous, que visions-nous, qu’avons-nous accompli ? », dans Guy Berthiaume et Claude Corbo (dir.), La Révolution tranquille en héritage, Montréal, Boréal, 2011, p. 87-133 ; Pierre Fortin, « Compte rendu de Vincent Geloso, Du Grand Rattrapage au Déclin Tranquille…. », Bulletin d’histoire politique, vol. 22, no 2, 2014, p. 331-333.

6 Pour célébrer les 50 ans de la Révolution tranquille, le Gouvernement du Québec par l’entremise du ministère de la Culture et des Communications publie en 2010 une brochure rappelant les principaux événements de cette dernière, tous associés aux années 1960. Voir https://mcc.gouv.qc.ca/fileadmin/documents/publications/50ans-revolution-tranquille-depliant.pdf. Même constat du côté du site internet Le début d’un temps nouveau. La Révolution tranquille au Québec publié sous l’initiative du Musée québécois d’histoire populaire et du Musée virtuel canadien en 2012 : http://www.larevolutiontranquille.ca. La grande série radiophonique « La Révolution tranquille, 50 ans après » produite par Radio-Canada en 2010 considère que la mort de Daniel Johnson met un terme à la Révolution tranquille : https://ici.radio-canada.ca/premiere/grandes-series/239/larevolutiontranquille50ansapres.

7 Voir le site internet AlloProf : http://www.alloprof.qc.ca/BV/pages/h1190.aspx

8 Voir le site internet Sociétés et territoires du RÉCIT – UNIVERS SOCIAL : https://primaire.recitus.qc.ca/evenements/evenement/revolution-tranquille

9 Lucia Ferretti, loc. cit. ; Jacques Rouillard, loc. cit.

10 Jacques Rouillard, « La Révolution tranquille : rupture ou tournant ? », Journal of Canadian Studies/Revue d’études canadiennes, vol. 32, no 4, 1998, p. 23-51. Même constat pour le site encyclopédique Bilan du siècle dont le directeur est le politologue Jean-Herman Guay : http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pagesThematiques.jsp?theme=16

11 Léon Dion, op. cit.

12 Paul-André Linteau et al., Histoire du Québec contemporain. Tome 2 : Le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1989 ; Peter Gossage et J.I. Little, Une histoire du Québec. Entre tradition et modernité, Montréal, Hurtubise, 2015, chapitre 11 « Le début d’un temps nouveau », p. 299-343.

13 Ramsay Cook, « Has the Quiet Revolution Finally Ended? », Queen’s Quarterly, vol. 90, no 2, 1983, p. 333-342.ff

14 Parmi les plus importants, soulignons les publications suivantes : Yves Bélanger et Michel Lévesque (dir.), René Lévesque : l’homme, la nation, la démocratie, Québec, Presses de l’Université du Québec, 1992, 495 p. ; Robert Comeau, avec la coll. de Gilles Bourque (dir.), Jean Lesage et l’éveil d’une nation : les débuts de la Révolution tranquille, Québec, Presses de l’Université du Québec, 1989, 367 p. ; Robert Comeau, Michel Lévesque et Yves Bélanger (dir.), Daniel Johnson : rêve d’égalité et projet d’indépendance, Sillery, PUQ, 1991, 451 p. ; Guy Lachapelle et Robert Comeau, avec la coll. de Valéry Colas (dir.), Robert Bourassa : un bâtisseur tranquille, Québec, Presses de l’Université Laval, 2003, 409 p. ; Jean-Charles Panneton, Georges-Émile Lapalme, précurseur de la Révolution tranquille, Montréal, VLB Éditeur, 2000, 190 p. ; Alexandre Stefanescu (dir.), René Lévesque : mythes et réalités, Montréal, VLB Éditeur, 2008, 249 p. ; Dale C. Thomson, Jean Lesage et la Révolution tranquille, Montréal, Éditions du Trécarré, 1984, 615 p.

15 Voir entre autres Robert Comeau, Ivan Carel et Michel Martin (dir.), « Le RIN, parti indépendantiste, 1963-1968 », Dossier thématique, Bulletin d’histoire politique, vo. 22, no 3, printemps-été 2014, p. 11-101 ; Graham Fraser, Le Parti québécois, Montréal, Éditions libre expression, 1984 ; Alain Lavigne, Lesage, le chef télégénique. Le marketing politique « de l’équipe du tonnerre », Québec, Septentrion, 2014 ; idem, Bourassa et Lévesque. Marketing de raison contre marketing de passion, Québec, Septentrion, 2018, 192 p. ; Vincent Lemieux, Personnel et partis politiques au Québec : aspects historiques, Montréal, Boréal Express, 1982, 350 p. ; idem, Le Parti libéral du Québec : alliances, rivalités et neutralités, Québec, Presses de l’Université Laval, 2008 ; Michel Lévesque, Histoire du Parti libéral du Québec : la nébuleuse politique, 1867-1960, Québec, Septentrion, 2013 ; Réjean Pelletier, Partis politiques et société québécoise : de Duplessis à Bourassa, 1944-1970, Montréal, Éditions Québec/Amérique, 1989, 395 p.

16 Voir Michael D. Behiels, Prelude to Quebec’s Quiet Revolution : Liberalism versus Neo-Nationalism, 1945-1960, Montréal-Kingston, McGill-Queen’s University Press, 1985, 366p. ; Jean-Philippe Carlos, « “Exprimer la conscience d’un peuple” : le réseau des revues intellectuelles de droite et la question de l’indépendance nationale du Québec (1957-1968) », Mens, vol. 15, no 2, 2015, p. 7-47 ; Michael Gauvreau, Les origines catholiques de la Révolution tranquille, Montréal, Fides, 2008, 457 p. ; Xavier Gélinas, La droite intellectuelle québécoise et la Révolution tranquille, Québec, PUL, 2007, 486 p. ; E.-Martin Meunier et Jean-Philippe Warren, Sortir de la « Grande Noirceur ». L’horizon « personnaliste » de la Révolution tranquille, Québec, Septentrion, 2002, 207 p. ; Jacques Pelletier, Parti pris : une anthologie, Montréal, Lux, 2013 ; Martin Roy, Une réforme dans la fidélité : la revue Maintenant (1962-1974) et la « mise à jour » du catholicisme québécois, Québec, PUL, 2012 ; Jean-Philippe Warren et Andrée Fortin, Pratiques et discours de la contreculture au Québec, Québec, Septentrion, 2016, 266 p.

17 Stéphane Savard, Hydro-Québec et l’État québécois, 1944-2005, Québec, Septentrion, 2013 ; Stéphane Savard, « L’énergie nucléaire au Québec : débats politiques et conflits de représentations, 1963-1996 », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 69, no 3, hiver 2016, p. 5-33.

18 Martin Pâquet, Tracer les marges de la Cité. Étranger, Immigrant et État au Québec, 1627-1981, Montréal, Boréal, 2005, 317 p.

19 Voir notamment Frédéric Bastien, La bataille de Londres. Dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel, Montréal, Boréal, 2013 ; Kenneth McRoberts, Québec : Social Change and Political Crisis, 3e édition, Toronto, McClelland and Stewart,1988, 530p.; Valérie Lapointe-Gagnon, Panser le Canada. Une histoire intellectuelle de la commission Laurendeau-Dunton, Montréal, Boréal, 2018.

20 Marcel Martel et Martin Pâquet, Langue et politique au Canada et au Québec, Montréal, Boréal, 2010.

21 À ce sujet, voir notamment Réal Bélanger, « Pour un retour à l’histoire politique », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 51, no 2, 1997, p. 223-241.

22 Martin Pâquet et Stéphane Savard, Brève histoire de la Révolution tranquille, Montréal, Boréal [à paraître].

23 Magda Fahrni et Robert Rutherdale (dir.), Creating Postwar Canada. Community, Diversity and Dissent, 1945-1975, Vancouver, UBC Press, 2008 ; José Igartua, The Other Quiet Revolution. National Identies in English Canada, 1945-1971, Vancouver, UBC Press, 2006 ; Doug Owram, Born at the Right Time. A History of the Baby Boom Generation, Toronto, University of Toronto Press, 1996.

24 Dimitry Anastakis (dir.), The Sixties. Passion, Politics, and Style, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2008 ; Lara Campbell, Dominique Clément et Gregory S. Kealey (dir.), Debating Dissent : Canada and the Sixties, Toronto, UTP, 2012; Colin M. Coates (dir.), Canadian Countercultures and the Environment, Calgary, University of Calgary Press, 2016; Karen Dubinsky et al. (dir.), New World Coming. The Sixties and the Shaping of Global Consciousness, Toronto, Between the Lines, 2009; Marie Hammond-Callaghan et Matthew Hayday (dir.), Mobilizations, Protests and Engagements. Canadian Perspectives on Social Movements, Halifax et Winnipeg, Fernwood Publishing, 2008; Paul Litt, Trudeaumania, Vancouver, UBC Press, 2016; Brian D. Palmer, Canada’s 1960’s: The Ironies of Identity in a Rebellious Era, Toronto, University of Toronto Press, 2009.

25 David Austin, Nègres noirs, nègres blancs. Race, sexe et politique dans les années 1960 à Montréal, Montréal, Lux, 2015 ; Denyse Baillargeon, Repenser la nation. L’histoire du suffrage féminin au Québec, Montréal, Remue-ménage, 2019 ; Antoine Brousseau Desaulniers et Stéphane Savard (dir.), La pensée fédéraliste contemporaine au Québec : perspectives historiques, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2020 ; Marcel Martel et Martin Pâquet, Langue et politique au Canada et au Québec, Montréal, Boréal, 2010 ; Sean Mills, Contester l’empire : pensée postcoloniale et militantisme politique à Montréal, 1963-1972, Montréal, Hurtubise, 2011 ; Sean Mills, Une place au soleil : Haïti, les Haïtiens et le Québec, Montréal, Mémoire d’Encrier, 2016 ; Martin Petitclerc et Martin Robert, Grève et paix. Une histoire des lois spéciales au Québec, Montréal, Lux Éditeur, 2018 ; Jacques Rouillard, Le syndicalisme québécois : deux siècles d’histoire, Montréal, Boréal, 2004 ; Jean-Philippe Warren, Une douce anarchie : les années 68 au Québec, Montréal, Boréal, 2008 ; Jean-Philippe Warren et Andrée Fortin, op. cit.

26 Jean-Patrick Brady et Stéphane Paquin (dir.), Groupes d’intérêt et mouvements sociaux, Québec, Presses de l’Université Laval, 2017 ; Stéphane Savard et Jérôme Boivin (dir.), De la représentation à la manifestation. Groupes de pression et enjeux politiques au Québec, 19e et 20e siècles, Québec, Septentrion, 2014.

27 Au sujet du concept de « champ » et de celui de « champ politique », voir Pierre Bourdieu, « La représentation politique : éléments pour une théorie du champ politique », Actes de la recherche en sciences sociales, no 36-37 (février-mars 1981), p. 3-24 ; idem, Propos sur le champ politique, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2000.

28 Léon Dion, op. cit., p. 87-88 ; Jean-Philippe Warren, « Éditorial. Penser l’histoire politique au Québec avec Pierre Bourdieu : précisions conceptuelles et défis pratiques », Bulletin d’histoire politique, vol. 22, no 2 (hiver 2014), p. 7-21.

29 Composé des responsables gouvernementaux, des autres députés, des experts en communication et en science politique qui conseillent les élus, ainsi que des hauts fonctionnaires à la tête des ministères, des institutions publiques et parapubliques et des sociétés d’État.

30 Il s’agit des nombreux militants des partis politiques qui influencent grandement les plateformes électorales. Il s’agit aussi des acteurs des médias traditionnels, dont les journalistes producteurs d’opinions, qui ont un très grand rôle à jouer dans la transmission ou la critique des « messages » que cherchent à véhiculer l’État, les ministères, le gouvernement, les responsables politiques et les partis politiques.

31 Marcel Martel et Martin Pâquet, op. cit.

32 Frédéric Robert, « Port Huront Statement du Students for a Democratic Society: entre utopisme démocratique et programme politique novateur », dans Frédéric Robert (dir.), Révoltes et utopies : la contre-culture américaine dans les années 1960, Rennes, PUR, 2011, p. 83-99.

33 À ce sujet, voir notamment Denyse Baillargeon, Brève histoire des femmes au Québec, Montréal, Boréal, 2012 ; Idem, Repenser la nation…, op. cit.; Marie-Hélène Brunet, « Une histoire sans les femmes est une histoire désengagée », HistoireEngagée.ca, 22 novembre 2013 ; Andrée Lévesque, « Réflexion sur l’histoire des femmes dans l’histoire du Québec », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 51, no 2, 1997, p. 271-284 ; Idem, « La Révolution tranquille : une histoire réinterprétée et genrée », Possibles, vol. 35, no 1, 2011, p. 12-18.

34 Brian Gettler, « Les autochtones et l’histoire du Québec. Au-delà du négationnisme et du récit “nationaliste-conservateur” », Recherches amérindiennes au Québec, vol. 46, no 1, 2016, p. 7-18.

35 À ce sujet, voir notamment les travaux de deux jeunes chercheur.e.s qui rendent visibles les positions des leaders de certains groupes ethniques à l’époque de la Révolution tranquille : Simon-Pierre Lacasse, Les Juifs de la Révolution tranquille : regards d’une minorité religieuse sur le Québec de 1945 à 1976, Thèse de doctorat (histoire), Université d’Ottawa, 2020 ; Amanda Ricci, « Un féminisme inclusif ? La Fédération des femmes du Québec et les femmes immigrantes ou racisées, 1966-1992 », Bulletin d’histoire politique, vol. 25, no 3, 2017, p. 102-123.

36 De la mort de M. Duplessis au lancement du projet de la Baie James.

37 Comme l’ont notamment étudiée Léon Dion et Michael Gauvreau dans leur analyse de la réforme de l’éducation. Voir Léon Dion, Le Bill 60 et la société québécoise, Montréal, HMH, 1967 ; Michael Gauvreau, op. cit.

38 De l’Expo 67 et de la crise linguistique de Saint-Léonard à la Convention de la Baie-James et du Nord québécois.

39 Des contestations de la loi 22 sur la langue officielle au contexte explosif des années 1982-1983. La crise économique et budgétaire du début des années 1980 met un frein à l’expansion de l’État-providence. De leur côté, certaines mesures législatives entérinées par le gouvernement Lévesque à la fin de l’année 1982 et au début de l’année 1983 interdisent le droit de grève et réduisent les salaires des travailleurs de la fonction publique et parapublique.

40 Martin Petitclerc et Martin Robert, op. cit.

41 Termes utilisés par Simon Rainville dans Pour la suite du Québec, Québec, PUL, 2019, 220 p.

* Département d’histoire et CRIDAQ. UQAM

** Ce texte reprend et poursuit les éléments de réflexion développés dans une note de recherche et un article scientifique déjà publiés, ainsi que dans un livre à venir. Pour les textes, voir Stéphane Savard, « Histoire politique de la Révolution tranquille : quelques jalons pour une approche renouvelée », Bulletin d’histoire politique, vol. 25, no 3 (2017), p. 145-161 ; Stéphane Savard, « Rethinking the Quiet Revolution: The Renewal of Political History through the Expansion of the “Political Field” », Canadian Historical Review, vol. 100, no 4 (2019), p. 572-587. Au sujet du livre, voir Martin Pâquet et Stéphane Savard, Brève histoire de la Révolution tranquille, Montréal, Boréal [à paraître]. L’auteur tient à remercier le CRSH pour son soutien financier.

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