Numéros publiés en 2018

Pas de laïcité sans indépendance

Professeur de philosophie à la retraite. Auteure de Une charte pour la nation : la laïcite, un projet d’avenir publié aux Éditions du Renouveau québecois

Le 18 octobre 2017, dix ans après le dépôt du rapport Bouchard-Taylor et quelques tentatives avortées de légiférer sur ces questions d’accommodements et de laïcité (projet de loi 94 en 2010, Charte des valeurs en 2013), l’Assemblée nationale du Québec, grâce à la seule majorité libérale, adopte la Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État, auparavant appelée projet de loi 62. Les députés libéraux ayant rejeté tous les amendements proposés par les trois partis d’opposition, le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire (QS) ont donc voté unanimement contre cette loi qu’ils ont qualifiée de loi du Parti libéral.

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Pour la refondation du mouvement indépendantiste?

L’élection du 1er octobre annoncera une fin de cycle et un réalignement des forces politiques. L’échec électoral de la stratégie attentiste obligera des remises en question et une refondation du mouvement indépendantiste qui s’est perdu dans les incohérences et les tergiversations. Depuis 1995, les forces indépendantistes sont en déclin et ont entrainé le Québec dans un processus de régression politique en laissant le champ libre aux fédéralistes. Les dirigeants souverainistes ont réussi à transformer une presque victoire en déroute politique en devenant des promoteurs de l’autonomisme provincial. Ce faisant, ils se sont transformés en agents implicites de légitimation du fédéralisme canadien. Ils ont réussi à convaincre les Québécoises et les Québécois que rester dans le cadre canadien, ce n’était pas si grave, qu’on pouvait s’en accommoder.

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Pour découvrir le vrai visage de la Coalition avenir Québec

L’illusionniste Luc Langevin a publié début mars 2018 La science de l’illusion. Il y révélait quelques-uns de ces trucs qui nous échappent, mais qui finissent par engourdir notre cerveau reptilien. Ce grand magicien racontait par ailleurs qu’une grande partie du succès d’un illusionniste consiste à attirer l’attention du spectateur sur un geste posé par la main droite, alors que c’est la gauche qui s’active à tout autre chose.

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Situation de la question nationale

Une première version de ce texte est paru sur le blogue de l’auteur dans le Journal de Montréal, au début du mois d’août 2018.

Des années 1960 à la fin des années 1990, une question structurait la vie politique du Québec : comment corriger une situation d’injustice historique qui avait condamné le peuple québécois à une forme indéniable de subordination, que tous reconnaissaient, même si tous ne lui prêtaient pas le même poids. La trame fondamentale de notre vie politique était liée à la question nationale. Rares étaient ceux qui hésitaient à nous présenter comme un peuple conquis, qui devait renverser sa situation historique. Les uns nous présentaient ainsi comme des « nègres blancs d’Amérique », les autres parlaient simplement et peut-être trop sobrement de notre retard économique, mais personne ne contestait l’anormalité de notre situation nationale. On pourrait même dire que la mémoire de la Conquête, encore présente activement jusqu’au référendum de 1980, avait été réactivée par le coup de force de 1982, quand le peuple québécois s’était fait imposer une constitution contre sa volonté, au point même où aujourd’hui, elle n’est toujours pas signée.

Le souverainisme est mort, vive l’indépendance !

Chercheur postdoctoral

En quête d’informations pour étoffer le texte que vous avez entre les mains, j’ai décidé de réaliser un petit sondage maison non représentatif et non scientifique (on a bien le droit de s’amuser !). Le questionnaire était administré verbalement et comportait une seule question ouverte : À votre avis, quel sera l’enjeu principal de la prochaine élection provinciale au Québec ? Certes, les résultats obtenus étaient largement prévisibles : j’ai eu droit à une bonne dose d’économie, de santé et d’éducation. D’autres réponses, provenant surtout des cohortes les plus jeunes, furent plus surprenantes : la réforme du droit, l’aide médicale à mourir, la santé mentale, les droits des minorités. Pas forcément ce qu’on considérait jadis comme les grandes priorités gouvernementales. Mais ce qui frappait le plus dans ce méli-mélo, c’était l’absence totale de la souveraineté.

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action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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