Janvier 2015

Vol. CV, no 1

Le bilinguisme rend-il riche ?

L’insertion dans le réseau anglais explique le succès du bilinguisme

Mythe ou réalité ? Le bilinguisme aurait permis aux francophones de réaliser une fulgurante ascension socio-économique, de rattraper et de dépasser les anglophones, de prendre le contrôle de leur propre économie...

Ce n’est pourtant pas l’acquisition de l’anglais qui a permis aux francophones de mieux performer économiquement, mais plutôt l’intégration de bon nombre d’entre eux au sein d’un réseau d’institutions et d’entreprises de langue anglaise en sérieux mal de main-d’œuvre.

La communauté d’origine protestante (essentiellement britannique) et ses privilèges historiques ont servi de socle sur lequel s’est greffé et développé un réseau d’institutions et d’entreprises fonctionnant en anglais. Cette communauté a connu une réduction spectaculaire. Ce faisant, sa « disparition » a ouvert la voie à l’implantation d’un réseau complet de services publics de langue anglaise, offrant des centaines de milliers d’emplois à plus de 800 000 « néo-anglophones ». Et comme tous les anglophones ne font pas nécessairement ni uniquement partie du réseau de langue anglaise, l’explosion du nombre d’anglophones a entraîné la bilinguisation des services de langue française, facilitant la vie en anglais partout sur le territoire québécois. Sans cette redéfinition de la communauté, sans l’extension du réseau de langue anglais et sans la bilinguisation du réseau de langue française, phénomènes permettant à l’anglais de renforcer son statut de langue de travail nécessaire et incontournable, les exigences de bilinguisme au Québec se seraient presque exclusivement limitées aux emplois jouant le rôle d’interface1 entre le Québec et le monde anglophone qui l’entoure.

Les beaux jours de la communauté d’origine britannique appartiennent désormais au passé. À l’opposé, ceux de la communauté anglophone ont fait preuve d’une vitalité extraordinaire, laissant entrevoir un avenir des plus prometteurs.

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Éditorial - Nous n’aurons pas honte

2015janvier250La grogne commence à monter. Le ras-le-bol s’affirme de plus en plus crument. On commence à en avoir assez de la morgue des idéologues qui sacrifient aux idoles du marché et nous assènent des évidences comptables comme les zélotes pérorent sur le pas des portes pour satisfaire aux normes sectaires du prosélytisme. On la sent bien la hargne rentrée à l’endroit de ce qui pourrait encore évoquer les aspirations que nous avons déjà eues de ne point nous satisfaire de la médiocrité.

Le discours de ce gouvernement, ses non-dits, ses sous-entendus, ses allusions malveillantes, tout cela donne à son arsenal idéologique une redoutable efficacité. Il distille la déprime pour mieux remettre le peuple à sa place.

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Commentaire sur les discours de Québec inclusif

qiCes lignes sont écrites à la mi-décembre 2014. L’ambiance est à l’austérité libérale. Cela n’a rien de joyeux, mais des citoyens et des militants peuvent se réjouir d’une chose. Les sermons des blogueurs et sympathisants de Québec inclusif se font plus rares. Il y a un an, tout sympathisant de la charte des valeurs se retrouvait souvent exposé aux discours de ce groupuscule dédié à « la sensibilisation et la mobilisation de la population face aux enjeux liés à la diversité, l’inclusion et au respect des droits de la personne[1] ». Maintenant que ce débat est passé, nous revenons sur des propos affichés par cet organisme et ses membres. L’exercice est pertinent puisque ces discours, bien que plus discrets qu’avant, ont toujours cours aujourd’hui et laissent leur trace dans les débats publics et les réseaux sociaux. Ces discours se réclament de la tolérance, du pluralisme et de l’ouverture, mais semblent surtout servir à diaboliser des idées et des personnes. Le lecteur doit noter que, dans les prochains paragraphes, nous emploierons souvent le terme « inclusif ». Nous utiliserons ce mot pour désigner les idées et propos déployés par les membres de Québec inclusif, ni plus ni moins.

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La réalité n’est pas une idéologie

Artiste en art visuel, intervenant social, animateur, auteur

Qu’est-ce qu’une idéologie ? Le Petit Larousse nous dit que c’est un « système d’idées constituant un corps de doctrine philosophique et conditionnant le comportement individuel et collectif ». Le Petit Robert apporte d’autres éléments éclairants dans la définition qu’il en donne : « Ensemble des idées, des croyances et des doctrines propres à une époque, à une société ou à une classe ». L’idéologie est un corps d’idées normatif qui a le pouvoir (on lui donne ce pouvoir ?) de conditionner une population donnée dans sa façon de penser et dans son comportement. Les systèmes d’idées sont cependant relatifs puisqu’associés à une époque, une société ou une classe dominante. Par conséquent, cela signifie qu’ils sont mouvants, en continuelles transformations, impermanents et donc appelés à disparaître et à faire place à de nouvelles idéologies.

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Notre Père, la Couronne

Geneviève Mckenzie Sioui est une artiste innue-wendat installée à Wendake depuis de nombreuses années. Elle a produit des documents de plusieurs formats : vidéos, films, chansons, etc. qui ont circulé dans les écoles autochtones à travers le Canada. François Sioui, autodidacte huron-wendat amoureux de l’histoire, réside à Wendake. Une version de ce texte a été présentée par G. Mckenzie Sioui à l’invitation du Mouvement Démocratie Souveraineté, le 14 octobre 2014, à Montréal.

NOTRE PÈRE, LA COURONNE, par la grâce de Dieu, Souverain du Québec et du Canada, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut !

MAÎTRE DE SON DESTIN DURANT DES MILLÉNAIRES, CONFRONTÉ À L’EXISTENCE, L’ABORIGÈNE NE SE SOUMET PAS,
IL S’ACCOMMODE DE L’HISTOIRE !

Au solstice d’hiver 2012, les tambours de l’enfant rouge résonnent d’un seul frappement à travers le pays : le bâton de parole a parlé, on est tous dans la danse, Idle no more : l’Ours est debout[1] ! Les tambours s’entrelacent, fini d’errer comme des spectres : Ô Canada, vois-moi, j’existe !

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action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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