Cahiers de lecture

Été 2019 - Lire l'été

Le ciel était morose. La journée s’étirait. Mais pas la réunion. Il a fallu une sonnerie impromptue pour rappeler l’équipe à l’ordre. Nos échanges avaient duré plus de deux heures et personne ne s’en était rendu compte. Le comité de rédaction des Cahiers était entré en phase passion. Les discussions avaient emporté tout le monde. Nous avions à revoir et sélectionner les textes pour composer le sommaire du présent numéro et c’est Le Québec à 5 km/h qui a tout déclenché. Nos expériences de lecture, nos récits de randonnée pédestre, le plaisir de profiter des paysages, tout cela partait dans...

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Juin 2019

Génération 2012

Maîtrise science politique, UQAM

En 2012, une génération qu’on disait endormie se serait réveillée. Sans crier gare, elle aurait pris le chemin de l’existence. Cette génération était donnée pour morte, enterrée sans avoir vécu. Entre autres choses, on disait d’elle qu’elle n’avait pas l’esprit de groupe. Les forces jeunes se seraient alors déployées : elles devaient propulser une génération hors des mains rugueuses de celui qu’elle croyait être un parâtre, Jean Charest. Au Québec, un mythe s’est construit autour de l’année 2012, surtout dans l’esprit des étudiants, mais aussi dans l’imaginaire populaire. Je n’entends pas ici faire le récit de la plus importante grève étudiante de l’histoire du Québec. Cette suite d’événements est à la fois un départ et un sommet dans le parcours de cette génération à laquelle j’appartiens par acte de naissance. Une conscience qui s’éveille ne sait pas tout du monde qui l’entoure. Le récit qui précède cette prise de conscience générationnelle importe en ce qu’il permet d’éclairer le rapport de la « génération 2012 » à la société québécoise.

Gérard Bouchard ou penser dans l’œil de l’autre

« Qu’est-ce que les autres vont penser ? ». Cette question, combien de fois l’ai-je entendue durant mon enfance et mon adolescence ? D’ailleurs, ce n’était pas du tout une question, mais plutôt la formule incantatoire par laquelle ma défunte mère tentait d’échapper, par le biais du langage, à la dure réalité qui l’accablait ; une parole de fuite qui l’aidait sans doute, en sublimant son malheur dans un « on » anonyme (les autres), à en supporter le poids. Je me souviens à quel point, à l’époque, ces mots-là me hérissaient, sans que je sache trop pourquoi. Plus tard, devenu adulte, j’ai compris que la question tout oratoire de ma mère traduisait au fond sa profonde aliénation. Prisonnière des habitus du milieu dans lequel elle avait grandi, elle ne pensait que dans l’œil de l’autre. À son insu, elle disposait toutefois d’un parfait alibi. Née en 1921 dans la pauvreté, elle avait dû quitter l’école en quatrième année pour travailler et subvenir aux besoins de ses onze frères et sœurs. Sa vie de Canadienne française ne fut pas facile, plus misérable et plus étouffante encore que celle des Belles-Sœurs de Michel Tremblay.

Le Canada a-t-il vraiment sauvé les meubles ?

à propos de l’Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique

Le présent texte sur le récent Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) apporte un point de vue différent par rapport à celui diffusé à grande échelle par nos médias d’information souvent contrôlés par des intérêts fédéralistes ou encore par certains journalistes et chroniqueurs peu spécialisés dans les questions économiques ou inféodés au régime en place.

Le chroniqueur et ex-éditorialiste en chef du journal Les Affaires, Jean-Paul Gagné, écrivait le 20 octobre 2018 que le Canada venait de sauver les meubles, mais avouait toutefois que les É.-U. conservaient le droit d’imposer des tarifs douaniers de 25 % sur l’acier, de 10 % sur l’aluminium et de 20,9 % sur le bois d’œuvre ! Selon M. Gagné, la principale concession que le Canada aurait faite aux États-Unis concernait nos produits laitiers. Le Canada a donné accès à 3,6 % de son marché, aux produits laitiers et fromagers américains, mais a conservé la gestion de l’offre. Rappelons qu’il avait déjà accordé 2 % de son marché aux produits laitiers des pays de l’Union européenne lors du récent traité de libre-échange signé avec eux. De plus, en 2016, le Canada ouvrait 3,2 % de son marché aux produits laitiers du Partenariat transpacifique1. Au total, les producteurs laitiers de ces trois entités commerciales auront accès à 9 % du marché canadien du lait et environ 50 % des producteurs laitiers canadiens affectés proviennent du Québec2.

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