Articles de Septembre 2020

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Prévisions des effectifs au collégial. Un modèle trompeur

Frédéric Lacroix - avatar Frédéric Lacroix > Cégeps 101

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) utilise un modèle de prévision des effectifs au collégial pour guider le développement futur du réseau. Ce modèle, qui ne tient pas compte de la dynamique linguistique qui se déploie actuellement au Québec et à Montréal en particulier, minimise le développement futur et la place grandissante qu’occupent et qu’occuperont les cégeps anglais au Québec.

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Éditorial - Rien ne va plus

Robert Laplante - avatar Robert Laplante > Septembre 2020

version PDF La légitimité du français au Québec ne va plus de soi. Tout au plus a-t-elle reçu quelques tièdes acquiescements quand une force politique avait entrepris d’en faire un enjeu d’État et pas seulement une affaire d’épanchements existentiels. La force aura été vacillante au point de devenir évanescente, plombée par la lutte acharnée menée contre notre peuple par l’État canadian et ceux qui le servaient et continuent de s’en réclamer, certes, mais surtout effarée de ce que l’expression de la volonté de puissance lui laissait entrevoir. Ottawa a bien saisi la menace. Les démissionnaires s’en sont fait un matériau.

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Martine Ouellet. Horizon 2030

Daniel Gomez - avatar Daniel Gomez > Comptes rendus de Septembre 2020

Martine OuelletHorizon2030. Choisir un Québec climato-économiqueMontréal, Québec Amérique, 2019, 117 pages Martine Ouellet est ingénieure. Elle a œuvré chez Hydro-Québec en efficacité énergétique et a été députée du Parti québécois et ministre des Ressources naturelles. On peut sans risque la qualifier de « grosse pointure » en ce qui concerne le développement écologique. C’est aussi une fervente militante écologiste pour qui il ne fait pas de doute qu’Il y a urgence en la matière ; mais pour que le Québec puisse faire pleinement face à cette urgence, il est impératif qu’il fasse son indépendance.

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La question corse entre autonomie et indépendance

Thierry Dominici - avatar Thierry Dominici > Septembre 2020

La Corse, île du Mare Nostrum de moins de 9000 km2 et d’environ 360 000 habitants, a adhéré très tôt à l’esprit de la République française (le 30 novembre 1789). Pourtant, pour la majorité des Français continentaux, l’île de Beauté est un territoire où règne l’anarchie sociale, la gabegie, la vendetta et le non-droit, le clientélisme, le banditisme et les violences des indépendantistes, auxquels vient se mêler paradoxalement en surimpression le tableau d’une région à la nature préservée, paradis du vacancier en quête de repos et d’authenticité. Influencée par ces images tirées de la littérature du XIXe siècle, une grande majorité de l’opinion nationale imagine l’ensemble des insulaires (originaires et habitants de l’île) comme étant une communauté fière et fruste aux mœurs souvent belliqueuses et archaïques. Étrange perception des insulaires, alors que ce n’est qu’à partir des années 1970 que l’idée qu’il existe une « question corse » dans l’ensemble national français a été popularisée et politisée...

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Le Big Brother canadien : rapport Yale sur l’avenir des communications au Canada

Denis Monière - avatar Denis Monière > Septembre 2020

Le 29 janvier 2020, un groupe d’experts nommés en juin 2018 remettait aux ministres de l’Innovation et du Patrimoine du Canada, Navdeep Bains et Steven Gilbeault, un rapport visant à affirmer la souveraineté canadienne en matière de technologies numériques et à moderniser les lois régissant le secteur des communications au Canada. Avec la pandémie qui s’est imposée à l’ordre du jour dans les semaines qui ont suivi, ce rapport est passé sous le radar et n’a pas soulevé de débats. Il risque toutefois d’être lourd de conséquences puisqu’il touche un secteur névralgique pour le développement économique et culturel du Québec.

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Confinement et indépendance

Rémi Villemure - avatar Rémi Villemure > Septembre 2020

Au tout début du tome 1 de Mes Mémoires (1878-1920), Lionel Groulx évoque l’enfance, qui fut la sienne, de façon merveilleuse. Élevé sur une petite ferme de la région de la Montérégie, celui qui deviendrait un jour l’intellectuel québécois le plus influent de la première moitié du XXe siècle se disait, dès son plus jeune âge, « prisonnier joyeux de son petit horizon ». Jusqu’à tout récemment, la formule empruntait à l’oxymore ses lettres de noblesse. Si elle prenait tout son sens au fil de la découverte de l’œuvre du chanoine, elle avait tout de même de quoi perturber le jeune lecteur de cette vaste composition. Puis, les temps ont changé.

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Le localisme : quel modèle pour le Québec ?

Pascal Leduc - avatar Pascal Leduc > Septembre 2020

La crise sanitaire actuelle a plongé le Québec dans une profonde réflexion sur la gestion de son économie. À gauche comme à droite, on s’interroge sur la meilleure façon de promouvoir l’économie locale, de réduire la dépendance internationale sur les biens et produits sensibles tout en continuant de favoriser le flux des échanges économiques transfrontaliers. À moins de fréquenter les gens à gauche de la gauche, on ne trouve plus personne pour militer pour des mesures protectionnistes traditionnelles comme les nationalisations, la réglementation accrue, la hausse des barrières tarifaires et la taxation du grand capital pour stimuler et protéger l’économie locale. Le localisme ou la promotion d’une économie de proximité devient alors beaucoup plus complexe à définir et à élaborer en une stratégie cohérente qui aura un effet structurant et directeur sur les politiques industrielles, le support aux entreprises, la fiscalité.

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Marc Chevrier. L’empire en marche

Nicolas Bourdon - avatar Nicolas Bourdon > Comptes rendus de Septembre 2020

Marc ChevrierL’empire en marche. Des peuples sans qualités de Vienne à OttawaQuébec, Les Presses de l’Université Laval, 2019, 648 pages Le politicologue et essayiste Marc Chevrier a fait paraître en novembre 2019 aux PUL, en coédition avec Hermann à Paris, L’empire en marche, des peuples sans qualités de Vienne à Ottawa, un ouvrage magistral dans lequel il jette un regard nouveau et corrosif sur nombre de fédérations dont le Canada. Selon lui, l’empire n’est pas mort, il a simplement changé de nom. Alors que beaucoup considèrent le Canada comme une fédération et, qui plus est, une fédération exemplaire qui prend soin de ses minorités, Chevrier estime au contraire qu’il est un empire.

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Distanciation nationale

Philippe Lorange - avatar Philippe Lorange > Septembre 2020

Les Québécois forment un drôle de peuple. À plusieurs reprises, on nous a dépeints comme étant habités de désirs contradictoires, et d’une incapacité à trancher. Nous voulons un Québec libre dans un Canada uni, comme disait l’autre. Ce trait d’ambiguïté révèle peut-être une forme d’immaturité collective et le signe d’une conscience nationale détournée, mais toujours tapie au fond de notre être. Notre intuition la plus haute, dans des moments fugitifs, sait ramener nos aspirations fondamentales à la conscience dans les temps d’adversité. La crise du coronavirus montre comment notre peuple est capable du meilleur comme du pire, mais aussi que son destin national n’est pas encore résolu. Entre le ti-counisme des ruées vers le papier hygiénique et la générosité spontanée des milliers de C.V. au réseau de la santé et de la mobilisation pour les des dons de sang, on dirait que le Québécois ne connaît pas de juste milieu.

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La loi 101 au cégep. Une question de cohérence

Yannick Lacroix - avatar Yannick Lacroix > Cégeps 101

Professeur de philosophie au Cégep de Maisonneuve. Version remaniée d’un texte paru au mois de juin 2020 sur le site internet de la revue Argument. Au mois de juin dernier, la présidente de la Fédération des enseignantes et des enseignants de cégep (FEC-CSQ) réagissait à l’annonce d’un agrandissement du cégep Dawson prévu par la loi 61 (pour le moment suspendue) dans les pages du Journal de Montréal : ce projet, écrivait-elle, « n’est pas à favoriser ». Elle écartait cependant, d’un même mouvement, l’idée d’étendre la loi 101 au collégial : il y aurait en effet « d’autres pistes à explorer afin de préserver ce qu’il reste encore du fragile équilibre linguistique et de la coordination dans le réseau des cégeps1. »

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2012printemps250On avait déjà vu les artistes faire une balade en autobus à Ottawa pour tenter de faire comprendre aux élus tout ce qu’il y a de pervers dans le projet de loi C-11 qui vise à « moderniser » la Loi sur le droit d’auteur. Un clip au journal télévisé, quelques rapides extraits d’entrevues avec quelques-unes des « vedettes préférées » et puis… Et puis le carrousel médiatique a continué de tourner, et la Chambre des communes a continué de rester étrangère à ce que nous sommes comme à ce qui nous concerne. Et puis, sous la signature de Gaston Bellemare, président de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), d’Aline Côté, présidente du comité du droit d’auteur et de Richard Prieur, directeur général, Le Devoir du samedi 10 mars publiait un texte d’une grande lassitude sur le droit d’auteur. « Il s’efface dans le confort et l’indifférence », déplorent-ils, ce droit d’auteur si crucial pour assurer l’intégrité des œuvres et la juste rémunération des créateurs.

C’est malheureux d’avoir à l’écrire, mais il se pourrait bien qu’ils aient raison. On en convient, le sujet est assez ardu, sa discussion terriblement technique et les pièges et périls que dresse le projet de loi ne sont pas toujours faciles à saisir pour les profanes. En gros, les enjeux tournent autour de l’impact des nouvelles technologies sur les conditions de diffusion des œuvres, sur la nécessité de produire de nouveaux outils réglementaires pour contrer le mésusage et s’assurer que les créateurs soient justement rémunérés. Sous prétexte de se soucier d’élargir l’accessibilité, le projet de loi procède en fait d’une philosophie de libéralisation qui ouvre toute grande la porte aux abus des marchands et diffuseurs qui pourront traiter les contenus comme une vulgaire matière première qui ne trouverait sa valeur que par les bons offices d’une intermédiation marchande sans entrave.

Le contenu important moins que le support et les canaux qui le diffusent, le droit d’auteur, dans ce projet de loi, non seulement se rétrécit, il est dénaturé par des artifices juridiques qui faciliteront les voies de contournement, en particulier pour les maisons d’enseignement. Il ne s’agit pas là d’avocasseries sans conséquence : des millions de dollars sont en jeu en ce qui concerne les revenus des créateurs. Pis encore, la nature même des œuvres est menacée, ne faisant d’elles qu’une vulgaire marchandise modelable et remodelable au gré des fantaisies marchandes susceptibles de rapporter.

On aurait pu s’attendre à ce que notre ministre de la culture monte au créneau pour mener la bataille. On aurait attendu d’elle qu’elle fasse le travail de sensibilisation et de pédagogie nécessaire pour que l’ensemble des citoyens saisisse bien ce que ce projet de loi aura de néfaste pour notre vie culturelle. Nous aurons eu droit à son habituelle molassonnerie et à une lettre que Le Devoir reproduit à la suite de celle des responsables de l’ANEL. Elle déplore, la dame. Elle plaide la reconnaissance de notre spécificité et se répand en lieux communs sur les bouts de précédents qui pourraient laisser attendre un peu de compréhension de la part d’Ottawa. Une misère. Une catastrophe que cette posture de quémandeuse.

Le projet de loi C-11 ne constitue qu’une pièce supplémentaire à la machinerie de broyage de notre identité et de réduction/normalisation de nos institutions. La voie canadian est mortifère pour notre dynamisme culturel. Ce projet de loi sera adopté, c’est certain. Nous sommes non seulement minorisés à jamais dans ce régime, nous y sommes quantité négligeable et les compromis qui pourraient éventuellement être arrachés, ne le seront jamais que parce qu’ils sont jugés acceptables et inoffensifs par une majorité que notre sort, au mieux, indiffère, au pire, agace et exaspère. Et ces compromis, si jamais ils sont faits, ne serviront qu’à brouiller encore davantage les perceptions de ce qui serait vraiment nécessaire pour qu’un arrangement institutionnel reflète adéquatement ce que nous sommes et voulons être.

Dans toute cette lamentable affaire, il y a aussi l’indolence de nos juristes à pointer du doigt. Le combat des créateurs aurait été mieux compris – et peut-être aurait-il mieux limité les dégâts – si le Barreau du Québec, les professeurs de droit et les avocats qui vivent dans l’orbite du monde de la culture et des communications avaient vraiment mené bataille. On aurait pu s’attendre à ce qu’ils contribuent à mieux faire saisir la portée de ce projet de loi et les préjudices qu’il portera non seulement aux créateurs, mais aussi aux institutions et conceptions juridiques qui devraient normalement servir notre intérêt national. La bataille du droit d’auteur aura donc souffert du même esprit velléitaire que celui qui prévaut dans le reste de notre vie collective. Ce n’est plus, trop souvent, que sur le mode de la lamentation lasse que s’exprime notre point de vue sur la politique de ce Canada à laquelle trop de Québécois portent une attention distraite et sur laquelle ils jettent un regard d’étrangers mal informés.

***

Il faudra bien un jour en revenir de tous ces consentements au rapetissement. Il faudra bien un jour s’arracher à ce statut de minoritaire à perpétuité. Et cela se fera parce que le travail de création l’exige. Rien d’authentique ne peut naître du reniement de soi. La mémoire, en art comme dans toutes les autres dimensions de la vie culturelle, remplit un rôle essentiel : c’est parce qu’elle peut être mise en procès – au double sens de l’expression – que peut s’inventer l’avenir qui n’est, somme toute, que la mise en œuvre du sens de ce qui nous a portés pour donner de la signification aux trajets que nous voulons inventer.

À la veille d’un printemps incertain, il n’y avait pas meilleur moyen de sortir de l’hiver morveux qui est encore le nôtre que de relire certains parcours de l’art et des artistes qui ont contribué à nous faire tels que nous pourrions encore nous dépasser. On trouvera donc dans ce numéro de quoi se nourrir de la vie et des œuvres de créateurs qui continuent d’élargir nos horizons. Et nous ne bouderons pas notre plaisir en vous offrant aussi quelques extraits du scénario inédit à paraître d’un grand cinéaste : Pierre Falardeau.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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Mémoires 2019