Numéro du centenaire

2017janvierfevrier250

L'exceptionnel numéro du centenaire, grand format couleur, retrace l'évolution de la pensée nationale sur tout un siècle.

 

Allocution de Robert Laplante lors du lancement
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Articles en ligne

FAIRE FACE

Un numéro entièrement consacré à la situation politique pour les indépendantistes après le scrutin du 7 avril 2014
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Éditorial - Pour une prochaine feuille de route

2014avrilmai250Nommer les choses, c’est construire le monde. Les mots portent, au moins autant qu’ils nous portent. Dire pays n’est pas innocent. Dire combat non plus. Le pays du Québec n’est ni un rêve ni une chimère, c’est un combat. À l’heure où trop d’esprits s’embrouillent devant la tournure des événements, il n’est pas inutile de rappeler, comme le faisait si admirablement Pierre Perrault, que la trame même de notre existence nationale se lit d’abord dans l’affrontement impitoyable pour « la conquête du territoire de l’âme ».

Penser la conjoncture nous fait d’abord l’obligation de bien choisir nos mots. Depuis toujours, notre existence nationale et notre aspiration à la liberté sont présentées comme des ambitions contraires à la Raison, à l’Histoire, à la Modernité, aux Valeurs universelles, à l’ordre des choses où le Canada nous place. Il est donc essentiel de revenir à la vérité élémentaire du langage : accepter de nommer l’indépendance comme un rêve, de laisser désigner les mobilisations inconstantes comme des fièvres passagères, c’est se voir et se définir dans l’œil et la rhétorique des adversaires. L’aspiration à l’indépendance, la volonté de vivre dans la plénitude de son être n’ont rien à voir avec les mouvements d’humeur épisodiques. Elles pointent et expriment une réalité existentielle, une nécessité vitale. L’indépendantisme ne renvoie pas à autre chose qu’à ce que nous sommes et voulons être.

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La reine était nue!

Les auteurs sont respectivement président et secrétaire du SPQ Libre

La déconfiture de Pauline Marois, lors de la dernière campagne électorale, rappelle le conte d’Andersen, Les Habits neufs de l’Empereur.

Dans ce conte, des charlatans avaient convaincu le roi qu’ils étaient en mesure de tisser une étoffe que seules les personnes sottes et incapables dans leurs fonctions ne pouvaient pas voir. Le roi et ses conseillers feignirent de voir le tissu de peur de passer pour des imbéciles.

La confection du vêtement terminé, le roi ainsi « vêtu » se présenta, accompagné de ses ministres, devant son peuple qui, lui aussi, prétendit voir et admirer ses vêtements, jusqu’à ce qu’un petit garçon ose dire la vérité : « Le roi est nu ! » Et tout le monde lui donna raison. L’empereur comprit sa méprise, mais continua sa marche sans dire un mot.

Avec la déclaration souverainiste de Pierre-Karl Péladeau, Pauline Marois croyait qu’elle venait de revêtir les « habits neufs » du projet indépendantiste que « seules les personnes sottes et incapables dans leurs fonctions » ne pouvaient pas voir. Mais, il ne fallut que deux jours de campagne pour que la population réalise que « la Reine était nue » !

Mme Marois parla de frontières, de monnaie et de passeport, c’est-à-dire des modalités de l’accession du Québec à l’indépendance, mais n’avait rien à dire sur le pourquoi du projet indépendantiste.

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Le fruit amer des inepties du Parti québécois

La sévère défaite électorale subie par le Parti québécois n’est pas la défaite du projet indépendantiste. Il ne faut pas confondre la finalité et l’outil. Ce dernier peut s’émousser, mais l’autre rester nécessaire. Faut-il rappeler à cet égard qu’après l’échec du référendum de 1980, le soutien à la souveraineté était tombé tellement bas que les maisons de sondage ne posaient même plus la question ? Dix ans plus tard, avec l’échec du lac Meech, l’appui à la souveraineté atteignait 70 %. Il faut aussi savoir qu’à chaque défaite du Parti québécois, des gens qui nous veulent du bien proclament la mort de la souveraineté. Certes, un échec est démoralisant, mais la démocratie a ceci de merveilleux qu’on peut se reprendre à la prochaine élection.

La vie des partis politiques est traversée de victoires et d’échecs et ils réussissent habituellement à apprendre de leurs erreurs et à retrouver le chemin de la victoire. Rappelons à cet égard le cuisant désastre électoral du Parti conservateur en 1993 qui s’est retrouvé avec deux députés et 16 % des votes ou encore celui des libéraux fédéraux en 2011 qui ont perdu leur statut d’opposition officielle et se sont retrouvés en troisième position derrière le NPD. Alors, pourquoi dramatiser les résultats du 7 avril et faire un lien entre cette débâcle et la fin de l’indépendance ? Ceux qui jouent les Cassandres ne prennent-ils pas leurs angoisses pour des faits acquis ?

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That is the question

Une fois de plus, le peuple québécois s’est défait, sans avoir la conscience d’avoir perdu une nouvelle bataille, puisque le combat était sans enjeu. En effet, la question nationale, c’est-à-dire la seule question vitale pour un peuple dominé par des puissances hostiles aux fondements de son existence, à son histoire, à sa langue et sa culture, à ses besoins et intérêts, a une fois de plus été évacuée des plateformes et débats de la dernière campagne électorale.

Avec le résultat qu’une fois de plus, le peuple québécois cautionne l’emprise des forces adverses sur son maintien dans la dépendance, en même temps qu’il s’enferre dans son sentiment d’une impuissance chronique à changer le cours de son histoire.

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Triste apostille

Il y en a qui sont nés
pour ne jamais sortir du ventre de leur mère
ou de leurs certitudes

– Gérald Godin, « Re-né »

Le programme printanier des Éditions du Boréal a fait en sorte que mon essai Remettre à demain. Essai sur la permanence tranquille au Québec paraisse le 8 avril dernier. Le lendemain des élections. J’ai eu la bonne idée d’y écrire, au détour d’une page, que le retour de Philippe Couillard et des libéraux aux commandes de l’État était possible. Belle police d’assurance qui me permettait de donner un semblant de pérennité à un essai relié çà et là à une actualité chevrotante. Surtout, il fallait être cohérent avec la thèse du bouquin : le Québec a sans cesse oscillé entre une peur terrible de disparaître et une étonnante confiance en son éternité, à telle enseigne qu’il s’est constitué un petit domaine en dehors du temps, sans véritable commencement ni fin. C’est ce que Pierre Vadeboncœur, dans son essai La dernière heure et la première (1970), nommait la « permanence tranquille » du peuple québécois. À force de se faire dire par ses élites que sa mission en Amérique était providentielle, qu’il devait maintenir « sur les hauteurs le drapeau des antiques croyances, de la vérité, de la justice, de cette philosophie qui ne vieillit pas parce qu’elle est éternelle », pour reprendre les mots de Mgr Paquet, ce peuple s’est convaincu qu’il n’avait pas à fonder quoi que ce soit. Il était là, déjà, de toute éternité et de tout repos. Avec l’émergence de la modernité québécoise, à partir des années 1930 au moins, la mission et le prosélytisme ont pris le bord, mais le sentiment d’éternité est, je crois, resté tapi au fond de nous-mêmes. La conséquence est simple : on peut toujours remettre à demain les décisions qui s’imposent parce que du temps, on n’en manquera jamais. C’est ainsi que les chantiers inachevés abondent : rébellions de 1837 et 1838, républicanisme, laïcité, Révolution tranquille, indépendance.

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Les effets dévastateurs du Plan B

Après le référendum de 1995 et le résultat que l’on connait, le Canada a mis en branle son plan B : il s’agissait pour le gouvernement fédéral non pas de répondre aux demandes du Québec ou de l’amadouer en répondant à ses demandes traditionnelles, mais de lui mettre des bâtons dans les roues supplémentaires dans sa quête d’indépendance politique. « Clarity Bill », achat des consciences, invasion des champs de compétence du Québec, etc. Les fédéralistes ont sorti les bulldozers. « Nous étions en guerre » comme l’a si bien dit Chuck Guité à la commission Gomery. Cette dernière s’est fixée sur certains éléments ponctuels et sensationnels du plan B tels les détournements de fonds fédéraux vers la caisse du Parti libéral. On s’imagine trop souvent dans le camp souverainiste que le plan B s’est terminé avec la commission Gomery et que tout est rentré dans l’ordre. C’est mal comprendre l’ampleur de la stratégie qu’Ottawa a déployée après 1995 et la logique d’État qui opère depuis. Il y a un avant et un après 1995. Nous sommes toujours dans l’après.

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Quelques défis démographiques pour les indépendantistes

Dans un article paru dans les pages de L’Action nationale en novembre 1995, le démographe Laurent Martel aborde l’avenir du projet de souveraineté sous l’angle de la démographie. De nombreux observateurs de l’époque craignaient alors (ou espéraient !) que le vieillissement démographique se traduise par une montée du conservatisme social et par un affaiblissement concomitant de la flamme indépendantiste. Chiffres à l’appui, Martel avance plutôt que le phénomène du vieillissement n’aurait qu’un impact limité sur les résultats d’un éventuel match revanche. L’effet du papy-boom pourrait même mener à une augmentation de l’appui à l’indépendance. En effet, en supposant la persistance des convictions souverainistes des baby-boomers, la disparition graduelle des générations les plus fédéralistes aurait pour effet de tirer à la hausse l’appui à la souveraineté. Même Bernard Landry, qui avait repris cette analyse à son compte, croyait que l’avènement de la souveraineté était inéluctable et inscrit dans la démographie.

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Élections provinciales de 2014 : le temps des grands changements

Quelques heures après le Big Bang, une avalanche de commentaires. Le triomphe du Parti libéral du Québec (PLQ), le désastre inattendu du Parti québécois (PQ) après les espoirs de l’hiver, l’impact dévastateur de la Charte de la laïcité. La remontée imprévue de la Coalition avenir Québec (CAQ), le troisième siège de Québec solidaire (QS), la mobilisation des non-francophones de nouveau reliée à la Charte. Le silence autour de la légitimité du nouveau gouvernement. Rien sur le système de partis qui s’est mis en place et sur l’impact du mode de scrutin. Et surtout rien sur les rapports entre francophones et non-francophones.

Chacun s’autorisant de sa compréhension des résultats, commentateurs et observateurs n’ont pas manqué de conclure pour mieux deviser sur l’avenir collectif, chose étrangère chez l’élite économique et financière. Chez celle-ci, on ne devise pas, on exerce le pouvoir, ou on le recherche.

Cette analyse bien préliminaire des résultats du 7 avril se propose de revenir sur quelques affirmations un peu rapides sur les résultats électoraux. Elle fera plutôt ressortir quelques traits majeurs de ces derniers néanmoins passés sous silence. De là, quelques réflexions sur la nouvelle donne de 2014.

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Donner du temps au temps*

Les résultats de l’élection du 7 avril ont secoué le Parti québécois et beaucoup d’indépendantistes. Les interprétations fusent et partent, pour l’instant, dans toutes sortes de directions. Comme à chaque grand revers du Parti québécois, il s’en trouve toujours pour, immédiatement, sauter aux conclusions et ouvrir le procès de l’option souverainiste. Avec la démission de Pauline Marois, il s’en trouve au moins tout autant pour vouloir précipiter une course à la direction. Et pour plusieurs, l’occasion pourrait paraître belle de saisir les deux ordres de remise en cause et de les attacher dans une sorte de forfait « deux pour un » qui pourrait autoriser bien des raccourcis de pensée… et autant de pensées courtes !

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La bataille de l’article 1

La politique est un sport extrême, et d’affirmer qu’elle est riche en rebondissements relève de l’euphémisme. Une campagne de peur digne de la décennie 1970 vient de se terminer, à la différence que c’est cette fois-ci le référendum et non l’indépendance en elle-même qui était la source de terribles phobies. Ainsi, en pleine consultation électorale, d’aucuns ont tremblé devant la perspective éventuelle… d’une autre consultation populaire. Pour les électeurs fédéralistes et/ou incertains, la perspective d’une marche santé d’une dizaine de minutes – le temps de voter « non » – semblait être une raison suffisante pour confier aux libéraux les clés de leur gouvernement.

Les analystes patentés s’entendent pour jeter leur dévolu sur la thèse la plus simpliste : l’article 1 serait, pour le PQ, un boulet qui l’empêcherait à jamais de gagner la faveur populaire. Il est vrai que le PQ projetait l’impression de le percevoir comme tel. Le poing levé de PKP a effectivement effrayé bon nombre d’électeurs en concrétisant la question nationale et en polarisant l’électorat autour de celle-ci au détriment du PQ. On ne transforme pas le paradigme sociétal en quelques jours de campagne.

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La culture politique péquiste : les leçons d’un échec

La défaite du Parti québécois aux élections du 7 avril dernier revêt une dimension historique. Depuis 1867, aucun parti politique n’a gouverné si peu de temps entre deux gouvernements formés par ses adversaires. Par ailleurs, depuis 1976, péquistes et libéraux alternaient au pouvoir tous les neuf ans : 1976-1985 (PQ), 1985-1994 (PLQ), 1994-2003 (PQ), 2003-2012 (PLQ). Le cycle est désormais rompu. Mentionnons aussi que les gains fort modestes de Québec solidaire n’ont nullement compensé pour les pertes du PQ.

L’ampleur de cette défaite suscite de nombreuses remises en question. Des indépendantistes vont jusqu’à douter de la possibilité de voir leur rêve politique se concrétiser un jour, notamment en raison de la désaffection des jeunes à l’égard du projet de pays. Mais avant d’émettre le certificat de décès de l’idée d’indépendance, il convient de poser un regard critique sur ce que j’appelle la culture politique péquiste.

Dans les années 1960, le mouvement indépendantiste était marqué du sceau du pluralisme. De nombreuses organisations se réclamaient de l’indépendance ; le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), le Ralliement national (RN), le groupe d’intellectuels de Parti-Pris, le Front de libération du Québec (FLQ), l’aile minoritaire du Parti libéral du Québec qui allait fonder le Mouvement souveraineté-association (MSA) en 1967 puis le PQ en 1968, etc. Les programmes se répartissaient sur un large éventail, de l’extrême gauche à la droite radicale, et les stratégies pour atteindre le but allaient de l’élection dans le respect du parlementarisme britannique à la violence politique.

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Le PQ doit se recentrer sur sa raison d’être

Beaucoup d’observateurs ont été surpris par l’ampleur de la défaite du Parti québécois le 7 avril, alors que le gouvernement minoritaire de Pauline Marois partait favori dans les sondages au moment du déclenchement des élections. Plus encore, une grande partie des souverainistes s’interrogent sur ce que cela signifie pour l’avenir du PQ, mais aussi de leur mouvement.

Raisons conjoncturelles

Cette défaite ne peut certainement pas s’expliquer par un seul facteur. Il apparaît évident que le PQ a mené une très mauvaise campagne et que de nombreuses erreurs tactiques ont été commises, en commençant par le premier jour de la campagne et l’absence d’un message clair sur le mandat que le gouvernement sortant espérait obtenir. On peut ainsi noter que les gouvernements minoritaires qui ont réussi leur réélection au cours des dernières années, aussi bien Harper à Ottawa que Charest à Québec, étaient parvenus à effectuer des compromis constructifs avec l’opposition ou au moins un parti d’opposition. Le Parti québécois avait plusieurs projets de loi populaires, bien que controversés, en cours, qu’il aurait pu adopter avant de se lancer en élections. Le climat politique au Québec est d’ailleurs sévère, dans un contexte de crise de corruption du système politique, envers toute apparence d’opportunisme.

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Revoir la « doctrine » souverainiste

Il est encore trop tôt pour avoir une idée claire de ce qui s’est réellement passé le 7 avril dernier. Ce serait une erreur pour les souverainistes de se précipiter à la recherche de solutions toutes faites et commodes pour se relancer dès maintenant ; ce qui constituerait une voie facile pour éviter d’avoir à prendre la pleine mesure de la défaite. Dans le même sens, le Parti québécois (PQ) serait très mal avisé de se lancer hâtivement dans une course à la direction. Ce qui pourrait également servir de prétexte idéal pour occulter certains problèmes de fond à l’origine de cette débâcle électorale, problèmes pour lesquels la question de la direction ne saurait être tenue pour l’unique responsable. Rien ne sert de se dépêcher, puisque le prochain grand rendez-vous électoral est dans un peu plus de quatre ans. L’heure est au travail d’introspection et d’analyse et non à la fuite en avant.

Ce n’est pas le projet souverainiste qui a été battu le 7 avril dernier, mais une certaine idée de la souveraineté. C’est une certaine manière de concevoir et de défendre ce projet politique, notamment par le PQ, qui a été mise en échec. Le manque se trouve dans le sens même de ce projet politique, tel qu’actuellement défendu par le principal vaisseau amiral souverainiste.

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Les jeunes Québécois et le projet de pays

Le 7 avril dernier, le Parti québécois subissait une déconfiture magistrale au scrutin général qui devait pourtant lui garantir une majorité à l’Assemblée nationale. Rabroué à la case départ par les électeurs – n’obtenant que 25,38 % des suffrages, un résultat à peine plus élevé que celui de 1970, première élection à laquelle il participait –, le PQ se trouve aujourd’hui désormais à la croisée des chemins. D’un côté, certains soutiennent que l’article 1 du programme – celui faisant de l’indépendance du Québec la raison d’être du parti – doive être retiré dans le but de permettre au PQ d’accéder au pouvoir tant convoité. De l’autre côté, plusieurs défendent quant à eux bec et ongles le fameux article 1, soutenant au contraire son besoin d’être redoré afin de ressusciter enthousiasme et adhésion au projet de pays. Ce faisant, en octobre 2018 – date de la prochaine élection québécoise – le PQ devrait se faire élire avec le mandat de réaliser l’indépendance politique, non pas avec l’objectif d’une simple gouvernance provinciale.

Ces discussions seront sans aucun doute très vives au cours des prochaines semaines, voire des prochains mois au sein des instances du parti. J’ose cependant croire que c’est la seconde option qui se dégagera dans l’analyse finale. Après tout, pour les tenants de l’autonomisme nationaliste, ne sera-t-il pas plus simple de joindre les rangs de la Coalition avenir Québec, occupant déjà ce champ de l’échiquier politique québécois ? D’autant plus que la stratégie consistant à couvrir l’option indépendantiste a largement prouvé son échec, une fois de plus. Ne reste plus qu’à suivre la voie de l’indépendantisme décomplexé, quitte à subir un mandat libéral supplémentaire.

Il va sans dire, toutefois, que cette voie ne se tracera pas toute seule. Il faudra du travail, beaucoup de travail, pour que les Québécois acceptent de suivre les tenants du mouvement indépendantiste vers ce chemin toujours inconnu. Le premier défi relève de la jeunesse. Une jeunesse qu’on a vue mobilisée comme jamais au cours du conflit étudiant de 2012, mais qui, pourtant, se fait très discrète dans les grands débats animant la société québécoise où figure au premier rang, depuis la Révolution tranquille, la question nationale.

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Le chantier de la résistance

Ce n’est pas mourir, c’est fuir qui est la mort

– Anatole France

Face à l’état d’angoisse qui agite chacun de nos réveils depuis ce lundi noir du 7 avril 2014, il est difficile de ne pas prêter oreille aux chants des sirènes de la retraite. Où est donc passée cette fierté jadis retrouvée et gorgée de promesses ? Qu’est devenu ce mouvement de liberté politique qui enflamma les cœurs pendant plus de quatre décennies ? Ces défaites électorales en cascade auront-elles réussi à en percer irrémédiablement la carapace ? Les blessures sont-elles à ce point mortelles qu’il serait temps de baisser pavillon ?

1/ La passion du pays comme antidote au poison de l’échec

Avant que d’entamer le procès des auteurs de cette défaite catastrophe ou même d’improviser des scénarios insoutenables, rappelons-nous le proverbe de Victor Hugo : « Qui voit de haut voit loin, qui voit de loin voit juste ». Prenons le temps de jeter un regard lucide sur la situation. Nous y verrons sans doute que ce qui s’est produit était annoncé depuis un certain temps.

Au lendemain de sa victoire du 30 octobre 1995, bien que vainqueur, le camp du Non ne s’est pas dissous, bien au contraire. Il est résolument passé à une gigantesque contre-attaque qui ne laissera rien au hasard. Tout le contraire du camp souverainiste qui décida honteusement de faire relâche pour dix ans, puis finalement pour plus de vingt ans. Lors des quatre dernières élections, le PQ s’est systématiquement mis en position défensive, reportant de façon récurrente à plus tard toute initiative sur le fond même de son projet politique. Cinq élections référendaires mettant face à face, d’un côté un camp du Non déterminé, et de l’autre, un parti politique se limitant à débattre d’affaires courantes.

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Carnet d’un spectateur attentif

(En décembre 2012, notre collaborateur Paul-Émile Roy a été terrassé par un terrible ACV qui lui a enlevé toute capacité de lecture, mais qui, étrangement, a épargné sa faculté d’écriture. Depuis ce temps, il a écrit des centaines et des centaines de pages sur les sujets les plus divers. Nous publions ici quelques extraits de ces carnets.)

Ce qui caractérise peut-être ce qu’on appelle l’esprit postmoderne, c’est que tout se vaut, qu’il n’y a pas de transcendance, que le goût est quelque chose de très relatif.

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Le Québec vit au cœur d’un rejet de lui-même, de son identité, de son histoire. Il est mal à l’aise, mais il ne sait pas la cause de ce malaise. La grande majorité de nos intellectuels et de nos personnes politiques fonctionnent au cœur de ce malaise. Je ne vois pas comment nous pourrons sortir de cette impasse.

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Il me semble qu’il manque à nos hommes et à nos femmes politiques actuels un peu d’envergure, de grandeur d’esprit, de sens politique. On a l’impression qu’ils ne pensent qu’à leur petite carrière, qu’ils n’ont pas de conscience politique, qu’ils ne s’aperçoivent pas que nous sommes au vingt-et-unième siècle.

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Le démantèlement de la nation (chronique 1)

Pourquoi l’indépendance ?

Pour exister, une nation a besoin de se concevoir comme une réalité à la fois historique et promise à un avenir. Une nation, c’est une population qui partage une mémoire commune et la volonté de construire l’avenir ensemble. Pour qu’elle soit viable à long terme, il lui faut :

  • pouvoir affirmer clairement sa distinction par rapport aux nations environnantes et voir sa légitimité de le faire reconnue. C’est une des conditions incontournables pour que les immigrants désirent partager sa culture et que leurs descendants s’y assimilent. Sinon, particulièrement dans le cadre canadien, on aboutit à un communautarisme absolument délétère ;
  • disposer d’outils collectifs de cohésion et de développement, au premier rang desquels se trouve un État souverain, surtout dans le contexte de la mondialisation galopante, dont les instances régulatrices ont tendance à favoriser la centralisation des États fédéraux ;
  • pouvoir se soustraire sur son territoire et dans ses institutions à la vision concurrente et dominante de ceux qui ont intérêt à sa disparition.

Oui, une nation a besoin d’un État, d’un État qui travaille pour elle et non contre elle s’entend. Aujourd’hui plus que jamais. Or, sur tous les plans, la nation québécoise est attaquée de partout.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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