Rassemblement contre le jugement de la Cour suprême
Robert Laplante, directeur de L'Action nationale, le 16 novembre 2009 lors du premier rassemblement contre le jugement
de la Cour suprême invalidant la loi 104 du Québec.
Les archives complètes de L'Action nationale sont maintenant accessibles sur ce site. Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros publiés sous le nom de L'Action nationale (1933). Les numéros publiés sous le nom de L'Action française (1917) seront bientôt accessibles également.
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L’auteur est détenteur d’un diplôme d’études supérieures en sciences des religions.
Récemment, un texte intitulé Pour un Québec pluraliste a été présenté comme un manifeste dont la vertu opératoire consisterait à rectifier la tournure que prend le débat sur l’identité et le vivre-ensemble au Québec. De nombreux universitaires notables se sont pitoyablement laissés piégés par l’idéologie de MM. Taylor et Bouchard. Ce « manifeste » n’en est qu’une « mauvaise copie ». Le travail de réflexion est à reprendre.
Examinons les principaux arguments contenus dans ledit manifeste.
Grossière manipulation des médias et de l’électorat québécois, le tristement célèbre « coup de la Brink’s » n’a que fort peu retenu l’attention des chercheurs. Dans notre histoire moderne, il s’agit pourtant de l’un des plus évidents épisodes de violation de la démocratie par une entreprise privée, en l’occurrence le Royal Trust. Le 40e anniversaire des sombres événements du 26 avril 1970 est donc l’occasion de se pencher sur ce cas en se demandant si le silence quasi total de nos manuels d’histoire à ce sujet n’a pas privé le Québec des leçons qu’il aurait dû en tirer.
L'auteur est professeur au département de génie électrique de l'Université Laval
Des groupes pro-nucléaires au Québec favorisent la réfection/reconstruction du réacteur nucléaire Gentilly-2 à Bécancour après 27 ans de production électrique et veulent acheter le réacteur qui est en phase de réfection à Pointe Lepreau au Nouveau-Brunswick. Les deux réacteurs ont tous les deux été conçus sur la base de la technologie nucléaire CANDU (acronyme pour Canada Deuterium Uranium) de première génération des années 70 De nouvelles données en provenance de l’Ontario et d’autres pays montrent que la promotion de la réfection à Gentilly-2 et à Pointe Lepreau peut être maintenant interprétée comme un déni du bilan économique et physique défavorable des réacteurs CANDU de première génération.
Après sept ans
de pouvoir, le premier ministre Charest a finalement annoncé un premier programme
politique de droite. Depuis la mise en scène du monstrueux échec de la Caisse
de dépôts et placements du Québec (la « Caisse »), la dénonciation à
répétition des innombrables problèmes du système de santé et du système
d’éducation jusqu’aux problèmes de financement des universités, les libéraux
ont organisé leur virage en s’appuyant tantôt sur les prises de parole bien
organisées des « lucides » – incluant au passage quelques
souverainistes repentis –, tantôt sur les rapports de clubs d’économistes reliés
au ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand. La privatisation de la
santé et de l’éducation ne sont qu’à un pas que certains, dont la faculté de
gestion de l’université McGill, en décidant de s’affranchir du gouvernement du
Québec, ont déjà fait.
Le constat n’est pas neuf : nous sommes contemporains d’une judiciarisation des rapports sociaux reconnaissable dans la traduction systématique des revendications des groupes « minoritaires » dans le langage des « droits fondamentaux ». Cette tendance se radicalise d’autant plus qu’une nouvelle gauche multiculturaliste, qui s’est d’abord manifestée il y a quelques années avec les Cahiers du 27 juin, a entrepris la sacralisation de la Charte québécoise en prétendant en faire la matrice d’une reconstruction intégrale de la société québécoise. Désormais, la Charte serait la génératrice exclusive de la légitimité démocratique. Elle serait même au « cœur de l’identité québécoise », comme l’ont affirmé les concepteurs du cours Éthique et culture religieuse au moment de la controverse entourant leur cours en décembre 2009.
Commençons par une question. Les professeurs ont l’habitude des questions. Comment expliquer que les signataires de ce manifeste soient si ouverts aux religions des minorités alors que la très grande majorité d’entre eux n’aurait jamais signé ce manifeste s’il avait eu pour but de défendre la soutane, le Pape et les cornettes de nos bonnes sœurs ? J’estime qu’ils ont la diversité pas mal sélective et que cela manque d’un brin d’ouverture. Vous ne trouvez pas ?
Il est mort en février. Il a quitté la vie
pour ainsi dire en quittant sa table de travail. Quelques jours à peine
avant de se retirer Pierre Vadeboncoeur avait livré à L’Action nationale
un article éclatant, un article bilan, rédigé dans la pureté d’une
écriture concise et remarquablement limpide. La langue chez
Vadeboncoeur, incarne non seulement le style de l’homme, elle atteint
chez lui une sorte de quintessence de ce que laisse entrevoir la culture
québécoise quand elle atteint l’universel. Les mots de Vadebonceour
sont ciselés, ses phrases chantournées dans une expérience de son peuple
qu’une intime communion avec les espérances qui le portent propulsent
dans une prodigieuse et intransigeante lumière.
Le 3 février dernier, le quotidien Le Devoir publiait un manifeste signé par cinq universitaires et appuyé par 150 autres intellectuels. Le 9 février suivant, les auteurs opéraient en grandes pompes un lancement public dans le but d’assurer un maximum de retombées médiatiques au document. En date du 15 février, 665 universitaires s’étaient joints aux 155 signataires initiaux.
Les auteurs prétendent que le pluralisme au Québec est menacé par les attaques incessantes d’un courant nationaliste conservateur et d’un courant extrémiste préconisant une stricte laïcité des institutions québécoises. Ces deux courants se rejoignent, affirment-ils, dans leur intransigeance à l’égard des minorités, leur rejet des « accommodements raisonnables » et l’exigence formulée à l’endroit des minorités afin qu’elles se plient aux valeurs et à la vision de la société majoritaire. Les auteurs principaux accusent les « opposants au pluralisme » de promouvoir des valeurs auxquelles les minorités seraient par définition étrangères. Or ces valeurs de référence ne seraient en définitive que le reflet des fantasmes des nationalistes conservateurs et des laïcistes.
L’auteur était conseiller politique du ministre Camille Laurin lors de l’élaboration de la Charte de la langue française en 1977.
Dans son chapitre sur la langue d’enseignement, la Charte de la langue française établit la règle générale que l’enseignement se donne en français dans les écoles publiques ou subventionnées de niveaux primaire et secondaire. Ainsi, l’école française est consacrée école commune, donc école de l’intégration en français des enfants issus de l’immigration. Selon la version initiale de 1977, la Charte réservait l’anglais comme langue d’enseignement aux enfants des familles qui, avant son adoption, avaient été scolarisés en anglais au Québec selon les règles alors en vigueur. Les droits acquis ne sont pas des absolus, mais, en ce cas-ci, le législateur a cru sage de les reconduire, en précisant toutefois que les élèves ayant droit à l’école anglaise ont aussi le droit fondamental à l’école française (voir articles 6, 72 et 73).
André Bouchard Marie-Victorin à Cuba. Correspondance avec le frère Léon, Préface de Pierre Bourque, Québec, Presses de l’Université de Montréal, 2007, 219 pages
À la mémoire d'André Bouchard, dont nous apprenons le décès au moment de mettre sous presse, nous reproduisons ici le compte rendu consacré à son ouvrage Marie-Victorin à Cuba dans Les Cahiers de lecture de L'Action nationale, printemps 2009. Monsieur Bouchard était considéré comme un poids lourd de l'écologie scientifique et un pilier du débat environnemental. Il avait été conservateur scientifique du Jardin botanique de Montréal pendant de nombreuses années et membre de la commission Coulombe où il avait développé le concept de gestion écosystémique, une recommandation centrale de la commission sur l'avenir de la forêt québécoise.
Fouiller dans une correspondance de 37 ans entre deux amis comme les frères Marie-Victorin et Léon peut être un exercice périlleux ou, au contraire, porteur d’informations de premier plan. Habituellement on consulte une correspondance pour vérifier un élément historique ou sélectionner une citation pour étayer une biographie. Si on décide par contre de publier une grande partie des échanges épistolaires, l’entreprise demande une bonne dose de discernement. Surtout si l’un des protagonistes figure parmi les monuments de l’histoire scientifique du Québec, Marie-Victorin (1885-1944), frère des Écoles chrétiennes. Agir avec doigté, c’est d’ailleurs ce qui honore l’auteur, André Bouchard, de l’Institut de recherche en biologie végétale du département de sciences biologiques de l’Université de Montréal et du Jardin botanique de Montréal. Il n’aurait jamais accepté de scruter une correspondance trop intime même sous prétexte d’une analyse spécialisée (p. 24).
Le 26 janvier 2010, Pierre Vadeboncoeur nous faisait parvenir cette dernière contribution à notre revue. Une analyse pénétrante de la situation, comme toujours, mais aussi, une formidable conviction qu'à terme "nous n'avons pas dit notre dernier mot".
Les Québécois tendent depuis longtemps à s’évader du modèle politique qui prévalait en Grande-Bretagne jusqu’à l’avènement des travaillistes : les whigs, les tories, ici le parti libéral et le parti conservateur. Une tendance de fond faisait dérailler cette politique bi-partisane qui prenait appui non seulement sur des intérêts et sur la solidarité des anglophones dans ce pays conquis, mais aussi sur un cadre institutionnel structurant le tout dans des formes élaborées de longue date en Angleterre.
Une bonne partie des Québécois, peut-être plus de la moitié maintenant, veut toujours plus ou moins consciemment enrayer cette mécanique, fausser le jeu du fédéralisme et brouiller les cartes des deux partis traditionnels, introduire dans la politique québécoise et canadienne une dynamique que le système ne peut assimiler. Présentement, au fédéral, à cause du Bloc, le Parti libéral est déstabilisé, incapable de retrouver sa position dominante. N’ayant plus l’appui des Québécois, il est en état de déséquilibre au Canada.