Mai 2015

Vol. CV, no 5


Éditorial - Nous revoici à pied d’œuvre

2015mai250Au moment d’écrire ces lignes, le résultat de la course à la direction du Parti québécois n’est pas encore officiellement connu. Il est néanmoins possible de dresser un bilan provisoire de l’exercice. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le parti a une immense besogne à accomplir. Si l’on peut, certes, se réjouir que la course ait provoqué un certain regain intellectuel, force est de reconnaître qu’il n’est pas du tout certain que l’impulsion aura été suffisante pour entreprendre la relecture du combat national et le repositionnement du parti.

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Pour un autre modèle d'immigration. La convergence culturelle

Depuis des mois, la Commission des relations avec les citoyens œuvre sur un projet de redéfinition des politiques d’intégration de la diversité culturelle au Québec. Hormis quelques plaidoyers pour le multiculturalisme, la majeure partie des réflexions au débat semble considérer que l’interculturalisme serait la voie à suivre, l’essentiel des discussions tournant autour de l’intensité de son application. Toutefois, nous croyons que la véritable intégration de notre diversité culturelle passe par une troisième voie, celle de la convergence culturelle.

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Des volumes d’immigration trop forts

Le Québec accueille davantage d’immigrés que la plupart des États d’Amérique du Nord

Le Québec est une île française dans une Amérique du Nord anglaise. Justement, la plupart des provinces canadiennes et nombre d’États des États-Unis sont passés d’autochtones à français, puis à anglais grâce à l’immigration.

Depuis quelques décennies, au Québec, on présente l’immigration comme essentielle pour assurer une « ouverture sur le monde », pour atténuer les effets du déclin démographique et pour assurer le développement économique. De telles généralités tiennent toutefois plus de la rhétorique que de l’analyse des besoins et des engagements du Québec 1.

Que fait donc le Québec en matière d’immigration ? Que signifient ses volumes d’immigrants ? Doit-on parler de volumes élevés, modérés, marginaux ? Quelle est l’importance de ces volumes dans l’histoire récente du Québec ? Et quelle est leur importance en comparaison des volumes dans les provinces et États du Canada et des États-Unis ? Ces volumes trouvent-ils leur correspondance dans les naturalisations ?

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Survol de l’histoire de la radio au Québec

De Fessenden à Internet
En hommage à l’Amérindien Oscar Bastien, pionnier des « annonceurs » au Québec.

Qui a inventé la radio ? Guglielmo Marconi, Roger Baulu, Édouard Branly, Ferdinand Braun, Alexander Popov ou Reginald Fessenden ?

Toutes ces réponses sont bonnes, sauf pour Roger Baulu qui n’était pas encore né. Mais pour répondre complètement à la question, il faudrait nommer une dizaine de personnes sur un cycle de vingt ans entre la fin du dix-neuvième siècle et le début du vingtième. La boucle de ces vingt glorieuses s’ouvre en 1887 sur la première transmission sans fil d’ondes électromagnétiques par l’Allemand Rudolf Hertz dans son laboratoire – les ondes hertziennes, c’est lui ! – et cette boucle se referme sur la première transmission sans fil de la parole par Reginald Aubrey Fessenden au soir de Noël 1906.

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Michel Sarra-Bournet. Louis Bernard. Entretiens

Michel Sarra-Bournet
Louis Bernard. Entretiens avec Michel Sarra-Bournet, Montréal, Boréal, 2015, 299 pages

Grand commis de l’État, homme de l’ombre et donc discret par définition, Louis Bernard n’a pas l’habitude de s’épancher sur ses états d’âme. Il parle peu de lui et très peu des autres. Rompu aux secrets d’État, Louis Bernard ne commet pas d’indiscrétions et ne nous livre pas de révélations fracassantes. Ce n’est pas son style. Comme son destin personnel coïncide avec le destin du Québec, il commente plutôt l’histoire du Québec contemporain et explique comment il a perçu les grandes évolutions de la société québécoise. Sa vision est souvent éclairante parce qu’il a vécu les événements de l’intérieur, ayant accompagné les premiers ministres Lesage, Lévesque et Parizeau dans le combat québécois pour l’affirmation nationale.

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Un pays à mettre en ondes

Les récentes annonces concernant les compressions budgétaires à réaliser au sein du diffuseur public qu’est la Société Radio-Canada (SRC) ont provoqué une relative panique chez plusieurs, dont de fins observateurs des transformations orchestrées au sein de l’institution au cours des dernières décennies1. Des citoyens vigilants et attachés à l’institution ont pris d’assaut les rues de différentes régions du Québec, le 16 novembre dernier, afin de protester contre la dévaluation véritable dont est l’objet Radio-Canada, réclamant pour l’institution les moyens nécessaires au traitement d’une information de qualité, intègre, riche et diversifiée. À revisiter l’histoire récente du radiodiffuseur canadien en contexte québécois, l’on ne peut cependant que constater que cette dernière soustraction financière n’a absolument rien d’original, la dépréciation budgétaire revenant par vagues successives se briser sur le versant radio-canadien. De fait, l’État canadien n’a cessé de réduire sa participation financière auprès de l’institution publique depuis près d’une vingtaine d’années, l’établissement étant assujetti aux secousses financières enclenchées par le pouvoir gouvernemental qui tient les rênes des crédits parlementaires octroyés à la société d’État. Dès lors, lorsque les finances du gouvernement fédéral sont en crise, Radio-Canada devient martyre.

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Raymond Garneau. De Lesage à Bourassa

Raymond Garneau
De Lesage à Bourassa. Ma vie politique dans un Québec en mouvement, Les Éditions Transcontinentales, 2014, 319 pages

De Lesage à Bourassa. Ma vie politique dans un Québec en mouvement, l’autobiographie de Raymond Garneau, est un livre qui en contient deux : le récit réussi d’une vie politique et une tentative ratée d’essai politique !

Le récit autobiographique comme tel est intéressant, puisqu’il nous plonge dans le Québec de Duplessis, puis dans celui de la Révolution tranquille et de ses suites. Les élections, les courses à la chefferie libérale, la crise d’octobre, les Olympiques, tout y passe. En général, le fin connaisseur de l’histoire du Québec en apprend peu. Font toutefois exception les passages concernant les finances publiques, entre autres avec la création du Conseil du Trésor dont l’auteur fut le premier titulaire. L’histoire du Québec d’avant les années 1960 étant moins connue, le début du livre contient aussi certaines informations inédites ou oubliées ; qu’on pense à l’alliance entre les libéraux et les créditistes lors de l’élection de 1956.

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L’efficacité des radios de confrontation en question

Près de 10 ans après le débat autour du non-renouvellement de la licence de la station de radio CHOI Radio X par le CRTC (voir Gingras 2008), le format radiophonique défini par les animateurs de cette station reste dominant à Québec. Loin d’être un feu de paille comme certains l’ont d’abord cru, le discours de confrontation qui s’y tient influence toujours les débats publics (Durand, Dupuis, Racicot 2012 ; Giroux et Sauvageau 2009 ; Porter 2010) et cela, même si les propos tenus font moins la une des journaux qu’à l’époque. En 2008, en conclusion de notre livre consacré à ce phénomène, La radio x, les médias et les citoyens, nous écrivions que « les conditions objectives de l’expression radiophonique d’une polarisation fondée sur la hiérarchisation des groupes sont toujours présentes » (Vincent, Turbide, Laforest 2008 : 188). Sept ans plus tard, ce constat demeure d’actualité et interroge plus que jamais ce qui fonde l’efficacité communicationnelle du discours des animateurs et la popularité de ces radios. Sans proposer une réponse définitive à cette question, cet article propose quelques pistes d’explication de ce phénomène à travers l’analyse de la mécanique discursive qui sous-tend cette radio « extrême ».

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Claude Morin. Je le dis comme je le pense

Claude Morin
Je le dis comme je le pense. Souveraineté, vie politique, religion, Montréal, Boréal, 2014, 224 pages

La dernière campagne électorale a-t-elle mis en veilleuse le projet souverainiste ou bien la faute incombe-t-elle plutôt au PQ qui n’aurait pas assez fait la promotion de l’indépendance ? À cette question, Claude Morin répond dans son dernier essai, Je le dis comme je le pense, que l’absence d’engouement pour la souveraineté n’est pas causée par des erreurs stratégiques ou par un manque de convictions de la part du PQ. Les Québécois ne sont tout simplement pas prêts à se lancer dans l’aventure indépendantiste. Faut-il pour autant baisser les bras et ne rien faire ? Non, répond Morin, qui prend bien soin de séparer l’objectif du PQ, la sauvegarde et l’épanouissement de l’identité québécoise, et le moyen idéal qu’il met en œuvre pour atteindre cet objectif, la souveraineté. Or, estime Morin, si la souveraineté demeure le moyen privilégié pour affirmer l’identité nationale du Québec, elle ne saurait être le seul.

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La crise du journalisme et la crise de la souveraineté québécoise

Le règne de l’opinion publique, dont on sait l’importance en démocratie, repose sur le principe que les citoyens contribuent librement à entretenir un esprit collectif. En démocratie, les organes du pouvoir, si minutieusement agencés soient-ils, dépendent de ce qu’il faut bien appeler une communauté politique.
– Fernand Dumont (Raisons communes)

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Éric Duhaime. La SAQ pousse le bouchon !

Éric Duhaime
La SAQ pousse le bouchon !, Montréal, VLB Éditeur, 2014, 157 pages

Avec L’État contre les jeunes (VLB éditeur, 2012) et Libérez-nous des syndicats ! (Genex, 2013), Éric Duhaime nous avait habitués à des pamphlets libertariens d’une portée très générale. Avec La SAQ pousse le bouchon !, on change de registre. Le thème est plus circonscrit, la recherche est plus approfondie, le ton est moins polémique et la thèse est plus nuancée. Il donne à voir un auteur qui a pris de la maturité intellectuelle.

À l’instar d’Où sont les vins ? de Frédéric Laurin (Hurtubise, 2009), la thèse centrale du livre est que le (quasi-)monopole de la Société des alcools du Québec sur l’achat, la distribution et la vente des vins et spiritueux est injustifié. Autrement dit, la SAQ n’a pas à être vendue ou démantelée complètement, mais son monopole doit être cassé. Si la démonstration n’est pas parfaitement convaincante, le livre apporte néanmoins une réelle contribution à la conversation publique sur notre société d’État.

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Éditorial de mai 2015

Éditorial - Nous revoici à pied d’œuvre

Robert Laplante ı Mai 2015

Éditorial - Nous revoici à pied d’œuvre

Au moment d’écrire ces lignes, le résultat de la course à la direction du Parti québécois n’est pas encore officiellement connu. Il est néanmoins possible de dresser un bilan provisoire de l’exercice. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le parti a une immense besogne à accomplir. Si l’on peut, certes, se réjouir que la course ait provoqué un certain regain intellectuel, force est de reconnaître qu’il n’est pas du tout certain que l’impulsion aura été suffisante pour entreprendre la relecture du combat national et le repositionnement du parti.

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Articles du dossier pétrole

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Lanoraie dit non

Gérard Jean ı Le Québec face à l'ordre pétrolier canadien

En tant que maire de la municipalité de Lanoraie dans la MRC d’Autray, je veux expliquer le cheminement du conseil municipal dans le dossier de l’oléoduc Énergie Est par TransCanada PipeLines. Pour débuter, je tiens à rappeler que le conseil municipal de Lanoraie a adopté une résolution, et ce, à l’unanimité le 10 mars 2014, dans laquelle le conseil refuse de façon catégorique et énergique à ce que l’oléoduc passe sur le territoire de la municipalité de Lanoraie. Ensuite, la MRC de D’Autray a adopté une résolution d’appui, encore une fois de façon unanime, par les 15 maires de la MRC...

Les placements de TransCanada dans le Saint-Laurent

Pierre Blouin ı Le Québec face à l'ordre pétrolier canadien

Le 12 novembre 2013, le porte-parole de TCP Philippe Cannon annonçait à Cacouna que le site avait été choisi par l’entreprise pour y construire son terminal pétrolier. Un an plus tard, après maintes contestations populaires et juridiques, l’entreprise annonçait qu’elle abandonnait temporairement ce choix pour des raisons écologiques. Cette suite d’événements doit être vue en considérant ce qu’est le fleuve Saint-Laurent dans son essence même : une autoroute du pétrole et du gaz ou un milieu de vie, géographique, humain, identitaire, dans lequel l’activité humaine, industrielle entre autres, s’inscrit dans le respect de la spécificité du lieu. Le Saint-Laurent est au centre de...

Écrire une page d’histoire à la MRC de D’Autray

Odette Sarrazin et Louis Trudeau ı Le Québec face à l'ordre pétrolier canadien

Ce n’est pas sans inquiétude qu’en cette soirée du 4 février 2015, je me suis installée dans l’une des 70 chaises alignées au fond de la salle des délibérations de notre MRC de D’Autray située en la belle ville de Berthier. Ce n’était pas la première fois que je m’y rendais pour questionner nos élus au sujet du passage de l’oléoduc de TransCanada sur notre territoire. Pour ma part, c’était la troisième participation, mais d’autres m’y avaient précédé à plusieurs reprises. Ils arrivaient parfois seuls, parfois en couple et parfois même en groupe. En voyant ces citoyens remplir les sièges, puis...

Le Québec face à l'ordre pétrolier canadien

Pierre-Paul Sénéchal ı Le Québec face à l'ordre pétrolier canadien

Comment ne pas résister à ce qui nous nie ? La quête effrénée de l’or noir depuis plus d’un siècle a profondément marqué la vie des peuples. Considéré comme une «ressource stratégique» de premier plan, le pétrole a été source de bien des convoitises et a généré maints conflits territoriaux au cours de cette période. Encore aujourd’hui, on peut affirmer qu’il façonne à sa manière une bonne part de la géopolitique de la planète. Face aux tribulations de ce qu’on a appelé les «majors» de l’industrie, les citoyens et les petites collectivités auront la plupart du temps été considérés comme de...

Le Saint-Laurent : autre temps, autre convoitise

André Gaulin ı Le Québec face à l'ordre pétrolier canadien

Mais que devient tout cela que je nomme– Gatien Lapointe (Ode au Saint-Laurent) Le Saint-Laurent est une grande icône du Québec. Depuis toujours, il est là. Il campe à Québec comme sur un promontoire où Jos Montferrand « les pieds dans l’eau du Saint-Laurent » est devenu géant. Il entoure Montréal en établissant des ponts du sud au nord, il baigne Trois-Rivières, cette belle ville portuaire, il multiplie les paysages de sa présence à Sorel, à Rimouski, à Lévis, à Rivière-du-Loup. Et quand nos villes s’en éloignent, il va les rejoindre par un grand bras d’eau : c’est alors Sherbrooke puis...

La force du nombre

Marielle Boisjoly ı Le Québec face à l'ordre pétrolier canadien

Lanoraie, petit village de Lanaudière, a le privilège de posséder une tourbière couvrant le tiers de son territoire, un des plus vastes milieux humides des basses terres du Saint-Laurent. Une partie de celle-ci est classifiée réserve écologique ce qui lui permet de bénéficier d’un haut degré de protection. Les citoyens de Lanoraie s’activent depuis de nombreuses années afin de protéger ce précieux milieu humide. Un premier organisme citoyen, « La Bande à bonne eau », a été créé il y a plus de 30 ans afin d’éviter qu’une entreprise privée installe une grenouillère dans la tourbière. Cet organisme, devenu depuis la...

Pour un développement durable et une démocratie participative

André Villeneuve ı Le Québec face à l'ordre pétrolier canadien

Député de Berthier depuis 2008. Auparavant, il a été maire de Lanoraie et préfet de la MRC de D’Autray. Avant même de choisir la carrière politique, deux sujets attiraient particulièrement mon attention : le développement durable et la démocratie participative. En effet, je suis convaincu de deux choses. En premier lieu, le peuple a le pouvoir qu’il veut bien prendre. En second lieu, nous sommes la première génération de l’histoire de l’humanité qui laissera la planète dans un pire état qu’elle l’était à la génération précédente et nous devons réagir en conséquence. Il se trouve que ces deux aspects constituent les...

La juridiction limitée du Québec en transport

Pierre-Paul Sénéchal ı Le Québec face à l'ordre pétrolier canadien

(Extrait d’une fiche technique préparée dans le cadre des États généraux sur la souveraineté.) 1/ L’impossible stratégie nationale pour le Québec Reflet des impératifs de l’Empire britannique (puissance maritime de l’époque), l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 a concédé au fédéral tout ce qui concerne le maritime et le fluvial en territoire québécois. En vertu de la politique des pouvoirs résiduaires (les activités inexistantes en 1867 qui reviennent d’emblée au fédéral), le secteur aérien et le transport interprovincial des énergies sont eux aussi à 100 % de compétence fédérale. La section 92(10) de l’AABN fait en sorte que le Québec est exclu...

Risques décuplés par les navires sous pavillon de complaisance

Danielle V. Gagnon ı Le Québec face à l'ordre pétrolier canadien

Les projets liés aux hydrocarbures foisonnent actuellement au Québec : construction de terminaux sur le Saint-Laurent, transport de brut par oléoduc (Énergie Est et 9B), exploration et exploitation de gisements près de Gaspé, à Anticosti et possiblement dans le golfe du Saint-Laurent (Old Harry). Dans le but de mieux les faire accepter, on allègue que ces projets pétroliers visent le raffinage domestique du brut léger, mais en réalité, c’est principalement l’exportation de brut lourd ou léger qui est visée. Ils ont tous en commun de faire peser sur le Saint-Laurent des risques comme jamais auparavant ce dernier n’en aura affronté. Pendant...

Insulaire contre bitume

Bernard Gilbert ı Le Québec face à l'ordre pétrolier canadien

Écrivain et gestionnaire, Membre fondateur Stop oléoduc Île d’Orléans Par une belle journée d’hiver, avec quelques amis, nous nous rendons à la pointe ouest de l’île d’Orléans. À l’horizon, derrière la baie de Beauport, le cap Diamant et Québec émergent dans la vapeur froide. Chaussés de raquettes, nous nous engageons sur les battures. Les chiens trottent autour. Le paysage est d’une incroyable blancheur. Saturé par les glaces du fleuve et la neige des derniers jours, le fleuve offre une vision fabuleuse. Après une heure de marche, sous le soleil, nous prenons une pause à bonne distance de la rive. En dégustant...

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