L'Action nationale


Printemps 2015 - Les Cahiers de lecture

Dernier numéro de la revue

Lancement de 666-Friedrich Nietzsche

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Février-Mars 2015 Éditorial

  • Éditorial - Se faire sujet de son Histoire
    Robert Laplante (Février-Mars 2015)

    C’est le défi le plus grand qu’aura eu à relever le Québec depuis l’Acte d’Union. Le dossier du pétrole des sables bitumineux place notre pays au cœur d’enjeux géostratégiques d’une envergure sans précédent. La province et la mentalité rabougrie qu’elle instille ne nous auront guère préparés à faire face au...

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Le Québec face à l’ordre pétrolier canadien

Lanoraie dit non

En tant que maire de la municipalité de Lanoraie dans la MRC d’Autray, je veux expliquer le cheminement du conseil municipal dans le dossier de l’oléoduc Énergie Est par TransCanada PipeLines.

Pour débuter, je tiens à rappeler que le conseil municipal de Lanoraie a adopté une résolution, et ce, à l’unanimité le 10 mars 2014, dans laquelle le conseil refuse de façon catégorique et énergique à ce que l’oléoduc passe sur le territoire de la municipalité de Lanoraie. Ensuite, la MRC de D’Autray a adopté une résolution d’appui, encore une fois de façon unanime, par les 15 maires de la MRC dès le 9 avril 2014. Le 4 février 2015, le conseil de la MRC de d’Autray adoptait une résolution unanime en s’opposant de façon catégorique et énergique au passage de l’oléoduc sur le territoire de la MRC.

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La force du nombre

Lanoraie, petit village de Lanaudière, a le privilège de posséder une tourbière couvrant le tiers de son territoire, un des plus vastes milieux humides des basses terres du Saint-Laurent. Une partie de celle-ci est classifiée réserve écologique ce qui lui permet de bénéficier d’un haut degré de protection. Les citoyens de Lanoraie s’activent depuis de nombreuses années afin de protéger ce précieux milieu humide. Un premier organisme citoyen, « La Bande à bonne eau », a été créé il y a plus de 30 ans afin d’éviter qu’une entreprise privée installe une grenouillère dans la tourbière. Cet organisme, devenu depuis la Société de conservation des terres humides, continue son travail de protection, de promotion et d’agrandissement de cette richesse écologique.

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Écrire une page d’histoire à la MRC de D’Autray

Odette Sarrazin est engagée dans sa communauté pour un mieux-vivre ensemble. Elle est coordonnatrice Lanaudière pour le Regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec (RVHQ).

Âgé de 85 ans, Louis Trudeau milite depuis plus de 50 ans. Il continue à œuvrer pour un Québec vert et conscient de ses racines. Il est vice-président d’Organisme des bassins versants de la Zone Bayonne.

Ce n’est pas sans inquiétude qu’en cette soirée du 4 février 2015, je me suis installée dans l’une des 70 chaises alignées au fond de la salle des délibérations de notre MRC de D’Autray située en la belle ville de Berthier. Ce n’était pas la première fois que je m’y rendais pour questionner nos élus au sujet du passage de l’oléoduc de TransCanada sur notre territoire. Pour ma part, c’était la troisième participation, mais d’autres m’y avaient précédé à plusieurs reprises. Ils arrivaient parfois seuls, parfois en couple et parfois même en groupe. En voyant ces citoyens remplir les sièges, puis manquant de place se tenir par dizaines debout à l’arrière, je me suis demandé qui étaient ces gens qui décidaient de se déplacer par un froid de canard, un soir de semaine, pour venir s’adresser à leurs élus.

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Pour un développement durable et une démocratie participative

Député de Berthier depuis 2008. Auparavant, il a été maire de Lanoraie et préfet de la MRC de D’Autray.

Avant même de choisir la carrière politique, deux sujets attiraient particulièrement mon attention : le développement durable et la démocratie participative. En effet, je suis convaincu de deux choses. En premier lieu, le peuple a le pouvoir qu’il veut bien prendre. En second lieu, nous sommes la première génération de l’histoire de l’humanité qui laissera la planète dans un pire état qu’elle l’était à la génération précédente et nous devons réagir en conséquence. Il se trouve que ces deux aspects constituent les principaux ingrédients qui alimentent le grand mouvement de lutte contre le projet d’oléoduc TransCanada Énergie Est dans D’Autray, dans Lanaudière et dans d’autres régions du Québec.

À titre de citoyen, j’ai eu la possibilité de participer à des actions en conformité avec ces convictions. Déjà, entre 2005 et 2008, j’ai eu l’occasion de tenir des conférences sur le développement durable et la gestion des matières résiduelles à l’Université de Montréal. Entre 1994 et 1996, l’exécutif régional du Parti québécois (PQ) de Lanaudière m’a confié la tâche de représentant du volet environnement.

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Pourquoi s’inquiéter du transport par rail du pétrole sale ?

Maire de la ville d’Amqui

Le gouvernement canadien par l’entremise de Transports Canada (TC) est l’autorité responsable de tout ce qui touche le transport des personnes et des marchandises à travers le Canada. Une autorité qui semble faillir à sa responsabilité en matière de protection publique et qui fait preuve d’un sérieux laxisme en matière de sécurité. Rappelons que depuis 2010, les dépenses pour la sécurité maritime ont chuté de 27 %, alors que celles en matière de sécurité ferroviaire ont diminué de plus de 20 %, dont une baisse de 10 % en 2014. À la lumière de ces données, comment pouvons-nous croire que Transports Canada remplit efficacement son mandat au chapitre de la sécurité du transport de matières dangereuses par rail ? Ce ministère dont la mission stratégique ne fait pas de doute n’a pas même utilisé le montant de quatre millions $ inscrit dans son enveloppe budgétaire 2013-2014. Comment interpréter une telle décision dans un contexte où les populations directement impactées par le transport du pétrole lourd par rail sont aux abois ? De surcroît, la ministre fédérale des Transports, Lisa Raitt, n’est pas en mesure d’expliquer clairement cette situation. Laxisme ?

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L’aménagement du territoire confronté à la « route des huiles »

Professeur retraité du département de géographie de l’UQAM. Spécialiste en aménagement et développement territorial

Laissée aux seules règles de l’économie, l’organisation du territoire est entraînée dans le désordre et le chaos. Une société qui se donne pour objectif le développement ordonné et harmonieux de ses milieux de vie introduit des préoccupations d’ordre social, culturel et environnemental au cœur de la rationalité économique dans le processus d’occupation et d’utilisation de l’espace.

Ces préoccupations sont à l’origine de la pratique de l’aménagement du territoire, soit un ensemble d’interventions politiques et techniques qui moralisent en quelque sorte les actions de développement et leur impact sur la qualité de vie des populations.

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La juridiction limitée du Québec en transport

(Extrait d’une fiche technique préparée dans le cadre des États généraux sur la souveraineté.)

1/ L’impossible stratégie nationale pour le Québec

Reflet des impératifs de l’Empire britannique (puissance maritime de l’époque), l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 a concédé au fédéral tout ce qui concerne le maritime et le fluvial en territoire québécois. En vertu de la politique des pouvoirs résiduaires (les activités inexistantes en 1867 qui reviennent d’emblée au fédéral), le secteur aérien et le transport interprovincial des énergies sont eux aussi à 100 % de compétence fédérale. La section 92(10) de l’AABN fait en sorte que le Québec est exclu de toute entreprise relative aux « lignes de bateaux à vapeur ou autres bâtiments, chemins de fer, canaux, télégraphes et autres travaux et entreprises reliant la province à une autre ou à d’autres provinces, ou s’étendant au-delà des limites de la province », ainsi que les travaux qui, « bien qu’entièrement situés dans la province, seront avant ou après leur exécution déclarée par le Parlement du Canada être pour l’avantage général du Canada, ou pour l’avantage de deux ou d’un plus grand nombre des provinces. » Des énoncés qui disent tout sur l’incapacité du Québec de se doter d’une véritable politique en matière d’aménagement du territoire et de planification du transport.

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Retombées économiques du transport maritime des marchandises dans la région de Québec

Résumé

L’analyse des études d’impacts économiques du transport maritime des marchandises dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec, publiées entre 1980 et 2007, permet d’estimer que : 1) le transport maritime des marchandises représente une valeur ajoutée (retombées directes, indirectes et induites) pour la RMR de Québec se situant entre 0,5 et 0,8 % de son produit intérieur brut ; 2) sur 1000 emplois dans la RMR de Québec, 4 sont liés de façons directe, indirecte ou induite au transport maritime des marchandises. Les marchandises sont essentiellement des matières en vrac, sous forme solide et liquide, dont du pétrole.

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Le Saint-Laurent : autre temps, autre convoitise

Mais que devient tout cela que je nomme

– Gatien Lapointe (Ode au Saint-Laurent)

Le Saint-Laurent est une grande icône du Québec. Depuis toujours, il est là. Il campe à Québec comme sur un promontoire où Jos Montferrand « les pieds dans l’eau du Saint-Laurent » est devenu géant. Il entoure Montréal en établissant des ponts du sud au nord, il baigne Trois-Rivières, cette belle ville portuaire, il multiplie les paysages de sa présence à Sorel, à Rimouski, à Lévis, à Rivière-du-Loup. Et quand nos villes s’en éloignent, il va les rejoindre par un grand bras d’eau : c’est alors Sherbrooke puis Drummondville avec la rivière Saint-François, Saint-Georges avec la Chaudière, Saguenay avec le fjord du même nom qui vient animer les baleines de Tadoussac. D’ailleurs, ce fleuve peut infiniment se donner à des agglomérations moins populeuses comme Châteauguay, Oka, Deschaillons, Deschambault/Grondines, Kamouraska, Cap-à-l’Aigle, Trois-Pistoles, Sault-au-Mouton, Matane, l’Anse-à-la-Frégate, Tête-à-la-Baleine, Port-Meunier.… Quelle litanie de noms qui prennent racine sur les rives du « fleuve qui marche » ! Comme le dit Philippe Couture dans L’héritage de Victor-Lévy Beaulieu, il y a autant de fleuves Saint-Laurent qu’il y a de points de vue sur lui pour les 80 % de Québécois qui vivent sur ses bords.

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Insulaire contre bitume

Écrivain et gestionnaire, membre fondateur Stop oléoduc Île d’Orléans

Par une belle journée d’hiver, avec quelques amis, nous nous rendons à la pointe ouest de l’île d’Orléans. À l’horizon, derrière la baie de Beauport, le cap Diamant et Québec émergent dans la vapeur froide. Chaussés de raquettes, nous nous engageons sur les battures. Les chiens trottent autour. Le paysage est d’une incroyable blancheur. Saturé par les glaces du fleuve et la neige des derniers jours, le fleuve offre une vision fabuleuse. Après une heure de marche, sous le soleil, nous prenons une pause à bonne distance de la rive. En dégustant une clémentine, nous évoquons le scénario d’un déversement de pétrole qui résulterait d’une fuite à l’oléoduc Énergie Est, en amont de Québec, ou à la suite de l’échouage d’un superpétrolier chargé de bitume.

Nous imaginons le pétrole qui noircit graduellement les glaces. La neige qui devient grise, puis noire... Au-delà de la blessure profonde au paysage, les effets directs sur les rives seraient désastreux.

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Risques décuplés par les navires sous pavillon de complaisance

Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM)

Les projets liés aux hydrocarbures foisonnent actuellement au Québec : construction de terminaux sur le Saint-Laurent, transport de brut par oléoduc (Énergie Est et 9B), exploration et exploitation de gisements près de Gaspé, à Anticosti et possiblement dans le golfe du Saint-Laurent (Old Harry). Dans le but de mieux les faire accepter, on allègue que ces projets pétroliers visent le raffinage domestique du brut léger, mais en réalité, c’est principalement l’exportation de brut lourd ou léger qui est visée. Ils ont tous en commun de faire peser sur le Saint-Laurent des risques comme jamais auparavant ce dernier n’en aura affronté. Pendant que Transports Canada se fait rassurant en se gargarisant de nouvelles « normes de classe mondiale », le fleuve est de plus en plus envahi par une flotte de pavillons de complaisance dont on peine à identifier les propriétaires et les gestionnaires. En cas de déversement majeur qui au juste sera responsable des dommages ?

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La Conquête, prise deux

Historien, professeur associé à l’Université du Québec à Montréal

Depuis deux ans, toutes les forces économiques du Canada sont mobilisées pour vendre au monde entier le pétrole de l’Ouest, celui extrait des sables bitumineux et l’autre venu des puits conventionnels, une source d’énergie fossile qui sommeille en abondance dans ce sous-sol depuis des millions d’années. En 2013 et 2014, tout l’arsenal de persuasion des collectivités, tous les moyens de communication de masse se sont épuisés dans la conversion des esprits pour associer le progrès économique futur et notre prospérité collective au développement, à la promotion et à l’exportation profitable de cette ressource énergétique.

Des régiments de lobbyistes, d’agents de communication, de leaders d’opinion armés de puissants budgets combattent les groupes écologistes et les opposants citoyens et politiques qui questionnent ou refusent de partager une telle vision commerciale de l’exploitation des ressources collectives. Le transport du pétrole avec tous les risques qu’il comporte fait problème et suscite grande crainte et profonde émotion dans notre population victime de cette invasion barbare.

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Le Québec face à l’ordre pétrolier canadien

Vice-président du Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM), ex-gestionnaire et conseiller socio-économique, gouvernement du Québec.

La quête effrénée de l’or noir depuis plus d’un siècle a profondément marqué la vie des peuples. Considéré comme une « ressource stratégique » de premier plan, le pétrole a été source de bien des convoitises et a généré maints conflits territoriaux au cours de cette période. Encore aujourd’hui, on peut affirmer qu’il façonne à sa manière une bonne part de la géopolitique de la planète. Face aux tribulations de ce qu’on a appelé les « majors » de l’industrie, les citoyens et les petites collectivités auront la plupart du temps été considérés comme de simples pions. Effectivement, face à un « droit du pétrole », qui s’est graduellement imposé un peu partout, la terre, les fleuves et les rivières, les communautés locales, bref, les milieux de vie intimement reliés à l’histoire des peuples ne pèsent souvent pas très lourd.

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Les placements de TransCanada dans le Saint-Laurent

Le 12 novembre 2013, le porte-parole de TCP Philippe Cannon annonçait à Cacouna que le site avait été choisi par l’entreprise pour y construire son terminal pétrolier. Un an plus tard, après maintes contestations populaires et juridiques, l’entreprise annonçait qu’elle abandonnait temporairement ce choix pour des raisons écologiques.

Cette suite d’événements doit être vue en considérant ce qu’est le fleuve Saint-Laurent dans son essence même : une autoroute du pétrole et du gaz ou un milieu de vie, géographique, humain, identitaire, dans lequel l’activité humaine, industrielle entre autres, s’inscrit dans le respect de la spécificité du lieu. Le Saint-Laurent est au centre de l’expansion économique néo-libérale qui saisit le Québec dans ses échanges et exportations-importations.

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Entrevue de Robert Laplante avec Robert Comeau

À l’émission de Nouveaux regards sur notre histoire, diffusée sur les ondes de Radio Ville-Marie

L’historien Robert Comeau s’entretient avec Robert Laplante, sociologue, directeur général de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) et directeur de la revue L’Action nationale.

La première partie (24 janvier), porte principalement sur trois sujets : l’histoire du courtage financier, l’histoire de la coopérative de Guyenne et la situation économique du Québec dans le cadre du régime fédéral canadien à l’heure de l’austérité budgétaire.

La deuxième partie (31 janvier) porte principalement sur l'histoire de la revue, les Cahiers de lecture, la situation linguistique et culturelle du Québec et la division de son mouvement indépendantiste.

Le fleuve

L'héritage musical du Québec

2014janvier250Un portrait exhaustif nous faisant découvrir tout autant les chants de Noël en langue huronne ou les musiques de danse en Nouvelle‑France, la célèbre cantatrice Emma Albani, confidente de la reine Victoria, ou la soprano Éva Gauthier qui inspira Rhapsody in Blue à Gershwin, des compositeurs comme Rodolphe Mathieu, le père d’André, un précurseur de la musique moderne au Québec qui enseigna à Wilfrid Pelletier, Claude Champagne, Arthur Laurendeau, père d’André Laurendeau, directeur de L’Action nationale… Une invitation à découvrir notre riche héritage musical.

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ACCÈS LIBRE: La province et le fédéralisme pétrolifère (2)

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